Aqui.fr - Une publication d'Aqui!Presse Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà

Politique | Maison de la Nouvelle-Aquitaine : quel bilan après un an d'existence?

1

C’est une Ambassade de la région au cœur de la capitale, dans le quartier chic de l’opéra Garnier. Agrandie, rénovée, la Maison de Nouvelle-Aquitaine propose depuis un an des services complémentaires aux collectivités et entreprises de la grande Région, avec un centre d'affaires étendu, un espace de promotion touristique, une boutique, un espace de gastronomie et plus récemment, de nouveaux cycles de conférences. Tour d'horizon des bilans et projets avec Daniel Margnes, le directeur du site.

Daniel Margnes et Alain Rousset

Daniel Margnes aux côtés d'Alain Rousset lors de l'anniversaire de la Maison de la Nouvelle-Aquitaine le 22 janvier 2019.

 

@aqui! Quel est le bilan pour de cette année 2018?

Daniel Margnes : "Globalement, c’est un bilan satisfaisant en termes d’activités. En termes de fréquentation de nos locaux (espace d’exposition, de vente et bureaux compris), nous  dénombrons en moyenne 100 personnes par jour, dont 80% de parisiens, qui viennent à la boutique, au corner restauration ou rencontrer nos adhérents régionaux dans ces locaux. Toutefois, c’est aussi un constat en demi-teinte concernant la présence des collectivités et entreprises picto-charentaises, peu présentes comparées au poids économique de l’ex région. Ce déficit de fréquentation peut s’expliquer par deux raisons : contrairement au Limousin et à l’Aquitaine qui possédaient déjà une maison régionale à Paris, le Poitou-Charentes n’est pas familier du concept. Il y a aussi très certainement un déficit de communication – certains connaissent notre existence mais ils ne savent pas bien quels sont nos rôles et missions. Nous communiquons le plus possible en ce sens auprès des collectivités et des entreprises. Nous avons essayé d’être le plus présent possible en 2018 sur des temps forts du monde économique comme les soirées de récompenses des entreprises, ou à travers le dispositif Usine du Futur, mais aussi en communiquant sur notre Maison dans des revues spécialisées s’adressant aux professionnels. On commence progressivement à en voir les retombées, avec des collectivités du Poitou-Charentes qui seront présentes en 2019, comme les agglomérations d’Angoulême en ce moment, de Saintes puis de Bressuire en fin d’année."

@! : En ouvrant cette maison, le président de Région Alain Rousset souhaitait favoriser le développement économique des territoires et de leurs entreprises. Est-ce quantifiable aujourd’hui ?

"Comme nous avons essentiellement un rôle de facilitateur, c’est difficile à dire, car ce sont des affaires privées. De temps en temps, nous avons des remontées de la part des entreprises elles-mêmes qui nous informent avoir signé un contrat suite à des échanges chez nous. [Une entreprise de Rochefort aurait notamment signé un contrat avec la Chine la semaine dernière à la Maison de la Nouvelle-Aquitaine, ndlr]. S’il est difficile de quantifier l’impact exact de la Maison sur le business, nous avons des éléments nous permettant d’affirmer que c’est une base avancée pour les collectivités et les services commerciaux. En attestent les 700 locations de salles enregistrées en 2018, effectuées notamment par 300 entreprises. 80% d’entre elles sont régionales. Les deux tiers des locations de salle le sont par des entreprises, le tiers restant par des EPCI, des CCI, Universités ou associations."

Comment les accompagnez-vous ?

"Nous sommes une structure avec une petite équipe dédiée à l’accueil et à l’accompagnement de nos adhérents, mais nous ne sommes pas un bureau de lobbying. Nous leur apportons un soutien logistique et des conseils en stratégie marketing et visuelles, mais en aucun cas nous  ne faisons les choses à leur place. C’est à eux de fournir leurs photos, vidéos, produits, et de les agencer comme ils le souhaitent. Ils sont libres de suivre ou pas nos recommandations. Par exemple, en terme de promotion du territoire, nous considérons qu’il est important de mettre en premier lieu un savoir faire ou un patrimoine connu, qui permet ensuite d’amener le visiteur vers d’autres spécificités. Impossible de parler de la Dordogne sans mettre en avant Lascaux, de Limoges sans évoquer la porcelaine, de la Charente sans le cognac, etc. C’est parfois difficile à faire comprendre aux élus locaux qui pensent d’abord à mettre en avant les coins cachés et les savoir-faire moins connus de leur territoire. Au-delà de l’accueil et du conseil, nous pouvons aussi leur faire profiter de notre carnet d’adresses, pour inviter par exemple des personnalités (acteurs, chanteurs, écrivains, etc.) originaires de leur territoire lors d’évènements promotionnels organisés ici."

