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Edito | Municipales: une rentrée bordelaise très végétalisée!...

Le paysage politique du pays a tellement été chamboulé depuis 2014 que les prochaines élections municipales, les 15 et 22 mars 2020, vont être à la fois passionnantes et plus que jamais révélatrices des ressorts de l'électorat. En effet, s'il demeure un élu encore assez reconnu pour échapper aux critiques péremptoires et souvent injustes, c'est assurément le maire. Il va donc être intéressant, au delà des extrapolations liées à la décomposition du paysage et aux résultats des élections européennes, de mesurer l'attachement d'une ville, d'un village à une personnalité à une équipe, au travail accompli ou qu'il faut poursuivre. Les exemples ne manquent pas à cet égard partout dans le pays. Et, ici, en Nouvelle Aquitaine il ne faut pas aller loin pour le vérifier. A commencer par Bordeaux...

 

Passé le temps de la sidération liée au renoncement d'Alain Juppé, la capitale régionale a découvert son nouveau maire héritier qui a enfilé l'habit en se multipliant depuis le 7 mars et confirme, dans le " Grand entretien "  qu il nous a accordé ce 29 août, que son parti c'est "Esprit Bordeaux" .. c'est à dire le rassemblement qui avait été imaginé pour mettre sur orbite une nouvelle campagne d'un certain Alain Juppé...

Continuité donc, avec l'annonce de défis à relever où, européenes obligent, il est de plus en plus question d'écologie. Pardon de végétalisation...le dernier mot qui fait fureur, n'est ce pas, monsieur Thomas Cazenave, le candidat de la République en Marche qui se voit bien, mais peut-être un peu vite, dans la peau d'Alain Juppé en 1995. Sacré défi pour ce proche d'Emmanuel Macron à l'Inspection des Finances à qui il faudra certainement plus que le séminaire à grand spectacle d'En Marche et du gouvernement à partir du 6 septembre, à Bordeaux, pour faire  décoller sa campagne. Rappelons, au passage, que l'allié national du parti du président, le Modem, soutient de bon cœur, à Bordeaux, Nicolas Florian...affaire qui avait été rondement conclue entre François Bayrou et Alain Juppé ...
Mais, ayons garde de résumer la bataille de Bordeaux, à venir, à un face à face Florian-Cazenave... Et, puisqu'il est beaucoup question de végétaliser une ville jugée très minérale, il va falloir écouter les propositions de Pierre Hurmic, une figure de la vie municipale et d'EELV dont Yannick Jadot qui aurait tendance, ces temps-ci, à marcher sur les eaux, ne craignait pas de faire, récemment à Toulouse, un possible maire de Bordeaux. L'avocat, conseiller municipal, champion du vélo, fort de premiers sondages encourageants et qui ne peut que se réjouir que le successeur de Juppé vienne de renoncer à l'urbanisation du parc de la Jallère, entend bien jouer sa chance. Et, ceci, dans une conjoncture où on ne sait pas encore qui portera les couleurs du PS et si la gauche aura une approche élargie, y compris à la France Insoumise, ni ne mesure l'impact de la candidature d'une figure de la société civile bordelaise, Pascal Jarty, qui s'avance avec « Servir Bordeaux ». Quant à l'ancien président de la Communauté urbaine, Vincent Feltesse, qui a pris ses distances avec le PS, il s'appuie sur l'Association Bordeaux Métropole des Quartiers pour faire une campagne de terrain.

Bordeaux en ligne de mire de l'Elysée et de Matignon...Sacré challenge à relever dans un contexte où on observe surtout des tensions et renoncements au sein du parti du président qu'il s'agisse de Lille ou de Nantes entre autres et à un moment de notre vie démocratique où les élites ne font pas recette .

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 01/09/2019