Aqui.fr - Une publication d'Aqui!Presse Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà

Métropole | Nouveau protocole de coopération entre Bordeaux Métropole et Limoges

Signature protocole coopération Bordeaux - Limoges

Le projet avait été initié par Alain Juppé. Après sa démission « surprise » en février dernier, le nouveau maire, Nicolas Florian, a repris son idée. Celle d'une coopération entre Bordeaux Métropole et la Ville de Limoges, qui souffre de son enclavement. A en croire les élus présents lors de la signature du protocole de coopération, ce mercredi 3 juillet, les deux villes auraient beaucoup à y gagner. Bordeaux poursuit son projet d'ouverture aux villes moyennes, initié en 2014, et met à présent le cap vers l'Est.

« L'alliance des territoires c'est la vraie démarche anti-fracture » assure Mylène Villanove, conseillère municipale déléguée en charge des relations territoriales. Dans un contexte où l'on ne peut ignorer la fracture territoriale, souvent à l'origine de la fracture sociale, la coopération entre communes apparaît d'autant plus essentielle. Pour la conseillère, « La réciprocité est au cœur de notre action publique ». Les protocoles sont adaptés à chaque ville-partenaire. Ici, l'objectif est de tisser des liens entre Limoges, Bordeaux Métropole et la Ville de Bordeaux sur les domaines de l'urbanisme, de la culture et de la mobilité.

Culture et urbanisme en lignes de mire

Pour Patrick Bobet, président de Bordeaux Métropole, les deux villes peuvent se prêter main forte en terme de développement urbain. Si elles partagent leur statut de capitales (respectivement de la Gironde et du Limousin), Limoges n'a pas encore eu l'occasion d’accueillir toutes les expériences dont a pu bénéficier Bordeaux. « Le plus intéressant, c'est que notre expertise, notre histoire, puisse servir votre histoire, que nous puissions travailler ensemble » explique Patrick Bobet.

Mais le partenariat devrait être aussi culturel. En effet, les deux agglomérations ont été inscrites au patrimoine culturel de l'UNESCO et se distinguent par leurs statuts de Villes d'arts. Des relations en ce sens sont donc à prévoir : mise en commun de spectacles d'opéra, et pourquoi pas échanger sur les biennales qui ont lieu dans les deux villes, la fête du vin et la fête du fleuve pour Bordeaux et la manifestation « Toques et Porcelaine » à Limoges. Le président de la Métropole, en tout cas, ne l'exclue pas.

Un axe routier entre Limoges et Langon

Au delà de ces questions, la coordination sur la mobilité et les infrastructures semble être la plus attendue. L'idée, qui avait déjà été évoquée par le passé, est celle de la construction d'un barreau autoroutier qui relierait Limoges à Langon. L'objectif : « mieux connecter les deux villes » comme l'annonce le maire de Bordeaux mais aussi, et surtout, dégager la rocade bordelaise. Un partenariat qui présenterait donc un double intérêt, comme le souligne Nicolas Florian : « l'intérêt pour la métropole bordelaise c'est de décongestionner sa rocade, l'intérêt pour Limoges c'est d'être désenclavée ».

Patrick Bobet est plus prudent sur ces questions. Il évoque « un groupe de réflexion » qui devrait voir le jour à la rentrée de septembre pour évaluer si ce projet de barreau routier est encore utile et opportun. Pourtant, les élus semblent tous d'accord. Seul point qui fâche : l'opportunité de construire, une fois encore, un axe autoroutier, à l'heure où l'urgence climatique commence à se faire sérieusement sentir. Pour Nicolas Florian, maire de Bordeaux, il s'agit avant tout d'une histoire de pragmatisme. « Il faut aller vers plus de rail mais vous ne mettrez pas physiquement tout le fret autoroutier sur du rail » déclare-t-il, « Concilier TER, fret et lignes à grande vitesse sur les mêmes lignes ne sera pas possible. » Pour lui, tant que nous n'aurons pas trouvé de substitut à la TICPE, la taxe sur les produits énergétiques dont les carburants, anciennement TIPP, qui représente le 3ème poste de recette du budget de l'état, le problème restera le même. Élargir un barreau routier qui existe déjà apparaît alors comme la seule solution « raisonnable », d'autant plus que les camions pollueront moins en roulant plus vite, sur des voies désengorgées. « Aujourd'hui, où on crève complètement avec cette pollution aux particules fines, ou on réfléchit à la diminuer » conclut Emile-Roger Lombertie, maire de Limoges. Le développement du fret par le rail ne semble pas encore être à l'ordre du jour.

Sarah Dumeau
Sarah Dumeau

Crédit Photo :

Publié sur aqui.fr le 04/07/2019