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Spécial | Japon à l'honneur : le pays du Soleil levant colore le Salon de l'Agriculture Nouvelle-Aquitaine

stand japon

Cette année, le Japon est mis à l'honneur et l'exposition colorée attire l'oeil : photos, colliers et harnais enseignent aux visiteurs la vie et l'utilisation des chevaux de trait de l'autre côté du globe. Débardage, travail dans les vignes ou courses et festivals, le cheval de trait fait un retour en force au pays du soleil levant.

En plein essor au Japon, les chevaux de traits Percherons et Bretons, exportés à la fin du 19ème siècle par des éleveurs français, font leur grand retour au sein des municipalités et des exploitations agricoles. Ils viennent remplacer les races indigènes de poneys tels que le Dosanko, le Kiso, le Taishu ou le Yonaguni. 

"Le savoir-faire a été quasiment perdu à cause de la mécanisation, et, par le biais de l'association, nous essayons de le faire revivre, particulièrement dans les rizières. Le débardage en forêt ou dans les vignes est reparti à la hausse mais la plus grosse utilisation des chevaux de trait reste pour les courses et non pour la viande, contrairement à ce que le public pense" explique Virginia Kouyoumdjian qui travaille en lien avec la SFET (Société Française des Equidés de Travail). L'exposition a pour objectif de faire connaître les diverses utilisations des chevaux de trait aux visiteurs mais aussi de leur enseigner les coutumes auxquelles ces derniers prennent part, très populaires au Japon. 

Ban'Ei : des courses très populaires

Les courses de Ban'Ei prennent leur origine dans les festivals ruraux où les paysans mesuraient la force de leurs chevaux. Ce n'est qu'après la guerre, en 1946, que les courses avec paris sont vraiment établies dans le pays. Ban'Ei, signifie tirer, et les chevaux concourent dès deux ans avec un atelage de 500kg. Le poids augmentant avec l'âge, les traineaux peuvent atteindre jusqu'à une tonne. Sur une piste de 200m comprenant deux buttes, le gagnant est celui dont l'arrière de l'atelage franchi en premier la ligne d'arrivée. Les chevaux naissent dans des élevages au nord du pays et c'est sur le site d'Obihiro que près de 700 d'entre eux y prennent part jusqu'à leur 10 ans. Entraineurs et jockey se regroupent autour du champ de course et le site fonctionne comme une véritable petite ville. 

De 27 à 60 ans, les jockeys et leurs montures prennent part à trois courses par semaine avec une pause début d'avril. Le grand champion historique, l'étalon de trait Kintaro, a gagné 32 des 108 courses auxquelles il a participé, pour un gain total de près de 900 000e. Les croisements entre traits et Belgians venus des Etats-Unis, produisent des chevaux de plus en plus grands mesurant jusqu'à 1m90 au garrot. Les japonais étant de grands parieurs, ces courses sont devenues une véritable institution.

stand japon

Et si ces festivals, dont le plus connu et le plus rassembleur est celui de Chagu Chagu Umakko au nord du pays, ont contribué à faire vivre les chevaux de traits au Japon leur utilisation en agriculture ayant été quasiment perdue, le savoir-faire au niveau de la fabrication de sellerie n'a, de ce fait, pas perduré. C'est alors que colliers et harnais français commencent à habiller les chevaux japonais. "Chez nous, on ne connait que la sellerie de débardage, sobre, noire ou marron. Là-bas, la sobriété n'est pas de mise ! Rose, vert, jaune... Tout est coloré. Et les parures d'apparat pour les festivals peuvent peser jusqu'à 60kg. Elles sont de véritables trésors pour les familles qui en sont propriétaires." détaille Virginia. Sur 13km, près d'une centaine de chevaux défilent d'un sanctuaire à l'autre pour célébrer les vaillants équidés, dans la continuité des actions de grâce pendant lesquelles les japonais remerciaient les dieux et priaient pour la santé des animaux. Les soieries et clochettes dont le tintinabulement ("chaguchagu") a donné le nom au festival, réuni familles et villages entiers. Le festival annuel a d'ailleurs lieu le deuxième samedi de juin et trouvera son écho au Salon qui partage, via l'exposition, un petit bout des couleurs du pays du soleil levant. 

Sabine Taverdet
Sabine Taverdet

Crédit Photo : Sabine T

Publié sur aqui.fr le 07/06/2019