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Agriculture | Narumon Paiboonsittikun ou l’art d’initier à l’agroécologie

Harumon Paiboonsittikun

Comme tous les ans, en période de carême, le CCFD-Terre Solidaire reçoit un de ses partenaires. Cette année, l’association de Gironde accueille la Thaïlandaise Narumon Paiboonsittikun, coordinatrice de Towards Organic Asia, un projet régional de promotion de l’agriculture biologique qui a vu le jour en 2011. Pendant toute cette semaine, cette dernière va s’attacher à promouvoir son action mais également à dialoguer et échanger avec les Girondins au cours de table-ronde et de ciné-débat…

« Nous avons tous un rôle à jouer dans le développement de l’agriculture biologique ! » Ce cri du cœur vient de Narumon Paiboonsittikun, la partenaire du CCFD-Terre Solidaire qui a débarqué à Bordeaux pour une semaine. Arrivée de Thaïlande pour dialoguer, échanger et débattre autour des questions inhérentes à l’implantation de l’agriculture biologique et plus largement de l’agroécologie, cette dernière se bat quotidiennement pour développer cette agriculture en Asie. Et elle y croit dur comme fer ! « Depuis 2011, avec Towards Organic Asia, le projet régional de promotion de l’agriculture biologique initié par la School of Well Being, nous travaillons à la promotion de la souveraineté alimentaire des populations asiatiques à travers le soutien d’une agriculture durable et biologique ». Pour inciter les agriculteurs à modifier leurs pratiques, sa structure organise des formations dispensées par des universitaires spécialisés en agriculture. Des conférences, rencontres et autres débats sont également proposés afin de toucher un plus large public. Elle agit principalement au Vietnam, au Mékong, au Bhoutan, en Thaïlande, au Cambodge et au Myanmar.

MOMENT DE SENSIBILISATION


Tous concernés !

« Certes, les agricultures doivent être sensibilisés car ce sont eux qui cultivent les terres. Cependant, les consommateurs, les entreprises doivent également prendre conscience du rôle qu’ils ont à jouer dans cette transformation », souligne la partenaire. Cette évolution dans la pratique agricole relève d’un dessein bien précis, celui de « se réapproprier la nature et ses bienfaits afin de favoriser le bien être ». Grâce à l’action de TOA, depuis quelques années, les jeunes reviennent vivre dans les campagne pour développer cette agriculture durable. « Nous les invitons également à vendre leurs produits directement à leurs consommateurs ou lors de marchés dits « conscients » (producteurs) ». Alors que le taux de chômage ne cesse de croître, l’activité agricole pourrait bien être une des solutions pour enrayer ces statistiques. « En effet, en 10 ans, le nombre de chômeurs n’a cessé d'augmenter, parallèlement à cela nous perdons nos agriculteurs car la relève n’est pas assurée. En initiant cette jeune génération aux bienfaits de cette terre nourricière, nous créons de l’emploi ! »

MARCHE DE CONSCIENCE


Echange et partage

Et l’ONG CCFD – Terre Solidaire est partie prenante de ce projet qu’elle aide financièrement. « Nous avons fait le choix de l’agroécologie afin de répondre au mieux aux enjeux du monde paysan sur tous les continents, précise l'association, car améliorer les conditions de vie socio-économiques et écologiques des populations rurales c’est possible ! » Afin de rencontrer et d’échanger avec Narumon Paiboonsittikun, cette semaine deux rendez-vous gratuits et grand public sont organisés. Tout d’abord, une table ronde, le jeudi 4 avril, de 19 h 00 à 21 h 00, à la Maison Eco-Citoyenne de Bordeaux qui portera sur « l’agroécologie ici et ailleurs », en présence notamment de Jérôme Orvain, délégué à l’agroécologie et à l’agriculture biologique pour la Région Nouvelle-Aquitaine et de Damien Toublant, ingénieur agronome, coordinateur de MicroAgri et chercheur au CNRS. Et, un ciné-débat, le vendredi 5 avril de 18 h 45 à 21 h 00, à l’université Victoire Bordeaux II où l’opus « Ceux qui sèment » sera projeté. Narumon Paiboonsittikun attend ces rencontres avec impatience car espère « créer des liens forts avec les acteurs du territoire, partager des solutions durables pour la société asiatique et comprendre la démarche française pour davantage inciter les consommateurs à épouser cette agriculture ».

Sybille Rousseau
Sybille Rousseau

Crédit Photo : SR - TOA

Publié sur aqui.fr le 02/04/2019