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Spécial | Concours de Bordeaux-Vins d'Aquitaine : des médailles, des enjeux

Professionnels du vin, amateurs ou encore étudiants, ils étaient 857 dégustateurs pour cette 63 édition du concours de Bordeaux-Vins d’Aquitaine

La 63e édition du concours de Bordeaux-Vins d’Aquitaine s’est déroulée ce samedi 4 mai au palais des congrès de Bordeaux. Organisé par la Chambre d'Agriculture de la Gironde dans le cadre du Salon de l'Agriculture Nouvelle-Aquitaine et de la Foire Internationale de Bordeaux, et en avant première de ces grands rendez vous, il a accueilli 857 professionnels du vin, amateurs ou étudiants qui ont dégusté 3411 échantillons issus de 91 appellations. Rouges, blancs, rosés, clairets, crémants , il y en avait pour tous les goûts. Cette année, 1 014 vins ont été médaillés, répartis en 405 médailles d'or, 440 médailles d'argent et 169 médailles de bronze. Des récompenses qui influent sur toute une économie viticole.

Le parvis du palais des congrès de Bordeaux est comble. Il est 9 heures, on patiente pour entrer déguster des vins sélectionnés au 63e concours de Bordeaux Vins d’Aquitaine. Ils sont 857 dégustateurs, des professionnels, mais également des amateurs, (qui font partie pour certains de clubs de dégustation), ou encore des étudiants. Pendant à peine plus de deux heures, ils vont goûter des vins. « Cela se passe particulièrement bien, explique avec un large sourire Françoise Harrewyn, responsable du concours, qui laisse peu à peu retomber la pression. Ce sera fini quand le palmarès sera dévoilé ».

Les dégustateurs observent les vins servis de manière anonyme. Sur l’étiquette figurent seulement un numéro d’échantillon, l’appellation et le millésime des vins. Couleur, tenue dans le verre, odeur, les vins sont méticuleusement décryptés. Un petit passage en bouche pour définir et noter le goût et bien sûr le recracher. Chaque dégustateur note ses appréciations et ses remarques sur une feuille où sont simplement recensés les numéros d’échantillon. Ils analysent, font part de leurs sensations, le tout à l’aide d’un vocabulaire simple. C’est comme ça que l’on déguste du vin.

Les dégustateurs observent les vins servis de manière anonyme. Couleur, tenue dans le verre, odeur, les vins sont passés au crible.

Professionnels et amateurs à la même table

Direction la table de dégustation 62. Les dégustateurs se répartissent entre trois viticulteurs et deux amateurs. Ils doivent goûter et noter du vin rouge Bordeaux Supérieur de 2017. En bout de table, Véronique Smati, vigneronne dans les Graves, au château de Lionne, est la présidente de la table. Elle a mené la dégustation des dix-huit échantillons en toute connaissance de cause. « 2017 est une année qui a été particulièrement difficile pour les vignerons avec la gelée ». Il semble essentiel de remettre dans le contexte les dégustations et d’alerter sans doute les amateurs. « On a senti que les vignerons ont bien travaillé. On a eu du fruit, de beaux élevages quand même, avec des vins boisés, assez intégrés, avec de belles couleurs. Nous étions quand même contents ». À côté d’elle, Mickaël Deguilhem, un Toulousain, amateur de vins, qui s’est pris au jeu de la dégustation depuis déjà quelques années. « Je m’amuse à faire des dégustations de vins de par la France. Cette dégustation était sympathique. La table est belle, les commentaires sont homogènes et la dégustation cohérente. » Une fois la dégustation terminée, c’est l’heure d’affiner les résultats et de confronter les points de vue de chacun. « C’est enrichissant d’écouter les professionnels, de discuter avec eux sur notamment les techniques employées. En venant au concours, j’améliore mes connaissances. Puis après leur remarque, on goûte de nouveau les vins, on assimile un peu et on apprend à parler du vin. » «  Leur ressenti est important car ce sont eux les acheteurs de nos vins. Faire participer des amateurs, c’est à la fois ludique et encourageant », répond Christophe Porcher, viticulteur sur la commune des Lèves-et-Thoumeyragues au château Cateau Lagrange.

Un enjeu économique 

À la table, ils ont finalement décerné cinq médailles d’or. Car il y a derrière ces distinctions un enjeu économique. « Il faut que tout le monde puisse vivre de notre métier, confie Christophe Porcher. Une médaille permet de vendre son vin plus cher. » Jusqu’à + 15% même pour certains d’entre eux. Dès la publication des résultats, les négociants en vins vont contacter les producteurs récompensés pour acheter et vendre leur vin. Des médailles qui donnent de la valeur au vin ou la prolongent. Mais attention, il faut toujours les consommer avec modération ou bien les déguster. 

La salle du palais des congrès de Bordeaux se vide peu à peu. Il est midi. Les dégustateurs se saluent et pour certains se donnent déjà rendez-vous pour la 64e édition du concours de Bordeaux - Vins d’Aquitaine. Ils ont pu repartir avec leur verre de dégustation estampillé du logo du concours. Quant aux résultats, ils ont été publiés à 14 heures. 1 014 vins ont reçu une médaille (405 médailles d'or, 440 médailles d'argent et 169 médailles de bronze ont été attribuées) soit 29,7% des vins récompensés. Véronique Smati, qui présentait plusieurs vins, est doublement satisfaite, puisque son Graves sec de 2018, Château de Lionne, a obtenu une médaille d’or (cliquez ici pour consulter l’ensemble du palmarès).

Julien Privat
Julien Privat

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 04/05/2019