Aqui.fr - Une publication d'Aqui!Presse Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà

Spécial | La transition agricole au cœur de la Conférence permanente

Alain Rousset et Dominique Graciet

Pour la troisième année consécutive, le Conseil régional a organisé, le 4 juin dernier, lors du Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine, la Conférence permanente de l’agriculture. Deux tables-rondes étaient au programme pour aborder les leviers et les freins à l’accélération et à l’accompagnement de la transition agricole mais également la thématique du biocontrôle avec la mise en place d’un cluster. « L’objectif de cette instance est de mener un travail prospectif visant à inventer et réinventer ces secteurs à l’horizon des deux prochaines décennies », selon le président de Région, Alain Rousset...

« Réinventons l’agriculture de demain ! » Tels ont été les propos introductifs du président Alain Rousset, en ouverture de la 3ème Conférence permanente de l’agriculture, le 4 juin dernier. Une Conférence dont l’objet portait principalement sur la transition agricole. Selon le chef de file régional, « nous sommes dans l’obligation, aujourd’hui, d’innover pour répondre aux exigences des consommateurs. Mais la difficulté pour la France, c’est qu’elle n’arrive pas à passer d’un modèle jacobin à un modèle girondin de la réforme. L’innovation est un besoin, encore faut-il savoir y apporter du sens ! » De son côté, Dominique Graciet, président de la Chambre régionale de l’agriculture et président du Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine estime qu’« aujourd’hui, le progrès technique ne suffit pas. A force de répondre techniquement à des injonctions qui sont beaucoup plus citoyennes et politiques, nous, agriculteurs, nous nous épuisons. Afin de changer de cap et de répondre aux exigences actuelles, nous avons besoin du soutien des collectivités et de l’Etat. »

S’ouvrir sur le monde de la recherche pour obtenir des solutions économiques
Après ces propos introductifs deux tables-rondes prirent place pour illustrer cet argumentaire. Parmi les intervenants présents, François Bonnet représentant de la filière caprine a mentionné l’existence d’un réseau de Recherche-Développement-Formation au service de la filière et du territoire. « Les enjeux de Recherche et Développement sont de permettre aux éleveurs de vivre de leur métier, de valoriser le lait et les produits caprins et, enfin, de répondre à la demande des consommateurs et citoyens en innovant dans des démarches qualitatives et en tenant compte de l’environnement. » Et l’innovation fut bien le maitre-mot des échanges de cet après-midi de conférences. En effet, François Bonnet a précisé que « les systèmes alimentaires caprins ont évolué dans le temps et évolueront encore dans les prochaines décennies. Ainsi, aujourd’hui, nous devons fournir à chaque éleveur, en fonction de sa situation, des références et des outils pour progresser dans la valorisation de l’herbe, en l’accompagnant dans la mise en place de ces innovations techniques ». Ce dernier a également tenu à mentionner l’existence d’élevages bio de caprins. « Tout le monde disait que le bio chez les caprins, ce n’était pas la peine, car trop compliqué. Alors que c’est possible ! Il faut simplement une politique bio éco durable avec une rémunération équitable. » Lancelot Leroy, directeur innovation et développement de la coopérative Terrena, lui, est entré dans « l’agriculture écologiquement intensive en s’ouvrant sur le monde de la recherche pour avoir des solutions économiquement viables pour le monde agricole, avec les enjeux sociétaux, la diminution des pesticides, le bien-être animal et le biocontrôle notamment ».

Cluster Biocontrôle
Et justement en matière de biocontrôle, le Cluster « Biocontrôle et Biosolutions » a été officiellement lancé et signé lors de cette Conférence permanente. Présidé par Olivier Guerret, directeur de M2i Biocontrol, il a pour objectif de fédérer un maximum d’acteurs du biocontrôle, de mutualiser les outils et les initiatives à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine dans les filières végétales et animales pour devenir un levier « important » dans la transition agricole et notamment pour la réduction des intrants chimiques. Ce GIE de la transition écologique met en lumière les modalités de collaboration entre trois industriels que sont OLMIX, ELICIT Plant et IMMUNRISE, l’Etat et la Région.

Sybille Rousseau
Sybille Rousseau

Crédit Photo : SR

Publié sur aqui.fr le 06/06/2019