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Edito | Humeurs d'automne : Des petits bonheurs en guise de consolation

Automne ? Est-ce vraiment le mot qui convient alors qu'à l'abri du soleil, plein sud, il fait 27 ° ce 12 octobre à 15h30... L'automne quand même puisque dans les champs alentours les coulemelles déploient leurs larges ombrelles, que les rosés des près naissent sous la fraîcheur des pommiers et que quelques cèpes consentent à sortir au pied des châtaigniers, malgré les sous-sols toujours durcis par la sécheresse. Bonheur de ces rendez-vous avec la nature qui sait être généreuse surtout quand on la respecte. Il sera bien temps de recevoir l'hiver pourtant si important pour le repos des sols ; on nous l'annonce particulièrement froid ; il faut dire que nous ne savons plus trop à quoi cela ressemble tant sous nos contrées nous ne connaissons plus de véritables hivers. De ceux du type 56 par exemple où la vigne gelait et nos vélos dérapaient sur les routes verglacées qui conduisaient à l'école.

Bonheur de cette lumière d'octobre qui avive le doré de la pierre de taille et fait resplendir la palette des feuillages, le roux et le vert las du marronnier d'Inde qui perd ses fruits avec fracas, le pastel de la vigne vierge qui ne lâche rien, le vert sombre du figuier qui met ses derniers fruits après nous avoir régalé deux mois durant !

Oui, il faut bien cette somme de petits bonheurs pour nous consoler des malheurs du monde. Ce très grand malheur des kurdes trahi par cet abominable Trump et écrasé par le nouveau sultan, cet Erdogan qui embastille les journalistes et ne peut supporter l'idée que des femmes portent les armes pour se défendre.

Ce malheur des kurdes qui, plus que jamais, fait éclater au grand jour l'impuissance de l'Europe, de cette Union Européenne réduite à des condamnations quand son strict intérêt, s'il n'était question que de cela, devrait la conduire à soutenir un peuple qui s'est engagé, au-delà de tout, contre le djihadisme et Daesh. Notre Europe qui s'offre une manière de crise de nerfs institutionnelle avec le rejet par le Parlement européen d'accepter la candidature de Sylvie Goulard au poste de Commissaire. Un échec pour Emmanuel Macron qui, malgré les mises en garde après son court passage au gouvernement, suite à ce qu'il est convenu d'appeler l'affaire des emplois présumés fictifs des eurodéputés du Modem, a misé sur l'assentiment de la présidente allemande de la Commission européenne qu'il a imposée, Ursula von der Leyen. Et voilà l'hôte de l'Elysée dans l'obligation de nommer quelqu'un d'irréprochable et compétent. Preuve vient d'être apportée, en tout cas, au-delà du camouflet adressé au président français, que le parlement européen semble vouloir jouer pleinement son rôle. Quant au leadership dont l'Union a pourtant le plus grand besoin et qu'Emmanuel Macron convoitait il est mal en point .

 

 

 

 

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 12/10/2019