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Métropole | Concertation #BM2050 : véritable boîte à idées pour les politiques publiques

Nicolas Florian, Jacques Mangon, Patrick Bobet, Alain Anziani

« BM2050 est un véritable succès ! » En ce vendredi 29 mars, Patrick Bobet, président de Bordeaux Métropole et maire de Le Bouscat, entouré de Jacques Mangon, vice-président en charge de cette consultation et maire de Saint-Médard-en-Jalles, de Nicolas Florian, vice-président et maire de Bordeaux et d’Alain Anziani, 1er vice-président et maire de Mérignac, se dit très satisfait d’« avoir touché » autant de monde. « Nous avons réussi à attirer des personnes que nous n’arrivons pas à toucher habituellement. » Cette grande consultation citoyenne a permis « un défoulement de l’imaginaire » pour Alain Anziani. Mais aussi, pour ces élus, cette action fut « une véritable bouffée d’oxygène. Elle nous a obligés à lever la tête et à penser l’avenir avec nos concitoyens. »

Patrick Bobet, le président de Bordeaux Métropole, tire différents enseignements de cette grande consultation citoyenne en ce vendredi 29 mars, jour de restitution. « Nos concitoyens nous ont formulé différentes attentes à l’aube de 2050. Ils souhaitent la mise en place d’une véritable démocratie participative tout en espérant voir naître une vraie parole politique. Ils désirent également des actions pragmatiques pour la préservation de notre écosystème et non plus aujourd’hui un discours entendu maintes et maintes fois. Une grande attente s’est faite ressentir aussi du côté de la mobilité. » De ces attentes quatre scenarii ont été formalisés.

4 scenarii
Le premier concerne la métropolisation continue qui finirait par s’autoréguler. « C’est le scénario au fil de l’eau, souligne Jacques Mangon, vice-président de Bordeaux Métropole. En effet, certains citoyens ne souhaitent pas que la Métropole change, évolue. Mais cela peut s’avérer dangereux et les signaux faibles aujourd’hui, peuvent devenir forts demain comme la flambée des prix de l’immobilier ». Le deuxième scénario est l’exigence décarbonnée qui règlerait la ville. En clair, restreindre de façon drastique la circulation automobile nuisante, imposer l’isolation des bâtiments anciens, interdire le béton dans ses constructions, imposer les circuits courts, etc… « Un scénario délicat à mettre en place car tout devrait être régulé. Mais aujourd’hui, l’urgence c’est le climat. Un besoin de ville durable émerge des attentes des citoyens. La ville serait ainsi vertueuse. » Le troisième scénario relève également de la problématique environnementale avec la nature qui redessinerait la ville, le développement systématique des plantations de rues, des îlots de fraîcheur, nourrie d’une croissance différente, peu centralisée qui se développerait sur les 28 000 hectares de nature de la métropole. « Un scénario ambitieux, pour le maire de Saint-Médard, il repositionne l’activité, la vie d’une métropole autour de la nature. Il oblige une totale refonte des engagements publics. » Enfin, le quatrième et dernier scénario stipule l’équilibre des territoires qui ferait la vie, à l’intérieur de la métropole et vis-à-vis de l’aire d’influence métropolitaine des réseaux, du collaboratif, des nouveaux écosystèmes, etc… « Un scénario qui invite à adopter une nouvelle logique d’aménagement du territoire. »

Propositions érigées BM2050


Boîte à idées
Ces quatre scenarii n’ont pas pour but d’être mis en place d’ici 2050. « Nous allons nous servir de tous ces projets comme d’une boîte à idées et d’une feuille de route », précise Nicolas Florian. Et Jacques Mangon d’ajouter « aucun scénario ne peut être pris dans son intégralité. Nous les mixerons plutôt. » Pour Alain Anziani, deux paramètres n’ont pas véritablement été pris en compte, ceux de la migration et des progrès techniques. « D’ici 2050, c’est certain, des innovations vont fleurir un peu partout dans l’hexagone et de nouveaux scenarii verront certainement le jour. Ces quatre scénarii restent, pour moi, des repères. » Jacques Mangon, lui, avoue une légère préférence pour le quatrième scenario même s’il pense qu’« un seul servira de colonne vertébrale à l’action publique ». Cette matinée de synthèse a servi également à dégager les chiffres clés de cette consultation citoyenne. Ainsi, en un an, BM2050 a réussi à toucher 12 000 individus, à attirer 47 485 joueurs au serious game, à faire participer 1 700 écoliers au projet « Objets imaginaires », à mettre en place 50 arrêts du « Camion du futur » dans les 28 communes de la Métropole, à accueillir 90 pitchs au sein de la Maison du projet, à organiser 18 journées nourries de 36 débats pour 90 heures d’échanges et de propositions et enfin à inviter 250 débatteurs.

ANVCOP21, une invitée inattendue

ANVCOP21

A l’issue de cette restitution, ANVCOP21 Gironde s’est invitée dans le Hangar 14 pour s’adresser directement au maire de Bordeaux, Nicolas Florian. Les membres de cette association ont souhaité faire part de leur « inquiétude » concernant le quartier de la Jallère à Bordeaux. Ce quartier fait l’objet d’un projet d’aménagement de la part de Bordeaux Métropole qui vise à la construction de 2 000 logements ainsi que des locaux d’activité sur des espaces en friches et à proximité de zones humides. Un projet jugé « dépassé » par l’association. Cette dernière a pensé à un autre projet, celui de planter une forêt urbaine de 50 000 arbres, dont une partie en verger comestible, afin de préserver l’écosystème. Du reste, les manifestants convient Bordelais et Bordelaises le 26 avril prochain à nettoyer le site en vue de la plantation. A l’issue de cette allocution, le maire de Bordeaux les a invités à s’entretenir sur ce projet à la mairie.

Sybille Rousseau
Sybille Rousseau

Crédit Photo : SR

Publié sur aqui.fr le 29/03/2019