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Société | Citoyenneté Européenne: Deux auteurs à la rencontre des Collèges girondins

Valerio Romao et My Seddik Rabbaj

Réfléchir à l’idée d’appartenance européenne au travers de la littérature internationale. Telle est la vocation du Concours Citoyenneté Européenne, qui en est à sa seizième édition. Par le biais de cette démarche, le Département de la Gironde sensibilise les collégiens du territoire aux valeurs communes prônées par l’Europe : la solidarité, le respect, la tolérance, la paix. Ce vendredi 15 mars, deux classes Collège Marcellin Berthelot de Bègles recevait deux auteurs : le marocain My Seddik Rabbaj et le portugais Valerio Romao. Retour sur un moment de partage.

« Qu’est-ce qu’être européen » ? C’est pour réfléchir à cette question dans le sens le plus large possible qu’est organisé le Concours Citoyenneté Européenne, à destination des Collèges girondins. Lors de ce concours, les élèves travaillent les textes de deux auteurs – un Européen et un « Monde » – avant de les rencontrer et échanger avec eux de vive voix. Les écrivains restent quinze jours, et passent dans quinze collèges du territoire. Ils étaient ce vendredi matin à Bègles, et se rendront à Saint-Symphorien et sur le Bassin d’Arcachon la semaine prochaine.

Jacqueline Madrelle, Présidente de l’association France-Libertés, partenaire de la démarche, explique le contexte dans lequel a été créé le concours en 2003 : « Il a été imaginé dans le cadre de la semaine nationale d’éducation contre le racisme et les discriminations. La présence d’auteurs et la magie de la littérature donnent lieu à des rencontres superbes avec les collégiens qui ensuite produisent un texte sur leur vision de l’Europe ».

Selon la Présidente de France-Libertés, l’Europe est un prétexte pour parler des valeurs qui rassemblent tous les citoyens européens : la paix, la solidarité, la démocratie, etc. Jacqueline Madrelle aimerait également pouvoir éditer les productions des élèves « Ce serait important de pouvoir publier une collection ‘’L’Europe vue par les collégiens de Gironde’’ afin de valoriser le travail des élèves et des professeurs ».

« Il faut respecter les différences pour vivre en paix »

Les collégiens béglais ont rencontré le 15 mars l’écrivain marocain My Seddik Rabbaj, qui a notamment écrit Le Lutteur (2006 chez Le Serpent à Plumes) et L’École des sables (2008 chez Ubu Éditions) et son homologue portugais Valerio Romao. Ce dernier a signé Autisme (2016, Éditions Chandeigne), d’après son expérience personnelle et De la Famille (2018, Édition Chandeigne). Après une présentation chorégraphiée sur fond de musique et de lecture de textes des auteurs, les collégiens ont lancé un jeu de questions-réponses avec les écrivains. Ils ont répondu à des questions sur des sujets spécifiques concernant leurs pays, mais aussi sur leur parcours et leur volonté de devenir écrivain. L’envie d’écrire est venue dès l’adolescence pour Valerio Romao, qui écrivait alors des poèmes, avant de se diriger vers la nouvelle, le roman ou la pièce de théâtre. Pour My Seddik Rabbaj l’écriture est venue à travers son vécu et son amour de la lecture : « l’écriture n’est pas un don, c’est un travail. Si tu veux devenir auteur, il faut beaucoup lire », explique l’auteur marocain avant d’ajouter non sans humour « c’est comme quand tu fais du football, tu ne commences pas directement au FC Barcelone ou à Madrid ».

Les élèves du Collège Marcellin Berthelot avec les auteurs

 

Les deux écrivains ont un autre métier pour pouvoir vivre sans être en difficulté financièrement. Ainsi, My Seddik a été un temps professeur au Maroc, avant de créer un genre de lycée dont il est aujourd’hui le directeur. Quant à Valerio Romaio, il est également traducteur et aide d’autres écrivains à l’élaboration d’ouvrages. Pour les deux hommes, le voyage et le partage jouent un rôle important dans le bon développement de l’humain. L’auteur portugais, qui a beaucoup voyagé en Europe raconte « en Europe, peu importe où je vais, j’ai toujours l’impression qu’il y a quelque chose de commun, la civilisation, la culture… J’espère vraiment qu’un jour nous pourrons parler d’une Europe plus unie, plus organique qu’elle ne l’est maintenant ». My Seddik Rebbaj a également évoqué un point sur lequel la France et l’Europe ont encore du travail selon lui : « Je trouve le Maroc beaucoup plus solidaire que d’autres pays, comme la France. Vous n’avez pas la même approche que nous par rapport à la famille ou à l’autre. Il faut respecter les différences si on veut vivre en paix ». Les deux auteurs sont en Gironde pour quinze jours, et vont à la rencontre des élèves de quinze collèges du territoire.  Ils se rendront entre autres la semaine prochaine à Saint Symphorien et sur le Bassin d’Arcachon.

Yoan Denéchau
Yoan Denéchau

Crédit Photo : Yoan Denéchau

Publié sur aqui.fr le 15/03/2019