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Politique | G7 à Biarritz: À évènement exceptionnel, mesures exceptionnelles

G7 Biarritz: Michel Veunac, Gilbert Payet, Hervé Jonathan

3000 à 4000 journalistes attendus, 3 000 membres des délégations des États et chefs d'États qui se rendront au G7 de Biarritz du samedi 24 jusqu'au lundi 26 août, Biarritz sera l'épicentre de la planète en cette fin d'été. Une première conférence de presse du préfet des Pyrénées Atlantiques Gilbert Payet, avec le sous-préfet de Bayonne Hervé Jonathan et le maire de Biarritz Michel Veunac, a dévoilé les premières mesures de cet événement mondial où chacun a largement sa place: l’État pour la sécurité, le maire de Biarritz qui souhaite l'accompagner d'un vaste plan promotionnel pour la Côte basque

Certes, il reste six mois avant ce fameux G7, mais en ce mercredi soir, en la salle de réunion du Conseil municipal, la presse a déjà pu mesurer une partie du (vaste) chantier et les limites géographiques et franchissables – ou non — du périmètre de ce G7 du samedi 24 au lundi 26 août, présentées par le préfet Gilbert Payet, le sous-préfet de Bayonne, Hervé Jonathan et évidemment le maire de Biarritz. Dans un premier but: avant tout informer les Biarrots qui se trouveront dans l'épicentre du phénomène des zones séurisées dans la nuit du 23 août.

Nous l'avons écrit, lors d'un entretien avec son directeur Didier Riché l'aéroport sera dédié, pour ne pas dire exclusivement réservé aux rotations des hommes d'Etat, journalistes, diplomates et chargés de sécurité.  Car cette ville de 25 000 habitants en hiver et qui approximativement triple sa population en pleine saison va recevoir entre 3000 et 4000 journalistes, autant de diplomates et on peut presque en faire l'addition pour obtenir le nombre de policiers, gendarmes qui seront dévolus à ce sommet auxquels il faut ajouter services de secours et sapeurs-pompiers.

Les mesures préconisées s'appuient sur les expériences antérieures de  la France des G8 à Deauville et G20 en 2011. Biarritz qui a servi de cadre au sommet Franco africain des 7 et 8 novembre 1994 sous la présidence de François Mitterrand. Comme le rappelait le maire Michel Veunac, la station balnéaire fait partie des six villes de France listées pour l'événementiel.

Mais il est vrai que le contexte de menaces terroristes, et la situation d'actualité un peu tendue exigent de veiller à un juste équilibre entre les indispensables contraintes de sécurité, dont le maintien à distance de ce que le préfet appelle "les groupes" hostiles" afin d'assurer l'intégrité de la ville de Biarritz et de son environnement. Avec un
leitmotiv: "Un maximum de sécurité et un minimum de désagrément". Compliqué quand même d'autant que cette période se situe en fin de saison touristique.

Deux zones aux accès limités et sous haute surveillance

 

Dès l'officialisation de ce G7 ont été soigneusement établis ces périmètres de sécurité du centre-ville et déterminés de deux zones. Les touristes et habitués du feu d'artifice du 15 août connaissent la première. Elle est quasiment similaire à cet évènement qui attire plus de cent mille spectateurs. Cette zone 1, dite de "protection renforcée s'étend sur une distance qui part du plateau du Phare au nord jusqu'au Rocher du Basta à l'extrémité du boulevarddu Général-de-Gaulle avec emprise

G7 de Biarritz: Michel Veunac, Gilbert Payet, Hervé Jonathan

sur le boulevard Leclerc. Qui implique la fermeture de toutes les zones de baignade de la plage du Miramar au nord, à la Grande plage au Sud et au Port des pêcheurs et en outre inaccessibles pour les personnes non-détentrices d'un badge correspondant à cette zone 1. Le littoral sera en outre surveillé par des bâtiments de la Marine nationale. Car ces lieux sont cernés ou surplombés par quatre endroits stratégiques pour le sommet: l'Hôtel du Palais, le casino , le Centre des Congrès du Bellevue et la mairie. En profondeur une ligne parallèle à l'avenue de l'Impératrice et l'avenue Édouard VII. Temporaires ou sédentaires, ainsi que les ayants droit (commerçants, salariés, professionnels de l'hôtellerie et de santé) seront autorisés à franchir cette zone munis d'un badge et pourront y pénétrer mais à pied, car à l'exception des délégations et de la sécurité, la circulation y sera interdite du vendredi 23 au soir au lundi 26 août. Comme les voitures stationnées sur la voie publique ou dans les parkings devront être déplacées.

