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Economie | Start-ups : la technologie au service du sport !

La Maison Régionale des Sports de Talence

Du chemin a été fait depuis l’annonce du Colloque Sport & Numérique, au mois de mai, par Mathieu Hazouard, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine en charge du numérique. En effet, à la suite de ce colloque, qui s’est déroulé en juillet, la Région a lancé un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) intitulé « Sportech ». Sur 22 candidatures, cinq ont été retenues pour intégrer un incubateur, dans les locaux de la Maison Régionale des Sports, à Talence. L’incubateur Sportech est géré en collaboration par le Conseil Régional, Unitec et le Comité Régional Olympique et Sportif (CROS) Nouvelle-Aquitaine. Les entrepreneurs ont été présentés ce mardi 11 septembre à l’occasion d’une conférence de presse.

La Nouvelle-Aquitaine, région dynamique tant sur le numérique que le sport. En effet, si le savoir faire régional en matière de nouvelles technologies est reconnu de tous, à l’image du contingent néo-aquitain présent en mai au Salon Vivatech de Paris ou encore au CES de Las Vegas en janvier, le sport n’est pas en reste avec plus d’un million de licenciés sur le territoire pour une centaine de ligues. Il a donc paru logique pour la Région d’unir les deux domaines. C’est ainsi que s’est déroulé le Colloque Sport & Numérique à Talence en juillet, avant le lancement de l’appel à projets « Sportech ». « En ce qui concerne le maillage des politiques publiques, le sport vient rapidement à l’esprit », précise Mathieu Hazouard, conseiller régional en charge du Numérique. « L’accompagnement est naturel pour le Conseil Régional, poursuit l’élu. Unitec, qui nous suit sur ce projet de même le CROS Nouvelle-Aquitaine, est un fleuron en la matière depuis 30 ans ». Mais cette démarche de la technologie au service du sport ne s’arrête pas à un simple colloque ou appel à projet, Mathieu Hazouard l’assure : « nous voulons nous inscrire dans la durée, et agréger encore plus d’acteurs, comme la FrenchTech par exemple ».

Parmi les 22 candidatures reçues pour l’incubateur Sportech, 5 ont été retenues. Et l’implantation de ces dernières dans la Maison Régionale des Sports n’est pas un hasard. « Avoir le CROS, Unitec et le Région est un formidable accélérateur pour les entrepreneurs. En plus, avec la proximité immédiate des ligues sportives, dont une quarantaine sont à 16 marches de distance est favorable à la réflexion », sourit Stéphane Rochon, Directeur Général d’Unitec. Les cinq startups sélectionnées doivent être incubées 12 mois – ou moins en fonction de leurs avancées – avant de laisser leur place à une autre promotion l’an prochain. « Toutes les planètes sont alignées, c’est maintenant à nous de prendre le train en marche », conclut Philippe Saïd, Président du CROS Nouvelle-Aquitaine.

 

Incubés Sportech Nouvelle Aquitaine
Les cinq startups de l'incubateur entourées de Stéphane Rochon (à gauche), Philippe Saïd et Mathieu Hazouard ©YD

SportNovae : motiver autrement

Clément Bonneau et Hugo Caillier ont développé leur application, dont la version test sort prochainement, en se basant sur un constat : il n’est pas toujours aisé d’être motivé à faire du sport sur le long terme. Ainsi, ils ont décidé de développer le 1er coach vocal de fitness à domicile, en s’appuyant sur la percéE en France des assistants vocaux, commercialisés par les géants américains du numérique. « 10 % des internautes disposent d’une enceinte connectée en 2019 », appuie Clément. Ce dernier explique les trois fonctions de l’application : « motiver le sportif par la voix, et l’aider à garder le rythme. Nous sommes en train de développer un algorithme, qui proposera un programme personnalisé à l’utilisateur en fonction de son excuse anti-sport du jour et enfin, nous cassons la routine qui s’installe, souvent vecteur de démotivation, en proposant différents programmes ».

Maracuja : la passion du sport comme vecteur d’éducation

Maracuja signifie « fruit de la passion » en portugais. Sauf qu’ici, le fruit ne se mange pas, il s’apprend. D’après Vincent Rebiere, co-fondateur de Maracuja, « l’objectif est de redonner l’envie d’apprendre grâce à la passion du sport ». Ainsi, en 2018, la jeune entreprise a commercialisé un magazine, revisitant le cahier de vacances, qui propose un programme scolaire adapté en fonction du sport de l’intéressé. Maracuja s’est ensuite allié avec la Fédération Française d’Équitation pour développer la communauté équestre, avant de faire de la Ligue de Nouvelle-Aquitaine d’Équitation la région pilote d’un concept basé sur le « social learning » (échanges en communauté) à partir de 2020.

MinPulse : apprendre à écouter son corps

 MinPulse est une ceinture cardiaque dédiée aux sportifs. Ce dispositif permet de détecter la fatigue, le stress, ou autres vecteurs de risques pour le sportif afin d’ajuster la charge d’entraînement en conséquence, et ainsi protéger le sportif. Pierre Gilfriche, créateur de MinPulse travaille sur ce projet depuis plusieurs années, puisque la protection du sportif est son sujet de thèse. « L’objectif pour moi est de me rapprocher de clubs, pour tester MinPulse en conditions réelles, pour à terme équiper les sportifs de haut niveau des JO de Paris 2024 du dispositif.

La Boîte à Sports : « devenir le BlablaCar ou le Doctolib du sport »

 Les fondateurs de La Boîte à Sports veulent devenir, avec une pointe d’humour mais le plus grand sérieux, « le BlablaCar ou le Doctolib du sport » : une recette de la pratique sportive à la carte et sans abonnement. Ainsi, la plateforme se rapproche des professionnels de salles de sport, et comblent les places restantes dans des cours collectifs. « On s’adresse à des particuliers qui prendraient un abonnement à la salle pour n’y aller que trois fois, précise Alexandre Criscolo, cofondateur, ou à des entreprises souhaitant resserrer les liens de leurs salariés ». La Boîte à Sports propose déjà 500 séances à Bordeaux et ses environs, et souhaite être présente dans toute la Gironde à l’horizon 2020.

Nove Perform : éclairer les entraîneurs sur le comportement de l’entraîné

 Éviter le tâtonnement expérimental au cours de l’entraînement. Telle est la vocation de Nove Perform, imaginée par Florian Menier. « L’objectif est de comprendre comment fonctionne le sportif et adapter et personnaliser l’entraînement et le suivi en fonction de son mental à travers des formations et outils », poursuit l’entrepreneur. Ces outils, à destination des entraîneurs, permettent de détecter les leviers de motivation du sportif, mieux le comprendre, tout en faisant un travail sur la réduction du stress. Ainsi, l'entraîneur peut comprendre toutes les facettes de son sportif. Le programme est à destination de sportifs de tous niveaux, même si plusieurs sportifs de haut niveau et étudiants en sport études font déjà partie des personnes bénéficiant de Nove Perform.

Yoan Denéchau
Yoan Denéchau

Crédit Photo : Yoan Denéchau

Publié sur aqui.fr le 11/09/2019