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Edito | Pour un vote utile le 26 mai prochain...

Deux semaines, deux semaines encore pour se préparer au rendez vous des élections européennes, le 26 mai. Deux semaines, aussi, pour prendre la mesure d'élections qui ne ressemblent à aucune autre, de celles que nous connaissons dans l'Hexagone. Et, ce, pour une raison toute simple le mode de scrutin à la proportionnelle intégrale, et de surcroît cette fois à la différence de 2014, sur des listes nationales et non régionales, ce qui complique l'identification des candidats issus de nos territoires et qui a valu cette vive critique d'Emmanuel Macron par l'ancien député européen Alain Lamassoure – une faute majeure - dans le Grand Entretien, très éclairant, qu'il nous accordé cette semaine. Ce simple rappel pour comprendre qu'avec autant de listes que celles annoncées et autant de pays -27 et sans doute 28 si la Grande-Bretagne vote bien malgré la perspective d'un Brexit inévitable- il ne peut y avoir de majorité au Parlement européen que si des alliances, qui semblent parfois contre nature, réussissent à se former, au nom d'intérêts supérieurs ou de valeurs démocratiques partagées. C'était le cas, jusque-là entre la droite, en l'occurrence le PPE le centre et la gauche, celle des sociaux-démocrates, sans oublier en cas de besoin les écologistes .

Seulement voilà: la montée des courants nationalistes et xénophobes dans plusieurs pays de l'Union, en même temps que la social-démocratie perd de son influence et que les libéraux -façon LREM- sont dans l'incertitude, doit être connue de nous, électeurs français, car nos choix du 26 mai décideront, aussi, et beaucoup plus qu'on ne le croit, de la future majorité au Parlement de Strasbourg. Et, par voie de conséquence, du futur président de la Commission européenne. A cet égard la rencontre, le 2 mai à Budapest, et à la frontière avec la Serbie devant les barbelés anti-migrants (!) du premier ministre hongrois Viktor Orban et du ministre de l'intérieur italien, et vice-premier ministre Mattéo Salvini, ne peut laisser indifférents les vrais républicains et ceux qui croient que la dignité humaine mérite, sur notre continent, à tout le moins du respect.

Or, dans ce sommet aux allures anti-Macron, se cache une formidable hypocrisie, comme l'extrême droite sait en faire preuve, toujours prête à tromper l'électeur de bonne foi. En effet, le premier ministre hongrois dont le parti appartient au PPE, au sein du Parlement de Strasbourg, s'affiche avec le populiste Salvini, tout en sachant que son propre parti ne veut pas d'une alliance avec la Liga italienne... Il y a jusqu'à ce jour trop d'intérêts, notamment financiers, en jeu. Quant à l'italien qui a construit sa victoire sur l'absence d'une politique européenne de l'immigration, il se gardera bien de jeter l'euro par la fenêtre. Nous allions oublier de souligner que jusqu'à plus ample information le Rassemblement national, c'est à dire l'ex-FN, n'est pas en odeur de sainteté auprès des formations de droite en Europe, fussent-elles chacune à sa façon très nationaliste ou autoritaire, comme l'est par exemple la droite polonaise.

Voter le 26 mai, c'est assurément défendre une certaine idée de la démocratie, des valeurs auxquelles nous sommes attachés et renoncer à donner notre voix à des élus qui n'auront aucune possibilité de faire progresser les conditions de vie des citoyens européens et dont l'hypocrisie est le fonds de commerce. Il y aura donc bien un vote utile dans deux semaines qui ne saurait se résumer à un vote anti-Macron.

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 11/05/2019