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Edito | La volte-face du président du MEDEF

C'est ce que l'on appelle une volte-face. Et comme la langue française est riche de nuances infinies j'ai cru utile de consulter le « Robert » : Action de se retourner complètement : faire volte-face Fig: Changement subit d'opinion. Donc il ne peut y avoir de doute : le président du MEDEF Geoffroy Roux de Bézieux a changé d'opinion en renonçant au débat sur le populisme qu'il avait décidé d'organiser à l'Université du patronat en août prochain, en y invitant, entre autres extrêmes, Marion Maréchal-Le Pen. Il faut dire que la représentativité de la petite fille du fondateur du FN, qui n'a plus aucun mandat électif, semblait participer beaucoup plus du désir de chercher le « buzz » que de faire éclore la vérité sur le populisme.

 

La stupéfaction, assortie d'une manière de tollé, la vive réaction de Laurence Parisot, l'ancienne présidente du MEDEF, qui naguère avait coupé court à toute relation avec le FN, ne sont sans doute pas étrangères à la marche arrière précipitée d'un homme que l'on ne savait pas disponible pour donner une tribune à l'extrême droite...Mais il est vrai que depuis que nombre d'élus « Les Républicains » ne dédaignent pas causer avec Marion Maréchal, peut être moins sulfureuse que sa tante Marine, une partie de la droite et l'extrême droite font ami-ami pour se parler des échéances prochaines. Et, ceci, tandis que la jeune femme, dans son école privée lyonnaise, entreprend de former les cadres d'un mouvement politique qui fascine quelques doctes idéologues qui gravitaient, il n' y a pas si longtemps, dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, les Buisson et autre Guaino.

Cet épisode ne prêterait pas à grande polémique s'il ne venait confirmer la banalisation d'idées qui font recette, cette version française d'un populisme qui fait des ravages en Europe et dont l'Italie de Matteo Salvini est le théâtre et la Hongrie de Viktor Orban le laboratoire. Et qu'il faudrait se garder de pointer du doigt, au nom des injustices et des fractures d'une société que la crise des Gilets jaunes a mises sur le devant de la scène, et que seule la préférence nationale et un conservatisme pur et dur pourraient réparer.

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 29/06/2019