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Politique | Fabien Robert: le politique peut changer le monde !

Fabien Robert

Ecrit en trois mois, en collaboration avec Hervé Mathurin, ce livre d’un jeune homme politique bordelais, pourtant déjà très expérimenté, dans un univers municipal particulièrement mouvementé, sentait évidemment le énième programme masqué pour une campagne à la mairie de Bordeaux qui s’annonce particulièrement ouverte. Et tous les journalistes présents à la présentation de ce livre par son auteur, ont immédiatement sauté le pas pour aller directement à ce qui préoccupe tous ceux qui s’intéressent à la vie de la cité phare : l’après Juppé en 2020.

Donc, nous n’aurons pas échappé aux interrogations sur « les alliances possibles, voire naturelles et légitimes pour lui, entre En Marche, le Modem (dont il est le président départemental) et les LR Macrocompatibles, au pouvoir à la Mairie de Bordeaux ».

Continuer le travail de réveil qu'a réussi Juppé

Il n’éludera d’ailleurs pas le sujet en disant clairement que les trois groupes sont « Bordeauxcompatibles » et ont des projets, des valeurs et une envie communes. Seul, le parachutage Parisien de monsieur Cazenave lui semble incongru et, même,  résultant du fameux ancien monde politique. « Nous avons tous les talents, dans ces groupes, et pourquoi pas avec certains verts constructifs, pour continuer et même améliorer, le travail de réveil qu’a réussi Alain Juppé ».

Pour lui la seule vraie question est de savoir si cette famille se regroupera au premier ou au deuxième tour. Il préférerait « au premier, mais bien malin qui pourrait dire, en juin 2019, ce que se passera en 2020 » dit-il avec une gourmandise que n’aurait pas reniée Alain Juppé.

C’est en politique expérimenté, mais sans langue de bois, qu’il répondra à la question de l’impact de l’élection municipale à Bordeaux sur la Communauté Urbaine. Et là aussi la ligne est claire : il croit en la cogestion Métropolitaine « qui a fait ses preuves en termes d’efficacité, de stabilité et de respect de toutes les villes quelle que soit leur taille ».

Les expériences Chaban/Sainte-Marie, ou Juppé/Anziani sont des réussites, mais il ajoute: « le monde change, jusque dans notre beau Sud-ouest. Le PS est en phase de disparition. Une vague En Marche fait partie du domaine des possibles. Mérignac sera probablement l’une des villes dirigée par En Marche, comme quelques autres. Et cette culture de cogestion, menée par l’attelage de ces deux grandes villes, ne changera que les noms, pas la culture. L’important est de conserver cette solidarité territoriale. Et sûrement même, sans toucher à l’Institution, la rendre plus solidaire avec les territoires extérieurs à Bordeaux Métropole. C’est de notre responsabilité de faire bénéficier de la réussite actuelle de la métropole toutes les communautés qui nous entourent. »

Dans ce livre d’entretiens, les amoureux de la petite histoire vont aussi retrouver de nombreuses tranches de vie entre un élu passionné et fougueux, les mains dans le cambouis du quotidien, et un monstre sacré de la politique française, formé à l’ancienne, fidèle au delà des limites, et qui pourtant avait déjà senti ce monde qui basculait. Il était d’ailleurs lui-même en train de se transformer en acteur clairvoyant de ce nouveau monde.

De ce que l’on en lit, et malgré toutes les différences qui auraient pu les séparer, ces deux là s’étaient rencontrés, s’étaient reconnus et se respectaient. La preuve en est que les directives qui ont été laissées sur le bureau du maire (bien naïfs seront ceux qui croient le contraire) retrouve l’auteur premier adjoint. Et du pain sur la planche.

Cette partie plus intime de l’histoire se lit force détails, heure par heure, du départ d’Alain Juppé. La sidération envahissant les acteurs, puis les appétits s’aiguisant et, heureusement, la réussite parfaite de la gestion de la transition par le patron, déjà parti, mais encore au service fantôme de Bordeaux par sa maîtrise du « passage de témoin inopiné » sera aussi un moment de lecture savoureux.

Et pourtant…

Et pourtant, ce qui a été le plus émouvant dans la rencontre, c’est la passion. Oui, c’est un livre politique, oui, il y a peut-être une (petite) part de préparation à la suite, mais ce qui ressort le plus fortement c’est l’envie que Fabien Robert veut transmettre à tous de s’intéresser à la chose publique. Quel qu’en soit le lieu, quel qu’en soit le niveau, quel qu’en soit l’âge, il invite tous ceux qui le veulent bien à venir construire la vie d’aujourd’hui et le monde de demain.

Et c’est quand il aborde ce sujet que l’on sent le plus d’émotion dans son écriture. Le monde dans lequel l’on vit est le reflet des hommes qui l’ont fait. Si les hommes se désintéressent de la politique, ils n’obtiendront qu’un monde fait par d’autres, qui n’aura que peu de chance de leur plaire.

Les politiques d’aujourd’hui ne sont pas aimés, et « les partis paient aujourd’hui leur mode de fonctionnement clanique, la corruption qu’ils ont parfois laissé se développer et leur manque de réflexion et d’idées neuves » affirme-t-il.

Et l’on sent son désarroi car sa conviction, c’est que la cité appartient à ses habitants. Or, ceux-ci, tout en décriant toutes les décisions, se détournent de leur devoir : être acteur des décisions communales.

C’est en cette partie où l’on sentira la vraie sincérité de l’acteur engagé depuis ses seize ans dans l’associatif puis dans le politique. L’envie de changer les choses et d’améliorer la vie des citoyens. De redonner ses lettres de noblesses à la notion de service public, de service pour le public. Son premier mentor, François Bayrou, lui avait dit que « la vocation politique c’est l’engagement au service des autres ». Il semble qu’il en ait fait son choix de vie.

Son deuxième, Alain Juppé, lui promet de belles années devant lui. Mais au détour d’une page, Fabien Robert émet une conviction sur un homme qu’il n’a pas connu, mais qu’il admire : Jacques Chaban-Delmas. « En vérité, je crois que la première ambition de Chaban était de nous rendre heureux ».

Il semblerait que finalement, si l’auteur s’est engagé en politique, s’il invite le plus grand nombre de citoyens à le faire aussi, c’est avec ce programme politique d’une ambition démesurée mais tellement indispensable : rendre les gens heureux.


B.S

Fabien ROBERT : « Pourquoi je crois en la politique » Edition ATLANTICA 14€50

Une présentation publique du livre lundi 24 juin, à 19 heures, cour Mably, à Bordeaux. Sortie en librairie le même jour.

 

 

 

B.S
B.S

Crédit Photo : RB

Publié sur aqui.fr le 21/06/2019