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Société | Ecole et handicap : Des aides et un accueil pour les familles dans chaque département

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Offrir à chaque enfant en situation de handicap une rentrée scolaire similaire à celle de tous les autres enfants, quel que soit le territoire dans lequel il vit. C'est l'objectif ambitieux du gouvernement et du ministre Blanquer qui promet des moyens supplémentaires. Le Recteur de l'Académie de Bordeaux, Olivier Dugrip était en Dordogne ce lundi. Il a présenté les nouvelles mesures pour une école inclusive et inauguré la cellule d'écoute à destination des familles mises en place dans tous les départements. En Dordogne, celle-ci est opérationnelle et s'engage à apporter une réponse sous 24 heures.

Tous les parents d'enfants en situation de handicap ont un jour rencontré des difficultés dans leurs démarches pour que leur fille ou fils aille à l'école : ces difficultés peuvent être administratives, liées à l'organisation entre les soins et le temps scolaire, à la présence ou non d'une aide humaine ou de besoins en matériels. Depuis quelques jours, une cellule départementale d'écoute est à disposition des familles. Mise en place dans tous les départements, elle fonctionnera jusqu'aux vacances de la Toussaint. Joignable en Dordogne sur deux numéros dédiés, 06 34 58 51 02 ou 05 53 02 84 21, sa mission sera d'apporter des réponses sous un délai de 24 heures pour toute question ou difficulté liée à la scolarisation d'un enfant en situation de handicap, avec un objectif d'accompagnement sous 48 heures.  Cette cellule comporte aussi une adresse mail dédiée : ecoleinclusive24@ac-bordeaux.fr. Cette disposition concrète, qui suscite pas mal d'espoir chez les parents concernés, fait partie des nouvelles mesures dans le cadre de l'école inclusive.
Olivier Dugrip, le Recteur de l'Académie de Bordeaux, est venu les présenter lundi en Dordogne, au cours d'un temps d'échanges avec des personnels de la Direction départementale des services de l'éducation nationale, des représentants d'associations de parents d'élèves, des élus, des professionnels de santé.  "Notre ambition est d'instaurer un dialogue permanent entre les familles, les équipes enseignantes, le service départemental de l'école inclusive tout juste né, de créer davantage de proximité. Notre devoir, c'est de faire mieux", indique le Recteur d'Académie. 
En Dordogne, comme ailleurs, le nombre d'élèves en situation de handicap atteint 1769, un chiffre en constante augmentation et on assiste à une progression plus sensible dans le second degré ces dernières années : 1114 élèves sont accompagnés.

 Après celle de 2005, une nouvelle loi en faveur de l'élève handicapé

Entre 2005 et 2018, le nombre d’élèves scolarisés en situation de handicap est passé de 118 000 à 340 000, dont 166 000 qui bénéficient d’un accompagnement (AVS, AESH). "Le Gouvernement a tenu à renforcer son action en faveur d'une école inclusive avec une augmentation importante du budget. Dans la loi pour une école inclusive, 25 mesures sont ainsi consacrées au renforcement de cette école accessible à tous. Exemple, dès la rentrée 2019, les accompagnants seront recrutés sous contrat de droit public, en CDD de 3 ans, renouvelable une fois et permettant ensuite d’accéder à un CDI. L'idée est de limiter les contrats courts. Elles bénéficient désormais de 60 heures de formation avec une partie effectuée par l'Agence régionale de santé, car ces personnes peuvent se trouver confronter à des handicaps très divers, de type physique, cognitif, appartenant au champ des troubles du spectre autistique. Elles seront intégrées au sein de l'éducation nationale. L'autre mesure est la mise en place des pôles inclusifs d’accompagnement localisés” (PIAL). En Dordogne, ils seront au nombre de dix neuf, explique Jacqueline Dubois, députée et membre de la commission des affaires culturelles qui travaille sur le sujet. Elle préside une commission d'enquête d'évaluation de la loi de 2005. Jacqueline Dubois, au cours de cet échange, a beaucoup insisté sur la nécessité de formation des enseignants, reconnaissant que certains se trouvaient démunis face à certaines situations et sur le développement des interactions entre le secteur médico social et l'éducation nationale. Exemple, un orthophoniste ou un ergothérapeute qui suit l'élève ne peut pas facilement intervenir dans le lieu où est scolarisé l'enfant. De nombreux freins subsistent. 

En Dordogne, 19 PIAL 

En Dordogne, 19 PIAl seront créés pour 38 collèges . Sous ce sigle qui signifie Pôle inclusifs d'accompagnement localisés, correspond en réalité une nouvelle organisation des procédures d'accompagnement. Selon Olivier Dugrip, ces pôles devront « coordonner les moyens humains dédiés à l’accompagnement. L'idée est de permettre un accompagnement au plus près des besoins de l'enfant en situation de handicap. On change de philosophie  avec l'idée que chaque enfant handicapé qui en a besoin aille à l'école et qu'un AESH formé l'attend."
Dans cette nouvelle organisation, les AESH seront désormais affectés sur un secteur géographique. Dans ce cadre, l’accompagnement humain mutualisé est désormais le principe avec un point essentiel, travailler en lien avec la MDPH. Ce point inquiète de nombreuses familles. Les AESH devraient s'occuper de deux ou trois enfants au lieu d'un seul : actuellement 76 % des élèves accompagnés le sont à titre individuel. Autre sujet d'inquiétude, en Dordogne, on compte 850 AESH et la MDPH a reçu cette année 200 nouvelles demandes d'accompagnement non traitées à ce jour. Il est donc peu probable que chaque enfant ait son aide humaine à la rentrée même si on assiste une augmentation sensible des moyens.

A la rentrée, en Dordogne il est en outre prévu l'ouverture d'une deuxième classe d'enseignement maternelle pour enfant autiste, sur l'école des Maurilloux à Trélissac, deux Ulis collège ouvrent à Neuvic et à Thiviers, ainsi qu'une Ulis (unité locale d'inclusion scolaire) école Saint- Médard de Mussidan. Un poste de chargé de mission "gestion des élèves à conduite troublée) est également créé. Reste à savoir comment ces nouvelles mesures seront accueillies par les enseignants, les AESH qui aspirent à moins de précarité et les familles dont la scolarisation de leurs enfants est souvent un vrai combat.

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : archives Claude-Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 27/06/2019