Aqui.fr - Une publication d'Aqui!Presse Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà

Société | Festival : Climax en résistance

1

Un indigène Kayapo affublé d'une coiffe en plumes et d'une écharpe sur laquelle figure le message "Global Warning". Vous avez peut-être vu l'une de ces affiches chez vous depuis quelques jours : c'est l'imagerie choisie pour marquer le lancement de la cinquième édition du festival Climax, qui se tient à Bordeaux du 5 au 8 septembre au sein de l'écosystème Darwin. Centré autour du thème du "déracinement", il fait plus que jamais écho aux incendies qui ravagent en ce moment plusieurs forêts du monde. Rapide focus sur l'essentiel du programme de cette édition 2019 et sur ses ambitions aux allures militantes.

Depuis cinq éditions, Climax a toujours eu la conscience et l'ambition de vouloir être un festival à part. Pas juste un énième évènement comme il en existe des dizaines tout au long de l'année à Bordeaux, mais un rendez-vous qui réussisse à "faire sa part". Il n'en a jamais été aussi convaincu que lors de la conférence de présentation de cette cinquième édition bordelaise (après une parenthèse à Arcachon et La Teste du 28 au 30 juin. Peu, voire pas d'encombrements avec le détail d'un programme pourtant riche, partagé entre les conférences et les concerts. À la place, un thème central, "l'Amazonie ou le déracinement du monde", et une figure emblématique pour le représenter : le cacique Raoni Metuktire, figure de la lutte pour la préservation de la forêt Amazonienne (le Brésil étant aussi l'un des pays qui déforeste le plus), actuellement toujours ravagée par de gigantesques incendies.

Allégorie du déracinement

Le thème, jure Philippe Barre le porte-parole de Darwin pour ce festival dont une grande partie se déroule entre ses murs, a été choisi il y a déjà plusieurs mois déjà, mais l'actualité de cet été le fait à coup sûr raisonner différemment. "Nous avons décidé de l'urgence de la thématique au moment ou le président brésilien Jair Bolsonaro était en train de monter dans les sondages et qu'une autre grande démocratie basculait vers un populisme réactionnaire, voire fasciste. L'actualité nous a donné raison", a ainsi justifié Philippe Barre. Même si cette édition démarre dans un climat assez grave, Climax témoigne d'une envie d'agir collective qui doit être enthousiasmante. Nous avons une obligation à soutenir la résistance des brésiliens et à résister nous-même". 

Plus qu'un simple festival, Climax n'a désormais plus peur de s'afficher comme un carrefour, et de juger son programme quasiment secondaire face aux causes qu'il défend. Pourtant, du 5 au 8 septembre, les visiteurs auront tout de même de quoi voir et entendre. Avec une série de conférences d'abord, qui convoqueront quelques figures de l'éco-mobilisation : Raoni bien sûr (qui interviendra lors d'une conférence dédiée le samedi 7 septembre), venu avec une délégation s'affirmant comme les "premiers défenseurs de la nature", mais aussi Nicolas Hulot, Edgar Morin, Audrey Pulvar ou le local de l'étape, Karfa Diallo. La quarantaine d'intervenants invités débattront autour d'une douzaine de moments phares autour de la déforestation, des conditions de vie des peuples déracinés, de la mémoire de l'esclavage mais aussi de "la virtualité des sociétés modernes". Côté musique aussi, on retrouvera quelques têtes d'affiche, la programmation poursuivant la volonté de ne pas faire de cette partie une "trop grosse machine" comme elle l'avait assuré les années précédentes : le rappeur brésilien Criolo, la chanteuse pop française Lou Doillon, Joyce Muniz, Chien Noir, David Walters ou plusieurs Dj sets seront notamment de la partie.

Enfin, le sport et le cinéma seront aussi au rendez-vous avec la projection tout au long du festival d'une série de six documentaires autour des peuples autochtones et de l'urgence écologique, comme l'étonnant docu d'Arte, "l'Homme a mangé la Terre" qui décrypte en 99 minutes deux siècles de progrès effrené et leurs conséquences sur la nature. Et au-delà même de l'évènement, le nouveau mouvement "Darwin Coalition" compte "diffuser les combats déjà menés par les défenseurs de la nature et des droits humains". Pour tous ceux qui jetteront un oeil au programme, le constat sera sans doute le même : au départ un peu cachée sous le prétexte d'un évènement festif et éphémère pour faire passer des messages, Climax veut désormais s'en affranchir. Ce sera aux quelques 30 000 personnes attendues sur l'évènement (conférences gratuites, concerts payants) d'en décider...

L'info en plus : retrouvez l'intégralité du programme de la cinquième édition du festival Climax sur le site climaxfestival.fr

Romain Béteille
Romain Béteille

Crédit Photo : aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 05/09/2019