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Société | Fébus, épisode 3 : l'inauguration de la station hydrogène à Pau

Inauguration de la station hydrogène du futur Fébus à Pau

Le Maire de Pau, François Bayrou, et Nicolas Patriarche, le président du syndicat des transports de la Communauté d'agglomération Pau Béarn Pyrénées avaient prévenu. L'inauguration du Fébus, le fameux, et de plus en plus célèbre, futur bus à haut niveau de service de la capitale béarnaise se fait en plusieurs épisode. Après son dévoilement au centre ville de Pau puis sa présence sur la Foire où les visiteurs peuvent en découvrir les aménagements intérieurs (jusqu'au 22 septembre), la fin de matinée de ce jeudi 19 septembre était à nouveau marquée par une inauguration. Celle de la station hydrogène du bus, sur le site du dépôt d'Idélis, avenue Larribau.

En bon français, c'est ce qu'on appelle du teasing réussi. A chaque inauguration, c'est un petit pas de plus vers la mise en service du Fébus, que les autorités proposent au Palois... Une manière de faire monter la sauce (béarnaise) pour une meilleure appropriation de l'engin par ses futurs usagers. Au fil des semaines et des inaugurations, ils en apprennent un peu plus sur cette première mondiale que sera la circulation d'un bus à hydrogène de 18 mètres de long et en site propre dans la ville.

Fierté et innovation
Si le projet a pu susciter les polémiques voire les railleries à certaines étapes de sa mise en oeuvre comme l'ont rappelé François Bayrou et Nicolas Patriarche, les deux hommes ne veulent désormais retenir que la « fierté » d'avoir mené le projet à bout. « C'est une révolution à l'échelle de la planète et du développement durable que nous lançons aujourd'hui et pour laquelle je suis très fier que nous en soyons les pionniers. (…) Pour la ville, c'est coup double, d'abord pour la vie quotidienne des palois, ensuite pour l'image de la cité dans le monde et pour l'image que les palois vont se faire eux-même de la cité. Je suis pour la fierté des habitants sur leur ville !» a ainsi insisté François Bayrou.

Mais ce jeudi matin, plus que le bus, c'est son indispensable corollaire qui était à l'honneur : la station de production et de distribution d'hydrogène, permettant le fonctionnement de la pile à combustible des Fébus. Et là encore, l'heure est à l'innovation. La station est en effet la première à pouvoir alimenter 8 bus simultanément « à la place », c'est à dire que le bus sera « branché » à la station par le chauffeur le soir, puis récupéré le lendemain matin chargé de l'hydrogène nécessaire au fonctionnement de sa pile à combustible produisant l'électricité qui fera fonctionner le moteur. Le tout sans émission de gaz à effet de serre, donc.

270 kg d'hydrogène et 2 tonnes d'oxygène produits par jour
Concrètement cette station, construite par Gen Vert, filiale du groupe Engie, abrite un électrolyseur de la société ITM Power, à la capacité de production de 270 kg d'hydrogène par jour. Un hydrogène qui est ensuite purifié, puis compressé et stocké à haute pression (600 bars) sur la station. « Le stokage de l'hydrogène a été pensé pour sécuriser l'exploitation des bus et maintenir le service, en cas de défaillance ou de maintenance de l'électrolyseur », explique le représentant d'Engie durant la visite.

Le processus de l'électrolyse consistant à séparr les molécules d'hydrogène des molécules d'oxygène de l'eau, la station produira en parallèle 2 tonnes d'oxygène par jour ( l'équivalent d'une forêt de 62 ha) qui seront « rendues à la nature », mais également de l'eau (lors de l'étape de purification de l'hydrogène), qui sera réintégrée dans le circuit de production. Une manière, dans une certaine mesure, d'économiser le besoin de renouvellement en eau au départ du processus, celui-ci étant de 20 litres pour 1 kg d'hydrogène produit.

Enfin, concernant l'électricité qui permet de faire fonctionner la station, François Bayrou insiste sur sa volonté d'un fonctionnement à l'énergie verte. Pour l'heure, cette électricité est fournie par la SHEM, Société HydroElectrique du Midi, qui gère 12 grands barrages hydro-électriques dans les Pyrénées, mais une plus haute ambition est clairement affichée. « Mon ambition est que dans deux ans, on produise ici en énergie verte, quatre fois plus que ce qui est nécessaire pour le fonctionnement de la station. Le surplus de production sera utile à notre territoire », annonce François Bayrou sans en dévoiler davantage, bien que l'hypothèse de l'installation de panneaux solaires installés sur place ait jusque là été régulièrement avancée par le Maire. Un art du suspens, décidément bien palois !

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 19/09/2019