@!: Quels sont les intérêts pour les entreprises de venir ici ?

"Le premier avantage pour eux : nos locaux coûtent moins chers qu’une salle privée dans Paris. Quand ils viennent, ils ont tout à disposition, matériel, wifi et même des boissons, tout inclus, ce qui leur coûterait tout aussi cher voir plus dans un lieu public type café à Paris. Sans compter qu’ils ont le confort et le calme d’une salle de réunion, le tout au cœur de Paris, en étant proches des axes de communications et de transports. La Maison est aussi une vitrine de leur région, qui leur permet de parler de leur territoire aux clients qu’ils reçoivent ici – dans le hall d’accueil, nous avons notamment des cartes, des vidéos du territoire et des brochures touristiques. La déco de nos locaux fait aussi référence à la région, avec une partie du mobilier réalisé par l’entreprise basque Alki. Bref, on fait tout pour qu’ils se sentent comme à la maison. C’est aussi un atout pour les collectivités adhérentes, puisqu’elles bénéficient d’un accès gratuit aux salles de réunions. Elles peuvent également louer la boutique et sa vitrine (100€/jour) et en faire bénéficier leurs entreprises. Nous ne prenons pas de marge sur les produits, l’argent va directement dans la poche des producteurs et des commerçants. L’espace étant modulable, on peut y intégrer jusqu’à 100 références, de la nourriture, mais aussi de l’artisanat. Ici, on vend aussi bien des vins que des polos de rugby ! Nous encourageons les collectivités à organiser le plus d’événements possible, en faisant venir des producteurs pour des opérations de dégustations, pour faire vivre la boutique. Je me souviens en particulier d’une collectivité qui avait fait venir ici des viticulteurs pour une journée dégustation. Ils avaient débarqué avec un camion plein de cartons. La clientèle a défilé toute la journée, le soir, le camion était vide. L’opération avait été un succès."

@!: Quels sont les projets pour 2019 ?

"Nous sommes en train de mettre en place un « net-working » pour rassembler les clubs d’anciens élèves des écoles et universités de Nouvelle-Aquitaine.  C’est un vrai travail de fourmi. L’objectif est de constituer un réseau de personnes aujourd’hui en activité, qui puissent s’enrichir de leurs connaissances mutuelles, innover ensemble, créer de l’emploi… En tant que Maison de la Nouvelle-Aquitaine, notre rôle est de favoriser les synergies. Nous sommes donc coorganisateurs avec eux de conférences entre anciens élèves. Par exemple, nous en avons déjà organisé une avec l’Estia de Bayonne autour de la mode 4.0, concernant les dernières technologies touchant l’ensemble de la chaine de production. Une autre est prévue en février avec l’EMCA d’Angoulême, autour de l’animation. Les trois prochaines seront partiellement financées par du mécénat : le Crédit Mutuel a notamment apporté 15 000 euros à notre Fonds de Dotation créé l’an dernier, pour y contribuer."

 

La Maison de la Nouvelle-Aquitaine en chiffres :

 

Les prochaines collectivités à l’honneur en 2019 : la Gironde (du 4 au 27 février), le Pays Basque (du 4 au 27 mars), le Lot-et-Garonne (avril), le Béarn (mai), le Val de Garonne (juin), les Etablissements thermaux Aquiothermes (juillet), Les Landes (septembre), l’agglomération de Saintes (octobre), l’agglomération de Bressuire (novembre), le Grand Poitiers (décembre 2019).

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Anne-Lise Durif

Publié sur aqui.fr le 24/01/2019