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Culture | Un « village planétaire » pour décloisonner le hip hop

Davy Jones, Jérémy Désir, Teddy Ardouin, Ludovic Armoet

Du 14 février au 2 mars, le Festival Sans Frontières s’invite dans 14 villes de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie. Pour en savoir plus sur cet événement, O2 Radio, L’Echo des Collines et Aqui.fr ont convié les membres du comité de direction, Jérémy Désir, Teddy Ardouin et Ludovic Armoet, lors de l’émission radiophonique 4 médias diffusée le 17 janvier dernier. Entre danse hip hop, scène musicale, débat thématique, ce festival a pour dessein de rendre accessible à tous les cultures mais également faire se rencontrer des artistes d’horizons divers…

Agé seulement d’une petite année, le Festival Sans Frontières – baptisé l’an dernier « Festival Hip Hop sans frontières » - se pare de nombreuses nouveautés pour l’édition 2019. Et pour cause ! L’objectif premier a grandement évolué ! « Suite au bilan de la précédente édition, et en tenant compte des retours du public, nous avons choisi d’ouvrir notre programmation à d’autres cultures afin de toucher un plus large auditoire », souligne Jérémy Désir, l’un des initiateurs du Festival et coordinateur de l’association Aktuel-feeling implantée à Lormont.
Itinérant, ce festival s’invitera donc dans 13 villes de Nouvelle-Aquitaine - Bordeaux, Bassens, Lormont, Cenon, Floirac, Ambarès, Izon, Carbon Blanc, Saint-Loubès, Tresses, Bègles, La Rochelle, Saint-Paul-lès-Dax et Bourg-sur-Gironde – ainsi qu’à Tarbes en Occitanie entre le 14 février et le 2 mars « afin de faire vivre les territoires ». Pour cette seconde édition, le contenu de la programmation sera davantage varié – battle de danse, graffiti hip hop, débat autour de l’art et la culture dans les quartiers prioritaires, siestes musicales, ateliers d’arts plastiques...- afin de faciliter les rencontres entre artistes et permettre l’accessibilité de la culture à un public intergénérationnel aussi bien rural qu’urbain. Le hip hop, « une culture cloisonnée »

Affiche Festival Sans Frontières

Cette accessibilité à la culture pour tous est bien le leitmotiv qui anime l’équipe organisatrice. « Si notre programmation relève à moitié d’activités inhérentes à la culture hip hop, les 50 % restant relèvent d’autres cultures dont nous nous attachons à proposer un contenu qualitatif et surtout abordable pour des individus n’ayant pas la possibilité d’y accéder », précise Teddy Ardouin. Partant de ce principe-là, parmi les rendez-vous organisés, le public pourra écouter un concert big band jazz accompagné d’une performance de dance hall style. « Nous souhaitons véritablement décloisonner cette culture hip hop nourrie de codes et l’immiscer dans d’autres disciplines artistiques afin de mélanger le public », ajoute Teddy Ardouin. Toujours dans cet esprit d’ouverture et de décloisonnement du hip hop, « nous avons reçu des propositions d’ateliers de peinture et nous y avons immédiatement adhéré car nous désirons véritablement ouvrir ce festival à l’interdisciplinarité », indique Jérémy Désir. Des artistes en partage Afin d’assurer une qualité certaine à ce festival, Teddy Ardouin, le directeur artistique, s’est assuré de convier de « véritables pépites » qu’il connaît et suit depuis des années. « Je les ai vus évoluer en tant qu’artiste mais aussi en tant que personne. Ainsi, j’ai choisi ceux qui s’inscrivent dans une démarche de partage, car notre but étant de décloisonner cette culture du hip hop, nous souhaitons que les artistes nous aident dans cette mission en transmettant leur passion au public et en titillant sa curiosité. » Ces artistes viendront du monde entier, d’Ukraine, de Japon, des Etats-Unis ou encore du Maroc. « Grande potentialité de faire un truc dingue ! » Aussi, cet événement permettra aux artistes de se rencontrer et pourquoi pas de se créer des projets en commun. « Amateurs, semi-professionnels et professionnels se retrouveront donc et auront la possibilité d’échanger et nourrir de possibles envies de collaboration », souligne Teddy Ardouin. Pendant quinze jours, ils pourront également évoluer sur différents formats et travailler avec des artistes étrangers afin d’être diffusés à l’international. « Nous les accompagnerons et leur ferons comprendre qu’ils sont tout à fait capables de proposer autre chose dans une autre discipline que la leur. Beaucoup d’échanges en perspective, ce qui offre la potentialité de faire un truc dingue ! », ajoute Teddy Ardouin. Le challenge du directeur artistique réside dans le fait d’« associer des artistes de culture et de milieu différents où je sens qu’une alchimie peut naître entre eux. » Ambition sociétale Ce festival sera également « le prétexte d’ouvrir le débat sur des concepts dont nous n’avons pas forcément l’habitude de parler comme les valeurs, les valeurs de la République et la citoyenneté », relève Ludovic Ardouin. En effet, un débat portera sur l’art et la culture dans les quartiers prioritaires. « Certes, nous n’allons pas révolutionner le monde, poursuit ce dernier, mais, à minima, lancer le débat et des pistes de réflexion et peut-être même initier des projets ». Bref, pendant quinze jours, nous serons plongés dans « un village planétaire » où des publics et des artistes de tous horizons, de toutes cultures pourront partager, échanger et nourrir de futurs projets.

Sybille Rousseau
Sybille Rousseau

Crédit Photo : Festival Sans Frontières, SR

Publié sur aqui.fr le 03/02/2019