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Société | Visite guidée dans le nouveau Bergonié

François-Xavier Mahon

L’Institut Bergonié vient d’ouvrir les portes de son nouveau bâtiment de 10 000 m2 consacré exclusivement à la chirurgie. L’accès à cette extension se fait par une entrée moderne, située cours de l’Argonne. Une réorientation vers la ville « hautement symbolique », d’après son directeur général François-Xavier Mahon. Ce mercredi 12 juin, ce dernier a rondement mené la visite du pôle Josy Reiffers. Il sera officiellement inauguré en septembre 2019, en présence du maire de Bordeaux, Nicolas Florian, et de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Des bulles, des bulles, et encore des bulles. De l’habillage au sol, le tout nouveau pôle Josy Reiffers de l’Institut Bergonié pétille comme du champagne. Il est en effet entouré d’une paroi métallique percée de multiples ronds et toute la signalétique au sol est écrite dans des cercles colorés. Dans la ville du vin, les bulles pourraient dénoter. Et c’est tant mieux pour François-Xavier Mahon, directeur général de l’Institut Bergonié depuis 2016. Il souhaite que la construction de cette aile soit synonyme d’une nouvelle ère pour l’hôpital.

Finis les néons blafards, vive la couleur ! Les murs blancs laissent leur place à des tons crème plus chaleureux et à un dégradé oscillant entre le rose et le vert suivant les étages. La visite démarre par le rez-de-chaussée où se trouve la nouvelle entrée donnant sur le cours de l’Argonne. Des écrans tactiles pour prendre rendez-vous y sont déjà installés. « Un piano va aussi nous être donné bénévolement pour l’y mettre », confie François-Xavier Mahon. Les grandes vitres donnent sur un jardin que le directeur envisage d’aménager « comme un petit village », avec des installations sportives et un potager.

« Je suis encore un peu perdue »

Un coup d’ascenseur et voilà le premier étage, consacré aux consultations. « Je suis encore un peu perdue, mais je vais m’adapter », murmure une dame âgée qui échange quelques mots avec François-Xavier Mahon. « Ding », au deuxième, les choses sérieuses commencent avec la chirurgie conventionnelle. L’unité de surveillance des patients qui viennent d’être opérés se trouve au 3e. « Nous avons essayé de faire le plus possible de chambres individuelles, même s'il y a des patients qui demandent encore du collectif », avance le directeur, tout en se réjouissant de montrer qu’un lit peut sortir d’un placard pour les personnes qui viennent voir les malades.

Au dernier étage se trouve la salle d’opération, munie d’un scanner. « Ce bâtiment est dédié à l’intervention, et particulièrement à la radiologie interventionnelle, une nouvelle technologie qui permet de voir et de traiter le patient en même temps de manière plus ciblée, même si la chirurgie reste le principal moyen de traiter le cancer », développe celui qui était avant chef de service en hématologie au CHU de Bordeaux.

Dix ans de maturation

Le projet remonte à plus de dix ans. Le nouveau pôle prend d’ailleurs le nom de son initiateur, Josy Reiffers, ancien directeur de l’Institut Bergonié. Après moult tergiversations, notamment concernant le « business plan », le chantier démarre véritablement en janvier 2017 pour un coût de 33 millions d'euros. « Ce nouveau bâtiment permet de réorganiser tout l’hôpital plus logiquement : toute la pathologie sera dans l’hôpital de jour, et l’oncologie dans une autre aile », précise François-Xavier Mahon.

À côté des préoccupations financières, la liaison entre le neuf et l’ancien a aussi été à l’origine de difficultés pour l’Institut. « Nous avons finalement opté pour une passerelle centrale, avec des puits de lumière pour maintenir la confidentialité », complète-t-il. Une extension du sous-sol, consacré à la radiothérapie, a aussi été réalisée sous le nouveau bâtiment.

Avec le pôle Josy Reiffers, le centre de lutte contre le cancer de Nouvelle-Aquitaine ambitionne, aussi, de développer son rayonnement sur la ville, et particulièrement auprès des jeunes. « Nous avons un rôle de prévention nécessaire symboliquement, contre le tabac, la malbouffe, l'alcool, mais aussi sur la nécessité de faire du sport », plaide celui qui a déjà accueilli les élèves de l’école voisine Saint-Genès il y a un mois et demi. L’ouverture est enfin un moyen de faire connaître les travaux de recherche clinique réalisés au cœur de l’Institut, qui n’accueille pas moins de 60 000 patients tous les ans, pour une quinzaine de chirurgiens présents.

Alix Fourcade
Alix Fourcade

Crédit Photo : Alix Fourcade

Publié sur aqui.fr le 14/06/2019