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Métropole | Le lycée Élie Faure contre les 10 suppressions de poste annoncées

Assemblée générale des professeurs au lycée Élie Faure

Mardi 5 février, dès 9h30, les professeurs du lycée Élie Faure de Lormont faisaient le pied de grue devant le rectorat de Bordeaux. Au cœur de leurs préoccupations, la suppression annoncée de 10 postes au sein de leur établissement, dès la rentrée 2019. Cela fait suite à un nouveau calcul de la part du ministère de l’Éducation nationale. Alors que le lycée Élie Faure était jusqu’ici en réseau d’éducation prioritaire et bénéficiait de classes de 30 élèves, il a été sorti de ce dispositif.

L’équipe pédagogique doit désormais constituer des classes de 35 élèves. Les suppressions d’heures sont massives et conduisent à une réorganisation des effectifs. Telles sont les conséquences pour le lycée Élie Faure de Lormont. « On nous supprime des heures, ce qui pour nous, correspond à plusieurs postes », déplore Gérard Clabé, professeur d’histoire-géographie au lycée. D’abord estimée à 10 postes, cette suppression d’heures a été réévaluée à 7,5 postes. Dans un établissement qui compte 120 professeurs, cela ne passe pas.

Pour les enseignants, la responsabilité de ces coupes dans les effectifs incombe à la réforme des lycées. Une réforme qui sera complexe à mettre en place dans ce lycée avec ces suppressions. Réduction des moyens, deux classes de seconde potentiellement supprimées : « Nous sommes des sacrifiés ! », s’insurge Gérard Clabé, alors qu'il y avait eu « des engagements ». Une décision annoncée il y a à peine une dizaine de jours, ce qui a précipité l’action professorale. « Il faut faire vite, sinon ces suppressions seront entérinées et nous ne pourrons plus rien faire ».

Lors de l’assemblée générale au lycée Élie Faure, le jeudi 7 février, à 12h, une trentaine de professeurs étaient réunis, rejoints par des collègues du lycée des Iris de Lormont et du lycée François Mauriac de Bordeaux. Autour de Sébastien Dalmasso, professeur d’anglais et représentant du SNES au sein de l’établissement, ils ont dialogué pendant près d’une heure et demie des démarches à mettre en place pour améliorer la situation de l’établissement.

Soucieux de l’avenir des lycées de la rive droite, ces enseignants souhaitent désormais aller vers une action concertée. Première d’entre elles : une motion commune des établissements pour dénoncer la réforme des lycées de Jean-Michel Blanquer, le manque d’écoute et de concertation de la hiérarchie face à un texte qui implique des réductions budgétaires « drastiques ».

Mécontentement et incompréhension des professeurs

Pour Émilie Montalétang, professeur de français et de latin, cela est injustifié : « il n’y a pas moins d’élèves dans l’établissement, ni en 3e ou 4e dans les collèges. Au contraire, en quatrième, il y en a même davantage. Nous allons continuer à accueillir le même nombre d’élèves, si ce n’est plus ». Les prévisions envisagent des classes de seconde avec 33 à 34 élèves, au lieu de 30 actuellement, une surcharge incohérente pour les enseignants. « Les élèves sont inquiets » dénonce une autre enseignante. « Ils veulent être associés au mouvement, s’impliquer », complète-t-elle.

Patrick Gelos, professeur au lycée des Iris, est venu prêter main forte à ses collègues, dans cette même logique de coordination des lycées de la rive droite. « Il y a une mise en concurrence des établissements. La hiérarchie joue sur la division, ils veulent nous opposer ! », explique-t-il. En effet, le lycée des Iris devrait bénéficier à la rentrée prochaine d’une création de poste, plus urgente, au vu des classes « déjà à 36 en seconde ». Des différences qui ne doivent pas éloigner les véritables enjeux : « nous n’acceptons plus cette logique qui consiste à nous monter les uns contre les autres ».

Leur mouvement de mardi a su attirer l’attention de leur hiérarchie, puisqu’une audience leur a été accordée à l’inspection académique, ce même jeudi en fin d'après-midi. Sébastien Dalmasso et Sabrina Moretto-Raboutet, du lycée Élie Faure, étaient présents à la réunion, accompagnés de Patrick Gelos. À l'issue de la rencontre, ils ne cachent pas leur déception : « Nous avons posé des questions notamment sur la politique éducative de la rive droite. Mais les réponses n'ont jamais été très claires ». La décision des suppressions d'heures et, par conséquent, de postes, semble entérinée. 

Le mouvement des lycées de la rive droite, porté par le lycée Élie Faure devrait se poursuivre la semaine prochaine, avec encore une fois des actions militantes. Le but : mobiliser également des parents d'élèves. 

Marianne Chenou
Marianne Chenou

Crédit Photo : Marianne Chenou

Publié sur aqui.fr le 08/02/2019