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Environnement | Un manifeste pour une eau durable soutenu par Grand Poitiers et Eaux de Vienne

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Le 23 juillet dernier, Alain Claeys, président de Grand Poitiers et Philippe Patey, premier vice-président des eaux de Vienne - Siveer, ont accueilli à la station de traitement des eaux de Bellejouanne à Poitiers, Christophe Lime, le président de France Eau Publique. Ce dernier est venu présenter le manifeste pour une eau durable. Un document alimenté par dix propositions autour de quatre axes pour la protection et la préservation de l’eau. L’occasion de faire un point sur l’eau dans la communauté urbaine de Grand Poitiers et de présenter ce travail : la ressource en eau paraît épuisable, mais sa protection est essentielle et devrait devenir une cause nationale.

Avec les fortes chaleurs de l’été et la sécheresse, l’eau est devenue un sujet essentiel.  La pluie n’est pas beaucoup tombée dans le département de la Vienne. Les ressources ont diminué, la demande a augmenté. L’eau est à la fois « un bien public et un bien commun », rappelle Alain Claeys, le président de Grand Poitiers. « Dans la communauté urbaine, nous avons toujours voulu que l’eau soit régie comme un bien public », poursuit-il.

À côté de lui, installé dans une des salles de la station de traitement des eaux de Bellejouanne à Poitiers, Christophe Lime, président de France Eau Publique, une structure qui regroupe des collectivités et des opérateurs publics et qui promeut la gestion publique de l’eau. Elle a été créée en 2012 et compte aujourd’hui 77 collectivités et opérateurs publics de l’eau et de l’assainissement sur l’ensemble de la France. « L’eau est un outil public. C’est aux élus de la gérer. Ils doivent travailler à long terme sur 40 à 50 ans », explique le président. Il rappelle que la gestion de l’eau dépasse même le cadre politique, puisqu’il y a aussi bien des mairies de gauche, de droite, du centre, qui franchissent le pas des régies. « Par exemple, l’eau de Paris est en gestion publique et Nice depuis pas très longtemps », ajoute Christophe Lime. Cela ne concerne pas que les grandes villes. « Des petites collectivités rurales ont également opté pour ce modèle ». 

A g., Alain Claeys, président de Grand Poitiers, à d. Christophe Lime, président de France Eau Publique

Dans la Vienne, seule une ville du département ne possède pas de régie publique d’eau. Il s’agit de la ville thermale de La Roche-Posay, Sinon toutes les autres communes dépendent d’une régie, que ce soit eaux de Vienne - Siveer ou le service des eaux et assainissement de Grand Poitiers. « Nous collaborons sur la gestion de l’eau avec eaux de Vienne - Siveer depuis que la communauté urbaine s’est étendue », explique Alain Claeys. Effectivement, sur les 40 communes de la communauté urbaine 13 (Béruges, Biard, Buxerolles, Chasseneuil-du-Poitou, Croutelle, Fontaine-le-Comte, Ligugé, Mignaloux Beauvoir, Migné-Auxances, Montamisé, Poitiers, Saint-Benoît et Vouneuil-sous-Biard) sont gérées par le service eau et assainissement de Grand Poitiers, alors que les 27 autres dépendent d’eaux de Vienne. 

Réagir collectivement !

La situation de l’eau, au niveau des ressources, reste assez préoccupante en cette fin d’été. « Ce n’est pas sûr qu’on ait du pétrole encore pour longtemps, c’est la même chose pour l’eau », ose comme parallèle Christophe Lime. Il a d’ailleurs évoqué les sécheresses de plus en plus importantes ou encore les intempéries qui ne sont pas sans conséquence sur les réseaux d’eau potable. Le manifeste pour une eau durable a été écrit et présenté pour répondre à ce genre de problématiques. Dix propositions pour à la fois préserver la ressource en eau, se donner les moyens d’une politique ambitieuse, placer l’eau au coeur des politiques publiques locales, faire de l’usager-citoyen un acteur à part entière de la politique de l’eau. « La coopération fait partie des éléments de réussite de la gestion publique du XXIe siècle. Il faut associer les usagers dans la gestion publique. Nos concitoyens doivent être concernés par la prise de décision, que ce soit les associations d’usagers, les associations environnementales, les professionnels qui l’utilisent comme les agriculteurs.  Réussir un consensus permet de gérer l’eau et de lui donner des perspectives pour l’avenir », analyse Christophe Lime. 

Côté sécheresse dans le département de la Vienne, la « situation est préoccupante avec un taux de pluviométrie de moins 30%. Il n’y a pas eu une goutte d’eau quasiment du mois de juillet. Il faut qu’on soit vigilant », explique Philippe Patey, premier vice-président eaux de Vienne - Siveer. La communauté urbaine de Grand Poitiers reste vigilante vis-à-vis de l’eau. « Cette ressource est fragile », commente Alain Claeys. La consommation était passée en juillet à 26 500 m3 d’eau par jour contre 23 000 m3 en moyenne. Le Clain, l’une des principales ressources, coulait même le 23 juillet en dessous du seuil de coupure de 2m3 par seconde qui nécessite des arrêtés préfectoraux notamment pour l’irrigation.

Sur 13 communes de Grand Poitiers, l’eau a deux origines ; tout d’abord souterraine avec la galerie drainante et le forage de Fleury (commune de Lavausseau), le champ captant de Sarzec (commune de Montamisé), le champ captant de Charassé (commune de Montamisé), la source de Fontaine (commune de Saint-Georges-lès-Baillargeaux), les captages du Peu (commune de Saint-Georges-lès-Baillargeaux), les 2 captages de Verneuil (commune de Migné-Auxances) ; La direction Eau - Assainissement de Grand Poitiers possède un site de pompage en rivière avec l’eau du Clain qui est captée à la Varenne sur commune de Saint-Benoît.

Qualité de l'eau surveillée

La qualité est également surveillée de près, car par temps sec il n’y a quasiment pas de ruissellement et souvent les taux de nitrate remonte. Les captages de Verneuil étaient d’ailleurs à l’arrêt mi-juillet car le taux de nitrate était au-dessus de la limite de 50 mg par litre. La surveillance  par la direction de l’eau et de l’assainissement de Grand Poitiers est permanente. Des capteurs relèvent automatiquement toutes les quinze minutes des données : la température, la teneur en chlore de l’eau stockée et distribuée. Puis il y a la surveillance de L’ARS (Agence Régionale de Santé) qui effectue des prélèvement tous les quinze jours ou tous les mois.  

Quant aux investissements, ils sont importants sur l’eau, que ce soit pour la communauté urbaine de Grand Poitiers (entre 6 et 7 millions d’euros pour l’entretien ou la construction d’ouvrages, le réseau de canalisations) ou pour eaux de Vienne (15 millions d’euros pour l’eau potable et 6 à 7 millions pour l’assainissement). Preuve que l’eau demande beaucoup pour couler tous les jours à notre robinet… à nous, usagers, de ne pas la gaspiller.

Julien Privat
Julien Privat

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 22/08/2019