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Agriculture | SIA 2019 : opération séduction pour le Périgord à Paris

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Cette année, le conseil départemental de la Dordogne a souhaité s'offrir un stand rien qu'à lui au salon de l'Agriculture à Paris. La collectivité a souhaité développer deux axes majeurs pour faire la promotion de son territoire : la gastronomie et ses filières agricoles à travers des animations culinaires proposées jusqu'au dimanche 3 mars et le tourisme avec la présence des offices du tourisme. Seul gros bémol, seules cinq entreprises dont deux agricoles du département ont un stand à Paris. Beaucoup invoquent des tarifs trop élevés. Le Département réfléchit à mieux accueillir les producteurs.

Chaque année, au salon de l'Agriculture de Paris, le rituel est immuable. Le Périgord s'affiche à la Porte de Versailles pendant dix jours, malgré une présence de moins en moins nombreuses des producteurs périgourdins. Ils ne sont que cinq cette année qui ont fait ce choix, contre une dizaine il y a encore quelques années. Pourtant, le stand Périgord, les 600 000 visiteurs du Salon ne peuvent pas le manquer. Le stand du Périgord est passé de 60 m2 pour l'édition 2018 à 90 m2 cette année. Hébergé pendant plusieurs années par l'Agence de l'Alimentation Nouvelle Aquitaine pendant quelques années, le Conseil départemental s'est offert un stand bien à lui en faisant appel à une agence bordelaise spécialisée dans la conception et le montage des stands, pour un coût de 100 000 euros, hors charges de personnel. Une douzaine d'agents sont présents chaque jour.

Pour la première fois, les offices du tourisme sont présents sur le stand Périgord


"Cette année, le Département a souhaité faire la promotion de son territoire à travers  ses filières agricoles et sa gastronomie et son tourisme. Le Salon demeure une belle vitrine. C'est pourquoi, cette année, pour la première, on note la première fois, la présence des différents offices du tourisme de la Dordogne, souligne Didier Bazinet, vice président du Conseil départemental en charge d'agriculture. Jusqu'à dimanche, deux cuisiniers professionnels animent le stand. La truffe, le foie gras, l'esturgeon, le canard, la noix, la biscotte artisanale La Chantéracoise sont sublimés par deux  chef Jean-Marc Mouillac et Alain Desseix, qui travaillent face au public, durant toute la durée de la manifestation. Sur place, les deux chefs expliquent notamment aux milliers de visiteurs quotidiens que « dans le canard, tout est bon. On transforme les abats en grillons, les parties nobles en confit, en blanquette avec des cèpes, la carcasse, on en fait une soupe, qui donne du goût aux légumes… »
L'espace accueille également, tout au long de la semaine, un artiste de l’Atelier des fac-similés du Périgord (AFSP), montrant les nouvelles techniques de reproduction des œuvres de l’art pariétal, qui ont servi à la réalisation des dernières versions de Lascaux. À noter que pas moins de 14 responsables d’offices de tourisme locaux se relaient pour répondre aux questions des visiteurs, jusqu’à dimanche 3 mars et les inviter à séjourner en Dordogne, quelques jours. 

 Pour les entreprises périgourdines, un pari

Xavier Gombert, de la brasserie artisanale de Sarlat, a obtenu deux récompenses au concours général agricoleLes producteurs présents se font rares: ils ne sont que cinq. Pour Alexandre Toson, éleveur, gaveur au Buisson de Cadouin, c'est un sacré pari au vu du coût financier. "Nous sommes un des rares éleveurs gaveurs présents à Paris. Cela fait quatre ans que nous venons à Paris. Car février, c'est une saison creuse à la maison. Cela à un coût : Nos 17 m2 de stand s'élèvent à 7000 euros. Il faut ajouter, le transport, le logement, les frais de personnel, au total, cela représente un investissement entre 12 et 15 0000 euros. Il faut couvrir les frais. Cette année, il y a beaucoup moins de monde. L'an dernier, cela s'était bien passé, je redoute une forte diminution, de l'ordre de 40 %." Même son de cloche du côté de la maison Grolières du Bugue, spécialisée en foie gras, qui affiche trente ans de présence à Paris. "les années se suivent et ne ressemblent pas. Certaines années, les  frais ne sont pas couverts. Mais c'est important d'être là, car nous rencontrons nos clients et nous sommes aussi là pour en gagner de nouveaux." Du côté de la brasserie artisanale de Sarlat, son fondateur Xavier Gombert, explique : "Nous avons débuté notre activité en avril 2016, cette année. Nous avons fait beaucoup d'investissements avec de nouveaux matériels, un déménagement. Cela fait la deuxième année, que nous montons à Paris. Je redoute de ne pas couvrir les frais, alors que nous avions bien travaillé l'an passé. On observe une forte baisse de fréquentation sur cette édition." Heureusement, les deux récompenses  affichées devant la tireuse à bière lui redonnent le moral. La Brasserie artisanale de Sarlat a obtenu  une médaille d'or et une médaille de bronze au concours général agricole. 

Quant au conseil départemental de la Dordogne, il est bien conscient de la difficulté des entreprises périgourdines d'être présents à Paris pour des questions de coût. La collectivité réfléchit pour les années à venir à accueillir sur son stand des producteurs.  Didier Bazinet le confirme : "dès demain, nous allons travailler à la prochaine édition du Salon pour définir comment on peut créer un espace de vente pour les producteurs. On s'aperçoit que la promotion ne suffit pas. Même les visiteurs le disent, ils souhaiteraient pouvoir acheter sur place."

 

 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude-Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 28/02/2019