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Culture | Rencontres à Lire de Dax : vite, plus que deux jours !

RAL2019

On se souvient que Lydie Salvayre fut invitée ici dès avant son Goncourt obtenu en 2014 pour Pas pleurer (Seuil). Elle s'en souvient aussi. Depuis, elle n'a plus quitté les Rencontres à Lire de la cité thermale. En ouverture des trois jours du salon littéraire, ce vendredi, elle avait carte blanche et a choisi de dialoguer avec l'écrivain multi-primée Maylis de Kerangal, avant une rencontre dimanche avec Laure Adler.

A l'Atrium, Salvayre qui est là pour Marcher jusqu'au soir (Stock) a interrogé l'auteure de Réparer les Vivants qui venait présenter Un monde à porter de main (Verticales) dans lequel il est question d'art du trompe l'oeil, des studios de la Cinecittá à Moscou et Lascaux : « avait-tu l'idée d'écrire une allégorie sur l'emprise de plus en plus grande des images virtuelles, du pouvoir du faux dans nos vies, ou pas du tout ? ».
Kerangal : « le pouvoir des images était une des questions que je me posais. J'ai écrit ce livre parce que j'avais envie de parler de préhistoire, un temps d'avant l'écriture. Les grottes, les outils, les pierres, les corps, les ossements, on a ces traces mais on se demande ce qu'il en est de la fiction, des histoires qu'on se racontait alors. Ces fac-similés de grottes m'ont beaucoup intriguée, pourquoi des hommes concourrent à ces répliques ? J'y voyais un signe de leur disparition. Pourquoi fait-on ça ? Est ce que ce sont des faussaires, y a-t-il une dévaluation ? »
Des Brigades de lecturesBrigadesdeLecturesMais pour elle, « l'émerveillement vient du fait qu'on comprend que c'est du faux, qu'on a la garantie qu'on n'est pas dans une opération de falsification du réel mais d'éclaircissement ». Dans son roman, se mêle aussi « le fake, le pouvoir du faux, du doublage, tout ce qui fait qu'on n'est pas certain d'être dans la vraie réalité ». Un dialogue passionnant sur le vrai du faux et la déréalisation du monde qui continue à faire réfléchir, tout en marchant vers la bibliothèque où se préparaient les comédiens des Brigades de lectures. Avec leurs livres sortis de leur malle sur l'herbe, Thomas Vinsonneau et Léa font voyager, de la poésie de Trénet à l'Ecume des jours de Boris Vian, Hemingway, Flaubert et Prévert. Du théâtre, de la lecture et des chansons en final avec Bobby La Pointe et Anne Silvestre.

A suivre les rencontres avec Erwan Desplanques, Cloé Korman et Jean-Paul Kauffmann, et c'est déjà vendredi soir. Plus que deux jours pour partager, découvrir, chanter ou écouter des mots lors de conférences, animations jeunesse, ateliers d'écriture, expos et performances poétiques... Un programme aux petits oignons concocté par l'écrivain et directeur artistique des RAL, Serge Airoldi, qui vient lui-même de sortir MicMac Mécanic (Ed. de l'Attente), un monologue théâtral, tragédie cocasse en résistance à « l'assujetissement aux mots d'ordre de tous ordres ».
BrigadesdeLecturesDimanche, le salon se refermera par une lecture musicale, hommage à Christine de Rivoyre -qui vient de s'éteindre à 97 ans- et à son inoubliable Petit matin (Grasset), Prix interallié en 1968.

Tout le programme ici 


  

Julie Ducourau
Julie Ducourau

Crédit Photo : JD

Publié sur aqui.fr le 12/04/2019