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Agriculture | Pour ses 30 ans, Agrobio Périgord veut rendre la Dordogne encore plus bio

Lors de l'inauguration d'Agrobio Périgord ce mardi 21 mai

Agrobio Périgord a 30 ans d'existence. L'association mène un travail de terrain pour développer l'agriculture biologique avec plus de 400 adhérents. Le dynamisme qu'elle a su créer n'est pas étranger à ce qu'aujourd'hui, 900 producteurs bio sont installés en Périgord. Ce chiffre fait de La Dordogne le premier département de la Nouvelle-Aquitaine en nombre de producteurs. Cet anniversaire est marqué par l'installation dans des nouveaux locaux qui ont été inaugurés mardi 21 mai. Et l'association entend bien continuer l'aventure sans son directeur dont le départ est annoncé pour la fin de l'année.

30 ans, c'est le bel âge pour l'association Agrobio Périgord, qui a investi des nouveaux locaux, une ancienne conserverie, sur la commune de Coursac, en périphérie de Périgueux. L'inauguration a eu lieu ce mardi 21 mai en présence de nombreux partenaires. Dotée de 17 salariés, dont 13 sont basés à Coursac et 4 au pôle viticole de Bergerac, l'association fière du travail accompli au cours des trois dernières décennies, ne souhaite pas s'endormir sur ses lauriers et souhaite continuer à promouvoir  "une agriculture porteuse de sens, vertueuse sur le plan humain comme environnemental". Guy Forest et Nathalie Verdier, les deux présidents ont salué le travail réalisé depuis sa naissance en 1989. Aujourd'hui, 900 producteurs certifiés bio sont installés en Dordogne, ce qui en fait le premier département bio de la Nouvelle-Aquitaine en nombre d'agriculteurs. La surface agricole bio dans le département représente 27 000 hectares, juste derrière le Lot-et-Garonne. "Les chiffres sont de 2017, précise Emmanuel Marseille, directeur d'Agrobio Périgord. "L'an dernier, nous avons enregistré de nombreuses installations en Dordogne, si bien que nous avons sans doute dépassé nos voisins."
Si les responsables de l'association se réjouissent aujourd'hui que la prise de conscience sur l'environnement se généralise et leur donne raison sur l'urgence à préserver les ressources naturelles, protéger les espèces de l'extinction, sortir des pesticides et changer de modèle agricole, se pose la question du financement. Car ce déménagement et cette installation dans ces nouveaux locaux avec acquisition des bâtiments, sont un pari sur l'avenir de la bio locale.
Agrobio fonctionne avec un budget de 900 000 euros. Avec ses 14 salariés équivalent temps plein, c'est le groupement d'agriculture biologique le plus important au niveau national. L'an passé, le Conseil départemental a versé une subvention de 75 000 euros. L'association entend bien poursuivre la dynamique dans l'intérêt général.

Un lieu ouvert 

L’association veut défendre une agriculture bio, paysanne et cohérente dans un département "qui montre des signes d'orientation favorable à l'agriculture biologique". Elle souhaite faire de ses nouveaux locaux un espace ouvert et partagé avec ses partenaires. Ils accueillent ainsi le siège social d’associations telles que Pays’en graine, l’association des espaces tests agricoles, ou le collectif Les Pieds dans le plat. La plateforme Manger bio Périgord y tient ses réunions, la Maison des paysans y rencontre ses interlocuteurs. À terme, Agrobio souhaiterait constituer, avec d’autres partenaires, un pôle de l’alimentation et de l’agroécologie, permettant à un bon nombre d’acteurs d’être représentés.

Emmanuel Marseille fait chevalier dans l'ordre du mérite agricole

Mérite agricole

La médaille d'officier du mérite agricole a été remise mardi par le Président du Conseil Départemental, à Emmanuel Marseille, directeur d'AgroBio Périgord, pour son investissement dans la structure depuis 1996. Ce dernier a annoncé son départ de l'association en fin d'année. "J'ai en effet le projet de reprendre la brasserie artisanale de la Margoutie à Blis-et-Born. Je suis en discussion avec la communauté d'agglomération bergeracoise pour installer l'entreprise sur le site de l'Escat à Bergerac, et les cédants. J'ai envie de faire moi même ce que j'ai conseillé aux autres pendant plus de 20 ans. Cette production jouit d'une vraie notoriété et je pense que l'on peut passer la production de 300 hectolitres à 900 hectolitres en s'installant sur un nouveau site."

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude-Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 22/05/2019