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Politique | Quand l'Eurorégion se fête à Pampelune

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Conseiller régional et membre du bureau de l'Eurorégion depuis le mandat précédent d'Alain Rousset, et la mise en place d'un exécutif de ce groupe territorial, le Bayonnais Mathieu Bergé, -également titulaire du portefeuille de la coopération transfrontalière- était présent au congrès de l'Eurorégion qui s'est tenu à Pampelune. En Navarre, région qui préside depuis deux ans ce Groupement européen de coopération territoriale qui compte aussi l'Euskadi. Au menu, la mobilité, le plurilinguisme et l'économie.

Un congrès d'importance de l'Eurorégion s'est tenu à Pampelune en présence d'Alain Rousset, président de la Nouvelle Aquitaine d'Iñigo Urkullu, président du gouvernement d'Euskadi et Uxue Barkos, présidente de la Communauté forale de Navarre. Rappelons que l’Eurorégion a été créée sous la forme d’un Groupement européen de coopération territoriale (GECT) pour mettre en œuvre une stratégie territoriale entre trois régions transfrontalières dans une perspective européenne. Cette approche a été traduite dans le Plan stratégique de l’Eurorégion 2014-2020, articulé autour de quatre grandes priorités et d’une quarantaine d’actions et dont le déploiement structure la vie annuelle du GECT.
"En 2018, la stratégie a été actualisée pour tenir compte de la nouvelle donne territoriale issue de l’adhésion de la Communauté Forale de Navarre et de la réforme territoriale qui a affecté les régions françaises et conduit au regroupement des régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes", rappelle le Bayonnais Mathieu Bergé, qui fait partie du bureau et de la délégation qui s'est rendue en Navarre pour ce congrès. On vient d'assister à deux années de présidence très active de la Navarre avec un véritable engagement politique pour cet espace eurorégional, une vision partagée dans la volonté de construire des visions politiques de développement économique, de transports, du plurilinguisme et de protection de l'environnement".

Lors de la mise à jour du document stratégique, les orientations fondamentales ont été très largement confirmées par les nombreux acteurs associés à ce processus.
Le défi lancé à l’Eurorégion est bien de déployer ses actions à cette nouvelle échelle géographique : celle d’un territoire de près de 9 millions d’habitants pesant en superficie et en PIB près de 2% de l’Union Européenne. Il est à noter que l’Eurorégion a procédé,  également, à l’actualisation d’un autre document de référence, « l’Eurorégion en chiffres », un recueil de données statistiques qui situe cet espace au regard d’une série d’indicateurs européens.
Le rapport d’actualisation de la stratégie avait été adopté par l’Assemblée de l’Eurorégion, à Pampelune le 29 juin 2018, en présence notamment des trois président(e)s des autorités constitutives. Il est à noter que l’Eurorégion a géré de front, pour la première fois, trois projets européens tandis qu’elle a engagé un budget global de subvention d’un million d’euros. De nombreux dossier ont été examinés, de l'économie à la culture, en passant par les mobilités et le plurilinguisme. Focus sur ces deux éléments.

Transports transfrontaliers: un troisième rail à la frontière comme objectif

"On travaille dans deux directions, explique Mathieu Bergé. Ce que l'on appelle en transport, le soft et le hard. Le soft est tout ce qui est lié au titre de transport unique et à l'information voyageur notamment plurilingue. Dans ce cadre-là, on a déjà développé

Mathieu Bergé

des titres de transport uniques: TER, Eusko train (le Topo), bus transfrontaliers . On a mis en place en gare d'Hendaye de l'information voyageurs, multimodale et transfrontalière. Par exemple; en gare d'Hendaye, il y a un écran où apparaissent les trains mais aussi les bus transfrontaliers notamment grâce à une étude qui avait été mise en place, Transfert Muga. Et on a également financé un calculateur d'itinéraire transfrontalier surle web.  (transfertmuga.eu). Le client indique son point de départ à Bayonne et il obtient, le prix, les horaires et les arrêts des bus transfrontaliers."

