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Environnement | Grand Angoulême : un appel au financement participatif pour des panneaux photovoltaïques

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Grand Angoulême a décidé d’installer des panneaux photovoltaïques au-dessus des places de parking de bus du dépôt de sa société de transport (STGA). Deux ombrières sont déjà construites , il devrait y en avoir 9 pour une surface de 10 200 m2. C’est une société basée à Poitiers qui est en charge de l’investissement et de la construction de cette centrale solaire. Une occasion pour la communauté d’agglomération de Grand Angoulême de mettre à l’honneur la transition écologique, mais également d’impliquer les locaux. Car ce projet fait appel à un financement participatif. Les investisseurs particuliers seront au minium une vingtaine. 180 000 euros doivent être financés ainsi sur un total de 2 millions d’euros.

Les travaux sont à peine visibles depuis la route. Pourtant derrière le siège de la société de transport de Grand Angoulême, deux ombrières sont déjà construites. Sept autres structures métalliques vont voir le jour pour accueillir 6 120 panneaux photovoltaïques, pour une surface de 10 200m2. Le chantier s’active. « Il a commencé en novembre pour une durée de 6 mois, explique Gabriel de la Morinière, responsable projet de Technique Solaire, la société poitevine qui mène le chantier. Ce chantier est difficile puisque le parking reste toujours exploité par la STGA. Nous devons nous organiser en fonction de la circulation des bus. » Tout devrait être fini d’ici fin avril. « Nous espérons être raccordés au réseau à ce moment-là. Nous profiterons des premiers rayons de soleil du printemps », poursuit Jean Reverault, adjoint au maire de Mouthiers-sur-Boëme en charge de la Transition écologique et énergétique à Grand Angoulême.
 
Un financement participatif 
Coût total de ces installations, deux millions d’euros hors taxe. C’est la société Technique Solaire, qui prend en charge cet investissement. Elle s’occupe également de la construction et de l’entretien. Le montage financier se découpe à 80% de dette financière et 20% de fonds propres. La particularité de ces fonds propres, c’est qu’une partie est issue d’un financement participatif à hauteur de 180 000 euros (soient 40% des fonds propres). Un mécanisme qui permet entre autre d’améliorer le prix de rachat de l’électricité. « C’est la première étape d’une initiative citoyenne, les gens participent à l’investissement en énergie propre, une option original », confie Jean Reverault. 
 
Ce financement participatif se fait via deux plateformes en ligne, Lendopolis et Lumo. Il doit respecter quelques règles, notamment atteindre un minimum de 20 contributeurs. Ces derniers ne peuvent pas être n’importe qui. « Ils sont obligatoirement du département de la Charente, ou limitrophes (NDLR : Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Dordogne, Vienne, Haute-VIenne) », précise Alexandre Raguet, président et co-fondateur de Lumo. Le placement se fait sur 4 ans maximum, à des taux intéressants. « Il est interdit de les communiquer avant. Il faut s’inscrire sur le plateforme pour les connaître. Mais ils sont plus intéressants que les taux d’intérês sur les différentes épargnes aujourd’hui », poursuit-il. Le placement peut varier de 25 euros à 9 000 euros. Le premier contributeur est bien sûr la communauté d’agglomération Grand Angoulême qui participe à hauteur de 9 000 euros. Tous les contributeurs deviennent obligataires et disposent d’un droit de regard sur le business plan. « Nous leur donnons accès à diverses informations, notamment techniques , pour qu’ils investissent en connaissance de cause », dit Alexandre Raguet. 
 
Avec la mise à disposition du parking de la société de transport de Grand Angoulême, la communauté d’agglomération va toucher une redevance de 12 000 euros par an, une somme qui monte à 19 200 euros avec l’IFER (Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseau). En terme de production, ces panneaux photovoltaïques devrait créer chaque année l’équivalent de la consommation de 470 foyers. Cet investissement s’inscrit dans une logique de transition énergétique, comme le confirme Jean-François Dauré, le président de l’agglomération. « Notre territoire se développe sur cette filière. La région nous identifie comme tel. Nous devons être aussi les précurseurs dans le stockage d’énergie. »

Julien Privat
Julien Privat

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 16/01/2019