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Politique | La Région et la SNCF veulent "nous" faire préférer le train

Philippe Bru de la SNCF Mobilités et Renaud Lagrave de la Région ont présenté les nouveautés du TER en Nouvelle Aquitaine

Depuis trois ans, la fréquentation des TER en Nouvelle-Aquitaine, avec en moyenne 60 000 voyageurs par jour, enregistre une progression de 10 %. La qualité de service est aussi en rendez vous. Le Conseil régional souhaite poursuivre ses efforts sur le ferroviaire en encourageant davantage de Néo-Aquitains, qu'il soit en formation, salarié, chefs d'entreprises, à privilégier le train. Ce lundi, à Angoulême, Renaud Lagrave, vice-président régional en charge des transports, et Philippe Bru, directeur de SNCF mobilités ont présenté leur stratégie commune pour faciliter les déplacements en train.

Et si cette période de rentrée était synonyme pour beaucoup d'entre nous de changement  d'habitude, notamment en matière de trajets quotidiens, pour son travail et pourquoi pas pour des loisirs. Parmi les objectifs affichés, le Conseil régional souhaite faciliter les déplacements tout en limitant les impacts sur l'environnement. Alors pourquoi pas , dès que cela est possible abandonner la voiture. La Région Nouvelle Aquitaine, qui vient de renouveler sa convention avec SNCF mobilités en fin d'année dernière pour une durée de six ans, veut en tout cas mettre le paquet sur ce moyen de transport. Pour mémoire, la Région prend en charge en moyenne 80 % du coût du transport.
Ce lundi matin, Renaud Lagrave, vice-président du Conseil régional en charge des transports était au côté de Philippe Bru, directeur régional de SNCF Mobilités pour présenter leur stratégie commune qui se décline en termes de politique tarifaire attractive, de travaux sur les infrastructures, exemple la régénération de la ligne Libourne-Sarlat,  de nouveaux horaires pour améliorer ou renforcer certaines dessertes, notamment Bordeaux -La Rochelle avec 9 % de trains en plus prévus à partir du 15 décembre. "Aujourd'hui, nous sommes à un taux de régularité de 93,8 % en Nouvelle-Aquitaine, avec un objectif de 95 % au terme de la convention et un taux de suppression d'1,4 %. Il y a quelques années, nous étions bien en dessous de 90 %. précise Renaud Lagrave. Un gros effort d'investissement a été consenti puisque sur une totalité de 192 rames, 66 sont neuves. 
Avant d'évoquer les nouveautés de cette rentrée, Renaud Lagrave a abordé le bel été du train, notamment grace aux offres estivales : plus de 140 000 voyages en TER ont été réalisés avec les offres estivales, soit une augmentation de 48 %. Autre exemple, le forfait découverte Bordeaux  a enregistré une hausse de plus de 50 %. Pass océan avec Arcachon comme destination phare a connu un grand succès cet été 2019.

