Aqui.fr - Une publication d'Aqui!Presse Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà

Edito | Urgence écologique: débattre, s'entendre et aller de l'avant

Et si nous redoublions d'attention à l'égard de ces adolescents qui crient : au feu ! Et dont l'égérie suédoise, dans un parallèle émouvant avec Notre Dame, et évoquant la planète, a fondu en larmes, à Strasbourg, devant les eurodéputés...Et si nous nous passions de tous ces médias, obsédés par l'immédiatété dont ils font leur fonds de commerce et une idéologie de pacotille qui gangrène le sens commun? Et si nous prenions le temps d'écouter les bénévoles, ces humbles qui donnent de leur temps pour venir en aide aux migrants qui ont fui l'absence de liberté ? Et si nous participions, chacun à notre façon, à l'émergence d'un nouveau monde qui naît à notre porte, qui produit des aliments avec l'exigence d'une recherche permanente d'un équilibre entre qualité et respect de la nature ? Et si nous étions habités par le respect d'une éthique véritable dans nos faits et gestes quotidiens ?

Bien sûr que ne ferions-nous pas avec des si... Nous pourrions indéfiniment en rallonger la liste. La belle affaire dira-t-on. Seule la radicalité et la violence changeront ce vieux monde, n'est-ce pas Jean-Marc Gancille, auteur de « Ne plus se mentir », vous que j'ai connu lucide mais paisible et qui ne croyez plus, face à l'urgence écologique, à d'autres voies que l'affrontement. Pourquoi ne pas entreprendre cet autre chemin que propose Nicolas Thierry, vice-président EELV du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, dans le livre qu'il vient de publier, « Se réconcilier avec le vivant ? » L'entreprise, au moins, n'est pas désespérée. Mais, surtout elle suppose que l'on se parle, que l'on s'écoute, que l'on partage des connaissances, que l'on débatte, que l'on trouve des points d'accords. Et que l'on s'engage à les respecter, en s'appliquant une manière de morale personnelle qui fait tant défaut à cette époque, nourrie au lait de l'individualisme roi.

A un moment de notre histoire collective où il n'y a jamais eu autant besoin de réenraciner l'homme dans le milieu naturel, où il semble impossible de vivre ailleurs que dans les grandes conurbations, comment par exemple ne pas être frappé de l'absence, dès l'école, d'un enseignement qui décrive la vie d'un arbre, introduise au vocabulaire élementaire de l'agriculture et montre les enjeux cruciaux de la défense de la biodiversité ? Feu notre manuel de Sciences Nat de classe de fin d'études, dans un société où l'exode rural n'avait pas encore déséquilibré la vie des territoires, avait toute sa place. Et je lui saurai gré, à jamais, d'avoir appris, de visu, à distinguer un assolement d'un amendement et une greffe en fente d'une greffe en couronne. Généralisons ce que certains de nos pays voisins ont entrepris avec bonheur, l'école de la forêt. Allons-voir près de chez nous, en Nouvelle-Aquitaine, quels sont les premiers enseignements de la maternelle de la forêt qui a ouvert, en Charente, à Marsac, à la rentrée dernière.

C'est d'une formidable mobilisation sociale décentralisée dont notre société a besoin avec le soutien, notamment, d'une presse locale et régionale à l'affût de toutes les innovations. Et c'est elle, d'abord, qui pourra entraîner le mouvement nécessaire pour que le monde politique emprunte la voie d'un changement qui ne soit pas que de l'ordre du discours.

 

 

 

Joël Aubert
Joël Aubert

Crédit Photo :

Publié sur aqui.fr le 21/04/2019