La zone 2, en bleu sur la carte, dite zone de protection sera également activée dès le vendredi 23 août. Un vaste haricot qui englobe tout le cœur de la ville. dans ce périmètre, depuis le golf,, boulevard Sainte Madeleine, jusqu’à l'avenue de Lahouze et au sud en remontant au nord des halles, rue Jean-Jaurès et l'avenue de Londres, au-dessus de la côte des Basques, il sera toujours possible de circuler pied à condition d'être détenteur d'un badge dédié. Si la voie menant de l'aéroport aux trois centres névralgiques du G7 pourrait être temporairement rendue prioritaires aux délégations, elle sera ouverte, comme les autres aux voitures des résidents, commerçants, ayants droit à condition qu'ils soient détenteurs d'un macaron délivré par les services de l'État. Leur véhicule sera à chaque passage déminé et contrôlé.

D'ici un mois, les personnes concernées par ces dispositions recevront un courrier et à partir du 4 février, la Ville proposera un numéro vert et ouvrira un bureau d'information dédié au G7 afin de guider les Biarrots dans leurs démarches. Comme elle organisera plusieurs réunions, notamment avec les hôteliers qui font partie évidemment des acteurs de l'événement.

Le casse-tête de l'hébergement des délégations et les locations estivales

L'hébergement des délégations, des journalistes, des services d'ordre  et les locations estivales font partie des problèmes à résoudre pour ces trois journées. Le préfet n'a pas caché que l'État avait été proposé à une centaine de propriétaires biarrots de louer leur appartement car leur situation constitue un véritable problème de sécurité. "Leurs fenêtres ou balcons donnent directement sur les sites du sommet". Comme c'est le cas par exemple place Bellevue qui plonge sur le centre de congrès. Leurs propriétaires seront, s'ils restent, soumis à des règles de sécurité extrêmement strictes. "C'est pour cela que nous leur avons proposé de louer leur habitation pendant ces trois journées sur la base de leur prix.

Beaucoup d'hôteliers biarrots – et des environs — ont été approchés de la même manière par les services de l'État et leurs établissements proposés par le ministère des Affaires étrangères aux délégations qui choisiront le gite. Mais, comme le soulignait le sous-préfet Jonathan, un manque de précision pour certains d'entre eux contactés par l'agence du G7 laisse planer des incertitudes et laissent des hôteliers dans le doute. Certains auraient reçu informations contradictoires de la part des ministères.

Michel Veunac: "le G7 est un produit consommable"

Le maire, Michel Veunac a lancé lors de cette première présentation une jolie formule: "Ce G7 doit être un produit consommable!" C’est-à-dire qu'il souhaite aussi que Biarritz en matière de notoriété, de renom et d'attraction tire tout bénéfice de l'opération. Mais au-delà l'ensemble du Pays basque, du département, et de la Nouvelle Aquitaine. Et il va s'y employer en amont, c'est  dire pendant les mois qui précèdent le sommet: voyages de presse, opérations commerciales, dont autour de l'Océan – et on peut s'en douter du vin de Bordeaux — seront organisés.

Pour la petite histoire de ce début de feuilleton, la ville voisine d'Anglet participera à ce G7 à sa manière. Le préfet a annoncé que practice du golf de Chiberta, fera office pendant ces trois jours de zone d'atterrissage d'hélicoptères. "Et vous vous doutez bien qu'il ne s'agira pas d'Alouettes" a précisé le sous-préfet..

Enfin si ce premier chapitre était en priorité destiné à informer les Biarrots, il est clair que de la Frontière aux Landes voisines, des contrôles de sécurités renforcés auront lieu. Mais la circulation ferroviaire sera maintenue et les gares sous étroite surveillance resteront ouvertes.

 

 

 

 

 

 

 

Félix Dufour
Félix Dufour

Crédit Photo : Félix Dufour

Publié sur aqui.fr le 25/01/2019