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Métropole | Bordeaux : des espaces verts en transformation

Espaces d'agriculture urbaine à Bordeaux

Magali Fronzes, adjointe au maire de Bordeaux, évoque les grands changements à venir pour les mois prochains, au sein de la métropole bordelaise. Son objectif principal : « permettre aux citadins de retrouver un lien avec la nature ». Le plan agriculture urbaine lancé en mars 2017 répond aux enjeux des politiques alimentaire et économique de la ville. « Bien sûr, on ne parle pas là d’autosuffisance. Sur la métropole, nous sommes à peu près à un jour et demi d’autosuffisance, et moins de 24 heures à Bordeaux », explique-t-elle.

Trois volets sont à distinguer, l’agriculture économique, la plus facilement identifiable, professionnalisée, l’agriculture sociale, réalisée au travers des jardins collectifs, et l’agriculture écologique, qui met en avant des pratiques protectrices de l’environnement, anti-pollution et sans pesticides. « Bordeaux était l’une des premières villes avec le label 0 Phyto », précise Magali Fronzes, une reconnaissance obtenue en 2009.

Premier chantier, au Haillan, ce sont 8 hectares appartenant à la municipalité de Bordeaux qui vont être pensés autrement, dans une optique d’agriculture urbaine. La moitié du terrain sera allouée au lycée horticole Camille Godard, afin que les élèves disposent d’un cadre d’exploitation privilégié. Les 4 hectares restants seront dédiés à la culture pour une alimentation en circuit court. Après lancement des appels à manifestation d’intérêt pour des maraîchers, l’heureux élu devrait prendre possession des lieux début mai.

Parfois, c’est là où on l’attend le moins que l’agriculture urbaine émerge. Sur le toit du Auchan Mérideck, la place est faite à l’aquaponie. Ce terme, méconnu, caractérise une culture mêlant plantes et poissons : les plantes sont irriguées par l’eau de l’aquarium dans lequel sont élevés les poissons. Plusieurs autres espaces sont en cours d’aménagement, 50 hectares dans le quartier Euratlantique, 95 hectares au sud du Matmut Atlantique (Jallère) dont 13 de zones humides préservées, notamment.

L’enjeu des toits est au cœur des préoccupations de la mairie également : « c’est un immense espace ». Mais en centre-ville, impossible de cultiver sur des toits anciens et inadaptés. Ainsi, désormais, les décideurs se tournent vers les promoteurs, pour obliger les nouvelles constructions à avoir des toits exploitables. « On l’ignore souvent, mais en centre-ville, il y a énormément de pacaniers, les arbres qui produisent les noix de pécan », avance Magali Fronzes, dans une optique de prolifération des arbres fruitiers en centre-ville

L’adjointe au maire tient également à réagir sur les polémiques autour des arbres abattus place Gambetta. Beaucoup de Bordelais se sont émus face à la suppression de 17 marronniers vieux de plusieurs décennies. Des travaux que tempère Magali Fronzes : « Je comprends tout à fait que des habitants aient pu être choqués. Mais ce ne sont pas des arbres viables, ils vivent mal le changement climatique et sont sensibles aux aléas de pluviométrie ». Ainsi, elle promet « 80 % d’espaces verts en plus » une fois les travaux sur la place achevés. Une trentaine d’arbres seront plantés, portant le total à plus d’une soixantaine sur la seule place Gambetta. En ne plantant jamais plus de 15 % d’une même variété d’arbre dans un espace, cela permet également d’élargir le patrimoine arboré bordelais.

Marianne Chenou
Marianne Chenou

Crédit Photo : Marianne Chenou

Publié sur aqui.fr le 07/04/2019