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Culture | Rencontre avec "le Bal Chaloupé"

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Ils sont cinq et arborent tous plus ou moins le même uniforme composé d'un bas de survêtement, de lunettes de soleil et d'une casquette colorée. Sous la chaleur écrasante de ce mois de juillet caniculaire, ils se reposent avant, le soir venu, de faire danser les foules au festival de journalisme de Couthures-sur-Garonne. Originaires des quatre coins de la région, les musiciens du Bal Chaloupé veulent « faire respirer les gens en faisant de la musique qui peut les questionner » selon Thomas, guitariste du groupe.

Un lot-et-garonnais, plusieurs girondins, quelques landais... ils n'en fallait pas plus pour former le Bal Chaloupé. Ils se rencontrent au Parti Collectif, un groupe composé d'artistes bordelais et uzestois issus de différentes formations. Ensemble, les cinq musiciens font du « Tropical Voltage Dancing », leur musique à eux, un savant mélange de jazz, de mélodies venues d'ailleurs et d'électro bien rythmé. Leurs influences sont multiples. Thomas, le guitariste, Brice, le saxophoniste et Simon, le batteur, ont fait le conservatoire de jazz. Gabriel a aussi une formation jazz bien qu'il ait toujours aimé le rock'n'roll : « J'ai commencé la guitare pour ACDC » confie-t-il. Si ce bagage technique transparaît dans leurs musiques, le groupe aime aussi à piocher dans différents styles. Du biguine, cette musique venue des Antilles qui pourrait être l'ancêtre du jazz, au Merengue dominicain en passant par la Cumbia colombienne, tous ces genres se mélangent pour former le Bal Chaloupé.

Une musique à écouter sur scène

Ce qui réunit tous les morceaux ? La danse, sans hésiter. « C'est l'essence, si ça danse pas devant c'est un peu la panique » explique Simon. « C'est très dur pour nous quand les gens ne dansent pas, là j'ai vu des chaises j'espère que ce soir ça va danser » avoue, de son côté, Brice. « Sinon ça perd le sens, ce n'est pas un concert assis ».
Les concerts font partie intégrante du processus. Le groupe aime se donner sur scène pour faire danser son public, avec une préférence pour les petits cafés concerts. « On y est vraiment proche du public » décrit Simon. « Sur les grosses scènes c'est plus compliqué, il y a vraiment une distance entre les gens et nous, ça crée une froideur naturelle qui est bizarre ». Au Quartier Libre, un bar où ils jouent tous les mois dans le quartier Sainte-Croix à Bordeaux, l'ambiance est survoltée quasi-systématiquement.

Le groupe a quand même fait l'expérience de concerts où l'atmosphère était moins bon enfant. Ils se rappellent d'une fois, à Chamonix, où ils ont joué au pied des pistes. Si les musiciens étaient enthousiastes à l'origine, la bande a vite déchanté quand, à la fin du concert, ils ont du attendre presque 2 heures, dans le froid, que l'équipe technique accepte de les faire descendre. Brice raconte qu'au bout d'un moment, il ne pouvait plus jouer : « Mon saxophone était gelé ». Une expérience amère dont ils peuvent aujourd'hui plaisanter. Heureusement, cela ne les a pas dégoûté de la scène, loin de là.

Un nouvel album dans les cartons

Un prochain album est prévu, enregistré en septembre, il devrait sortir en avril ou mai 2020. Le collectif plaisante en déclarant être « le seul groupe bordelais à ne pas faire de crowfunding ». Ils refusent en effet cette forme de financement participatif et se débrouillent autrement, même sans le soutien d'une boîte de production, pour payer l'enregistrement avec les marges qu'ils réalisent sur certains concerts. Un choix assumé, même s'il fait parfois débat au sein du groupe. Pour Thomas et Brice, ce type d'initiative participe du démantèlement des financements publics en matière culturelle. « Faire du crowfunding justifie le fait de ne plus subventionner, c'est une forme de privatisation de l'espace public, de cet argent là, qui doit être de l'argent public » déclare Thomas.
Le nouvel album sera 100% composition. Après le premier album qui était une sorte de « crash test », la production de celui-ci devrait être plus travaillée. « Il y aura des morceaux plus acoustiques, d'autres plus électros : on va naviguer entre les deux formes » explique le groupe. En attendant ce nouvel album, vous pouvez découvrir le groupe cet été, lors des nombreux concerts qu'ils donneront dans la région :

26/07 « Chez Dan » CONTIS
15/08 Festival Musicalarue LUXEY
16/08 « La Piballe » CONTIS
21/08 Cie Lubat/ Uzeste Musical UZESTE
21/09 Uppercut Festival BORDEAUX

 

Sarah Dumeau
Sarah Dumeau

Crédit Photo : Sarah Dumeau

Publié sur aqui.fr le 19/07/2019