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Agriculture | Chambres d’agriculture : 1200 emplois menacés par une baisse de financement

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« L’agriculture a toujours su s’adapter. Mais là, le virage de la transition du modèle agricole est tellement difficile à prendre que si on nous coupe les moyens, il sera tellement serré qu’on va finir dans le bac à sable ! ». En Charente, le président de la Chambre d’agriculture Christian Daniau est vent debout contre le projet de l’Etat de faire baisser de 15% la taxe additionnelle sur le foncier non bâti, que payent les agriculteurs et les propriétaires de terres agricoles. Elle rapporte chaque année 292 millions d'euros aux Chambres au niveau national et représente une bonne part de leur budget. Le manque à gagner s'élèverait à environ 45 millions d'euros par an si elle devait baisser.

Christian Daniau, lui, a fait son calcul. Si la baisse était appliquée, elle représenterait 300 000€ de moins par an pour sa Chambre. Concrètement, cela voudrait dire 8 à 10 postes d’agents à supprimer. Au niveau de la région, cela pourrait représenter entre 100 et 120 postes sur les 1100 agents du territoire, selon le président de la Chambre régionale Dominique Graciet - « Tout ça pour faire des économies de bout de chandelle » au gouvernement.

Au niveau des Chambres d’agriculture en France comme en Nouvelle-Aquitaine, cette annonce de l’Etat suscite de l’incompréhension. A l’annonce de la nouvelle mi-juillet, le président des Chambre d’agriculture de France Claude Cochonneau avait fait part de sa consternation, suivi de près par la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine dans un communiqué. « Comment peut-on nous demander d’assurer une transition agricole et écologique, tout en se préoccupant du renouvellement des générations, si on n’a plus les moyens de pouvoir accompagner les agriculteurs? », s’interrogent les Chambres, de Christian Daniau à Dominique Graciet. « On nous en demande toujours plus, entre la transition agricole, l’adaptation aux nouvelles normes et certifications, tout ça demande toujours plus d’accompagnement, de formation et de conseils aux agriculteurs, qui ne feront rien seuls », se désole Christan Daniau, « nous sommes motivés pour faire évoluer la profession, mais pas sans soutien ».

La hausse du budget du Ministère de la transition écologique annoncé en parallèle ne suffirait pas à compenser la perte, selon les Chambres, qui soulignent un paradoxe de l’Etat. « D’un côté, L’Etat nous demande d’innover, d’inventer et d’expérimenter de nouveaux modèles agricoles vertueux, et de l’autre il baisse les ressources, signe un accord CETA et bientôt le Mercosur, dont les produits importés vont tous les deux à l’encontre des normes qu’on nous demande de respecter. C’est complètement incohérent », souligne le président de la Chambre régionale. Pour Dominique Graciet, l’heure n’est pas à la panique mais à l’action. « Pour l’instant, cette baisse n’est pas encore votée, on verra », pondère-t-il, « Toutes les Chambres  d’agricultures départementales ont saisi leurs députés respectifs, pour leur demander de ne pas voter pour ce texte le jour où il sera présenté à l’Assemblée ». Des rencontres sont d’ores et déjà prévues sous quinze jours.

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Archives Anne-Lise Durif

Publié sur aqui.fr le 28/07/2019