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Economie | Nouvelle-Aquitaine : les industriels réunis avec CŒUR

La journée dédiée au contrôle a rassemblé 110 industriels

110 industriels de divers domaines, allant du luxe au bâtiment en passant par la santé et l’aéronautique – les plus représentés – se sont réunis ce jeudi 18 avril à l’Institut de Maintenance Aéronautique (IMA) de Mérignac. Cette journée est dédiée à l’industrie du futur et notamment au contrôle. Le rassemblement est également l’occasion de lancer le dispositif régional CŒUR, où les membres mettent en commun connaissances et matériel concernant le contrôle. Une ligne de route doit également être tracée d’ici la fin de la journée, concernant les besoins des industriels et ceux qui souhaitent y répondre.

Comment réaliser des contrôles sans détruire le matériau ? C’est pour répondre à cette question que 110 industriels se sont réunis ce jeudi dans les locaux de l’Institut de Maintenance Aéronautique à Mérignac. En effet, les participants ont répondu à un sondage en amont de cette journée, afin de faire ressortir les principaux écueils liés au « Contrôle Non Destructif » (CND), avec en ligne de mire une feuille de route à livrer pour la fin de la journée. Philippe Fioravanti, salarié chez Dassault Aviation, a restitué les grandes lignes de ce « cahier de doléances » du contrôle. Selon ce sondage, « le fameux triptyque des industriels, à savoir qualité-coût-délai, est le principal frein pour les entreprises », explique Philippe Fioravanti, mais il en ressort également un manque de traçabilité des pièces.

« CŒUR », le rassemblement des industriels locaux

Au-delà des « doléances » des industriels, ce rassemblement à l’IMA marque le lancement d’un dispositif régional dédié à l’accompagnement des entreprises lors de CND. Ce programme, CŒUR, propose une collaboration entre chaque entreprise membre, en termes de savoir mais aussi de matériel. Il est également question de CŒUR dans le questionnaire rempli par les entreprises, et des attentes et axes à prioriser aux yeux des industriels. Ces derniers en attendent une veille technologique poussée, la possibilité de mener des études, la prise en compte de la digitalisation de l’industrie, mais aussi une certaine vulgarisation, tous les industriels n’étant pas des scientifiques ou experts de leur domaine respectif.

Le noyau dur de CŒUR est initialement composé d’Aerospace Valley, Alpha RLH, CEA Tech, CETIM Sud Ouest et Metallicadour, et doit s’agrandir dans les mois à venir. La démarche est en phase avec les objectifs du projet Usine du Futur, lancé par le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine. « Le but du jeu est d’éviter de faire aller des industriels de Poitiers dans le Pays Basque, explicite Philippe Fioravanti. Il va falloir que le dispositif puisse répondre aux besoins de tous à travers des bases de données, par exemple ». Le credo du dispositif CŒUR est simple : les moyens et compétences existent déjà, il suffit de les mettre en commun.

IMA : transformation du campus et innovations

L’Institut de Maintenance Aéronautique semble prendre un virage en direction de CŒUR. En effet, l’établissement public, dépendant de l’Université de Bordeaux, souhaite se développer pour à terme devenir un des leaders mondiaux du secteur. Son directeur, Franck Cazaurang, a évoqué les grandes lignes de la transformation prochaine du campus. A compter de la rentrée 2019, l’Ecole Nationale Supérieure pour la Performance Industrielle et la Maintenance Aéronautique (ENSPIMA) ouvre ses portes. A noter également, des travaux d’agrandissement du campus dont la première salve démarrera en 2021. « A la fin des travaux, le campus disposera d’un ‘hangar du futur’, explique Franck Cazaurang, où va se trouver un Airbus A320 qui ne décollera plus jamais ». D’après le directeur de l’IMA, le hangar sera divisé en deux : une partie dédiée à la pratique d’une maintenance classique par les étudiants, et l’autre moitié consacrée à l’innovation, où les industriels de CŒUR pourront venir effectuer des tests. « C’est toujours mieux de pratiquer sur un avion cloué au sol, imaginez si vous percez à côté et que l’appareil doit repartir, ironise Philippe Fioravanti. Cette synergie entre nous, industriels, et les académiques, à l’image de l’IMA qui nous propose ses locaux comme bac à sable, est géniale ».

Ce partage de connaissances et de matériel est la philosophie initiale de CŒUR pour définir l’industrie du futur. En ce qui concerne le contrôle, la révolution numérique, au travers de la réalité virtuelle ou du développement de logiciels comme CIVA (outil de simulation de contrôle en 3D développé par CEA Tech), permet d’espérer encore davantage d’efficacité pour l’industrie régionale.

Yoan Denéchau
Yoan Denéchau

Crédit Photo : Yoan Denéchau

Publié sur aqui.fr le 19/04/2019