Aqui.fr - Une publication d'Aqui!Presse Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà

Société | Des familles syriennes ont trouvé la sécurité en Périgord

 Le préfet de la Dordogne (au centre) est allé à la rencontre de réfugiés syriens et de l'association Aurore qui les accompagne

Lundi, le préfet Frédéric Périssat a souhaité faire le point sur l'accueil des demandeurs d'asile en Dordogne, en allant à la rencontre de l'association Aurore qui aide et qui accompagne des réfugiés afin qu'ils deviennent autonomes. L'association a déjà accueilli une vingtaine de familles, pour la plupart syriennes, soit environ 107 personnes dont 70 enfants en Périgord. Les personnes accueillies sont dans une procédure de réinstallation : elles sont passées par les camps de Jordanie ou du Liban et ont été sélectionnées pour leur vulnérabilité par le Haut commissariat des nations unies aux réfugiés (HCR).

Selon la préfecture de la Dordogne, le nombre de demandeurs d'asile continue de croître rapidement, tous dispositifs d'accueil confondus. Cela se traduit par une augmentation du nombre de places d'accueil. En décembre 2018, il y avait 507 places mises à disposition contre 112 en 2015. 27 devraient être ouvertes cette année, a annoncé Frédéric Périssat, le préfet, lors de sa visite lundi à l'association Aurore à Périgueux, qui aide et qui accompagne des réfugiés afin qu'ils deviennent autonomes. 12 seront consacrées à l'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile, 15 seront ouvertes dans les centres d'accueil des demandeurs d'asile, le temps que la situation administrative des demandeurs soit étudiée. 
L'association Aurore, association nationale créée en 1871, présente dans une quinzaine de départements dont la Dordogne, participe depuis 2016 à l'accueil de ces réfugiés. En Dordogne, dans différentes localités dont Périgueux, Aurore a déjà accueilli 20 familles syriennes, soit environ 107 personnes et 70 enfants. "Pour la plupart, ce sont des familles nombreuses qui ont vécu dans les camps de Jordanie ou du Liban. Elles ont été orientées par le HCR ((Haut commissariat aux réfugiés), car elles ont identifiées comme ayant besoin d'une protection internationale. Dans ces familles, on rencontre de nombreux soucis de santé : nous avons des enfants handicapés, autistes,  des problèmes psychiques, des gens persécutés par le régime en place," explique Philippe Van Melle, le directeur de l'association Aurore en Dordogne. La mission de l'association est de les accompagner sur le plan de la santé, dans les démarches administratives et surtout leur trouver un logement. " Nous travaillons avec les principaux bailleurs sociaux du département. Il s'agit  majoritairement de familles nombreuses, nous recherchons donc de grands logements. Pendant les premiers mois, nous assumons le loyer le temps qu'elles perçoivent des allocations," précise le directeur d'Aurore. Autre objectif, multiplier les interactions sociales pour favoriser l'intégration. 

"Bâtir un nouvel avenir pour nos enfants"  

Khaled et Fatene Alahaj et leurs cinq enfants âgés de 14 mois à 12 ans, sont arrivés il y a quatre mois, fuyant la guerre en Syrie. Ils ne maîtrisent pas encore le Francais. A travers leurs propos traduits par Kaoutar Mechallal, l'accompagnatrice sociale de l'accueil des migrants, ils sont remplis d'espoir de trouver en France une vie meilleure et surtout la sécurité." En venant en France, on voulait d'abord être en sécurité et mener une vie normale. On essaie de s'intégrer du mieux possible et de bâtir un nouvel avenir pour nos enfants, témoigne Khaled.
La réussite d'une intégration passe par la maîtrise de la langue française, les réfugiés syriens en ont conscience.  L'Etat à travers la loi sur les migrations veut donc mettre l'accent sur l'apprentissage du Français avec un doublement dans un premier temps des heures d'enseignement pour les réfugiés. Une obligation à respecter dans les contrats d'intégration. Pour les enfants, cela passe par l'école et pour les adultes, par un certain nombre d'heures de cours de Français, financés par l'OFPRA. Ces heures peuvent varier de 200 à 600 heures, en fonction du profil des personnes accueillies, notamment si elles ont été scolarisées ou non dans leur pays d'origine. 
Autre témoignage, celui de la famille Moussa qui a obtenu le statut de réfugiés. Fieras Moussa, veuf et père de trois jeunes enfants est arrivé en mars 2017. Ses compétences en taille de pierre et ses progrès en français lui ont permis de trouver du travail dans une entreprise de bâtiment. L'employeur a joué le jeu. Ses trois enfants âgés entre 8 et 12 ans sont scolarisés : tout se passe bien pour eux, si bien qu'ils ne parlent pratiquement plus arabe à la maison. Son frère Mohamed, est arrivé en France en 2016 et a été accueili à Chateauroux avant d'arriver en Dordogne. Ses gros progrès en Français lui ont permis non sans mal de passer le code de la route. La prochaine étape sera l'épreuve de conduite, qui devrait lui permettre de décrocher rapidement un contrat de travail.  Et le jeune homme a pas mal de projets dont celui de fonder une famille. 

 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude-Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 05/02/2019