Des efforts sur le  transport des vélos

 Autre fait à noter, des efforts importants ont été réalisés sur le tranport des vélos dans les TER, notamment sur les deux lignes Bordeaux-Arcachon et Bordeaux - Hendaye. Sur le mois de juillet, plus d'un millier de cycles ont été transportés sur Bordeaux-Arcachon et plus de 400 sur la ligne Bordeaux-Hendaye. "Chaque été, le sujet était récurrent et problématique avec des retards et du mécontement des usagers. Un nouveau service gratuit a été proposé, ce qui a permis d'augmenter la capacité de places disponibles sur ces deux destinations, grâce à des aménagements de rames. 78 % des usagers interrogés ( 600) se sont dits satisfaits du service proposé et cela n'a pas occasionné de retards. Nous devrions reconduire ce service, et sans doute vers d'autres destinations. La Rochelle est à l'étude. Nous pouvons sans doute encore mieux faire, pour les cyclotouristes, indique Renaud Lagrave.
Le directeur régional de SNCF mobilités, Philippe Bru, confirme cette dynamique de fréquentation, observée pas seulement en saison estivale et sur la desserte de Bordeaux. "Cette progression du nombre de voyageurs concerne l'ensemble du territoire. Il y a une dynamique autour du ferroviaire :  nous sommes passés en trois ans de 45 000 voyageurs par jour à 60 000 aujourd'hui. Deux tiers des usagers sont des occasionnels.  Et on se situe la première ou deuxième région de France en terme de satisfaction clients". La SNCF et la Région poursuivent le même objectif faire en sorte que les Néo-Aquitains choisissent davantage le train pour leurs trajets quotidiens, pour le travail, suivre une formation ou aller au lycée et aussi plus ponctuellement pour des loisirs. De nouveaux tarifs, notamment avec d'importantes réductions sur les offres annuelles ont été instaurés. Pour les salariés, la moitié du coût du transport peut être pris en charge par l'employeur. A partir de trois allers retours par semaine, l'abonnement s'avère rentable. "Nous avons instauré la garantie fiabilité pour les abonnés annuels, il permet au voyageur d'être dédommagé si son train est retardé de plus de 15 minutes ou supprimé plus de 8 fois dans le mois : actuellement, 6 % des 10 000 abonnés annuels sont inscrits à ce service, précise Philippe Bru. De nouvelles offres combinées TER / transports urbains voient le jour en cette rentrée, notamment à Poitiers. Il existe aussi des billets à petit prix sur une sélection de trajets et de trains TER.  Ce tarif consiste à un nombre de places limitées sur des trains généralement peu chargés. 

 La réouverture de la ligne Libourne Bergerac Sarlat

Après un chantier de neuf mois, financé à 42 % par la Région et les collectivités concernées par le tracé, qui a permis un renouvellement intégral de 62 km de voie entre Libourne et Bergerac, les trains vont à nouveau circuler entre Libourne et Sarlat à partir du 30 septembre. Ces travaux ont permis la perennisation de la ligne, jugée structurante, et le retour à une vitesse à 120 KM / h. Les périgourdins devraient gagner environ 25 minutes sur un trajet entre Bordeaux et Sarlat soit 2 h 21 et environ 6 minutes en Bordeaux et Bergerac. Ce sera aussi une des premières lignes à bénéficier du dispositif de refonte des horaires  qui touchera l'ensemble des lignes de la Région entre 2020 et 2024. Coté infrastructures, les travaux de régénération de la section Saintes-Royan, pour un coût de 34,9 millions d'euros sont en cours d'achèvement. Le monde économique périgourdin, comme ce fut le cas lors de l'inauguration de la foire exposition, aborde régulièrement le sujet du désenclavement de la Dordogne et de la nécessité de liaisons convenables vers Paris, avec la possibilité depuis Périgueux ou Bergerac de faire l'aller retour dans la journée. Les nouveaux horaires au départ de Bergerac vers Bordeaux devraient permettre plus facilement  de monter dans le TGV à Bordeaux pour rejoindre la capitale.

Jouer les complémentarités

La ligne de bus Périgueux Angoulême est l'une des plus fréquentées elle est gérée par la Région

Il existe aussi d'énormes attentes avec la liaison en bus, gérée aussi par la Région, Périgueux -Angoulême. "C'est une ligne très fréquentée, pour un coût modique de 2 euros le trajet. Nous avons renforcé les horaires avec un départ matinal qui permet d'être vers 10 heures à Paris et un retour le soir vers 21 h 30 à Périgueux , du lundi au samedi." Les personnes rencontrées ce lundi vers midi à la descente du bus devant la gare d'Angoulême, étaient plutôt satisfaites du service . Exemple Alain Clavel, retraité des transports habite Paris : je trouve ce bus très pratique, c'est pas cher et confortable. Je fais le trajet huit fois par an, pour aller dans ma résidence secondaire en Dordogne. C'est un peu long mais moi je suis à la retraite." Ce lundi en milieu de journée, il y avait une trentaine de personnes à bord sur les 55 places disponibles. Ce service est- il en mesure de convenir aux responsables d'entreprises qui ont des réunions sur Paris ?  Le premier bus du lundi matin arrivé à 7 h 30 à Angoulême était quasi complet. Un des objectifs de la Région est aussi de jouer la complémentarité avec d'autres moyens de transport quand la ligne de train n'existe pas. 

 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude-Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 10/09/2019