"Le hard, poursuit Mathieu Bergé, c'est l'installation d'un troisième rail à la frontière. Les gens ne le savent pas toujours, mais l'écartement entre les réseaux ibérique et européens sont différents Ceci veut dire qu'à l'horizon 2021 potentiellement, les trains TER ou Cercanias les trains de banlieue de l'autre côté de la frontière pourront circuler des deux côtés de la frontière. Ainsi, pourra-t-on sérieusement envisager une désserte Dax-Saint Sebastien. Dans ce cadre-là, l'Eurorégion va présenter un projet de financement du Poctecfa pour lever toutes les barrières, juridiques, administratives et technologiques pour pouvoir exploiter cette desserte urbaine et transfrontalière. Ce projet trouvera d'autant plus facilement un avocat en la matière que Mathieu Bergé a un portefeuille auprès de la Région au sein de la Coopération transfrontalière. Cette dernière entité va au-delà de la Nouvelle Aquitaine car il y a en son sein le comité de travail des  Pyrénées qui gère le fonds européen de coopération transfrontalière, POCTEFA (Programme Opérationnel Espagne-Fance-Andorre) de coopération qui était doté de 180 millions d'euros pour la période 2014-2020. Deux délégations essentielles, soit dit en passant, que le président de Région Alain Rousset a tenu à laisser au conseiller régional bayonnais bien qu'il ait décidé, peu de temps après l'élection d'Eammanuel Macron, de quitter...le Parti socialiste.

Un projet politique plurilingue avec plusieurs partenariats

La langue constitue l’un des principaux obstacles à la cohésion et à la construction d’une citoyenneté eurorégionale. L’Eurorégion, territoire où cohabitent quatre langues différentes, encourage leur connaissance mutuelle. Cet axe sort renforcé par l’actualisation du Plan Stratégique Eurorégional et la conduite du projet EMPLEO qui a délivré un diagnostic linguistique mettant en évidence le faible degré de connaissance de la langue du voisin. La réunion de Pampelune a été aussi l'occasion de rappeler que dans la stratégie de l'Eurorégion, figure l'affirmation de développer un projet politique plurilingue.

"Avec un soutien, souligne Mathieu Bergé, aux langues propres du territoire, basque et occitan, mais aussi des politiques de développement de l'usage du français et castillan dans les zones en particilier non bascophones. Il y a un projet phare pour lequel on a eu un prix au niveau de la Commission européene qui s'appelle Eskola Futura,  du futur qui forme des enseignants bilingues basques français transfrontaliers avec des jeunes qui viennent d'Euskadi et Navarre qui vont se former de manière intensive au français à l'Université de Bordeaux comme ici on a des élèves du Pays basque nord qui vont se former avec la même intensité  au basque en Euskadi. Et qui vont se retrouver la deuxième année ensemble dans une promotion du Centre de formation des enseignants à Bordeaux et vont passer le concours pour devenir professeurs des écoles bilingues."

Imaginé en étroite concertation et mené en collaboration avec l’Office Public de la Langue Basque (OPLB) et l’Office Public de la Langue Occitane (OPLO), le projet est construit autour d’un partenariat fort avec quatre universités des deux côtés des Pyrénées : l’Université de Bordeaux et son École supérieure du Professorat et de l’Éducation d’Aquitaine (ESPE), l’Université Bordeaux-Montaigne et son Département d’Étude du Français Langue Étrangère (DEFLE), l’Université du Pays basque et l’Université publique de Navarre

Un appel à projets sportifs

 Dans ce domaine, l’Appel à projets a retenu plusieurs projets de mobilité et échanges entre jeunes étudiants de l’Eurorégion, ainsi qu’entre clubs sportifs du territoire. De même, un nouveau partenariat a été signé avec la Fédération Basque de Rugby (FVR), la Fédération Navarraise de Rugby (FNR) et le Comité Départemental de Rugby 64 (CD64) pour la mise en œuvre d’un nouveau cadre d’action transfrontalier pour le rugby basque par l’intégration structurelle de l’activité de rugby amateur pratiquée dans les trois territoires.

 

 

Félix Dufour
Félix Dufour

Crédit Photo : Photo DR et F.D.

Publié sur aqui.fr le 01/04/2019