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Economie | Plan Maryse Bastié : une force coopérative

Alain Rousset entouré des acteurs clés de la filière aéronautique

70 000 emplois directs, 900 établissements industriels, 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires dont 60 % à l’export, 20 milliards d’aides votées pour le développement de la filière, 2ème région d’implantation des forces armées et 3ème région d’implantation des industriels de la Défense. Tels sont les chiffres clés de la filière Aéronautique Spatiale Défense qui placent la Région Nouvelle-Aquitaine au 3ème rang des régions ASD de France. Mais aujourd’hui, « cette filière fait face à de nouveaux défis auxquels nous devons répondre notamment en consolidant les acteurs et les nouveaux acteurs qui disruptent les technologies mais aussi les modèles économiques », souligne Alain Rousset, le président de Région, le 18 juin au matin, au sein du Chalet Nouvelle-Aquitaine érigé au cœur du 53ème Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace (SIAE) de Paris-Le Bourget…

C’est donc unie avec tous les acteurs du territoire que « la Région Nouvelle-Aquitaine va affronter les nombreux défis de la filière Aéronautique et Spatiale de demain allant de la production industrielle à une redéfinition globale de la mobilité ». Tels sont les mots introducteurs du chef de file de l’exécutif régional, Alain Rousset, en ce mardi 18 juin, au sein du Salon du Bourget. Entouré de Yann Barbaux, président d’Aerospace Valley, de Patrick Corbeau, membre du GIFAS -Groupement des Industries françaises Aéronautiques et Spatiales -, des représentants de BAAS -Bordeaux Aquitaine Aéronautique et Spatial-, de l’UIMM -Union des Industries et Métiers de la Métallurgie-, de Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine et d’écoles d’ingénieurs, Alain Rousset a rappelé les grandes lignes du Plan Maryse Bastié, véritable feuille de route de la filière pour les années à venir.

Coopération
Un plan présenté à plusieurs voix afin de montrer « la coopération indispensable » pour atteindre les objectifs fixés. Quatre axes prioritaires se dégagent de ce plan : ‘Succès’ pour la croissance, la consolidation des entreprises et de la chaîne de valeur ; ‘Excellence’ dans son positionnement national, européen et international ; ‘Talents’ pour attirer, ancrer les talents et s’ouvrir à de nouveaux profils et enfin, ‘Dynamisme’ dans l’animation de son écosystème d’innovation pour favoriser l’ouverture de la filière. Pour chacun de ces axes, la Région a bien l’intention de s’appuyer sur les forces vives du territoire, d’où la présence de tous ces acteurs autour d’elle en ce 18 juin. Mais, aujourd’hui, l’un des grands défis immédiats du secteur est celui du recrutement de main d’œuvre hautement qualifiée. D’après le GIFAS, les profils recherchés sont principalement des ingénieurs de production, de gestion industrielle, des ingénieurs électroniques de puissance, de conversion d’énergie, de batteries ou encore des ingénieurs dans le domaine de la digitalisation, des systèmes embarqués… « Chaque année, la filière a besoin de recruter 15 000 nouveaux professionnels », selon le représentant de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie. L’Union s’est donc engagée à suivre deux lignes directrices : l’accompagnement des PMI sur le développement industriel et la formation pour travailler sur les compétences. « Notre objectif est véritablement de faire progresser le tissu industriel de notre territoire » assure l’UIMM. Même son de cloche du côté de BAAS, « nous répondons pleinement aux axes ‘Succès’ et ‘Talents’ de ce plan Maryse Bastié, précise Bordeaux Aquitaine Aéronautique et Spatial, car notre dessein est bien celui d’attirer les jeunes vers la filière pour pallier au manque de main d’œuvre. »

Des formations pour répondre aux besoins
Lors du lancement officiel de cette feuille de route, trois écoles d’ingénieurs avaient fait le déplacement. Ludovic Busson, président d’ESTACA assure que 85 % de ses étudiants sont placés avant l’obtention de leur diplôme. « Aussi, en 2 ans 1/2 nous sommes passés de 250 à 300 diplômés. » En 2021, une extension des locaux sortira de terre afin d’accueillir 500 étudiants. Une école qui s’intègre pleinement dans les projets de la Région grâce notamment à ses pôles de recherche qui répondent aux besoins de l’usine du futur 4.0. « La formation ingénieur aéronautique prépare les étudiants aux challenges actuels et futurs de la filière aéronautique. Allègement des appareils, réduction des émissions polluantes, augmentation des capacités des avions, développement et intégration des commandes électriques : l’innovation est permanente pour les ingénieurs qui œuvrent dans le secteur aéronautique afin de concilier performances économiques et techniques en toute sécurité ».
Autre école présente, l’ENSMA de Poitiers. Longtemps décriées à tort, des formations en apprentissage vont fleurir au sein de l’école. « Nous avons décidé d’ouvrir l’école aux postbac afin de répondre à un besoin très fort. » Même discours pour Jean-Luc Berard DRH du Groupe Safran et membre du GIFAS, qui « reste convaincu que l’apprentissage est le meilleur moyen de connaître l’entreprise et ses métiers pour s’y intégrer. Cela manque beaucoup au système éducatif français en général. » Enfin, une 6ème école d’ingénieurs va voir le jour en septembre prochain à Bordeaux sur le site même de l’INP, il s’agit de l’ENSPIMA, spécialisée dans le domaine de l’aéronautique, du spatial et de la défense. Pour Marc Phalippou, directeur général de Bordeaux INP, « aujourd’hui il est indispensable d’optimiser le fonctionnement opérationnel de la production et de la maintenance en tirant parti des méthodes agiles et des technologies numériques : robotique collaborative, intelligence artificielle, réalité augmentée, internet des objets… Formé à ces nouvelles technologies, l’ingénieur ENSPIMA saura les intégrer aux activités de maintenance aéronautique qui constituent son cœur de métier ». En septembre prochain, 24 étudiants composeront la première promotion de l’ENSPIMA. Grâce à ces trois nouvelles entités, « 300 ingénieurs supplémentaires par an devraient sortir de ces écoles », assure Alain Rousset. Et de conclure en martelant que « tout le monde est embarqué dans ce projet commun afin d’établir un écosystème de confiance avec les industriels. »

Sybille Rousseau
Sybille Rousseau

Crédit Photo : Sybille Rousseau

Publié sur aqui.fr le 19/06/2019