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Société | Poitiers : La Ferme s'invite fait le plein

L'édition 2019 de La Ferme s'invite fait le plein au parc des expositions de Poitiers. Les organisateurs attendaient près 35 000 visiteurs

L’édition 2019 de La Ferme s’invite s’est déroulée ces 9 et 10 novembre au parc des expositions de Poitiers. Des Poitevins qui ont répondu présent à l’invitation. Ce samedi, la foule ne désemplissait pas les allées. L’occasion pour les familles de découvrir le monde agricole, les produits régionaux et également le secteur équin qui était à l’honneur dans le hall B. Cette année, malgré l’absence d’un concours national, les concours départementaux ont fait le plein et ont suscité beaucoup d’attention. Les voyants sont donc au vert pour atteindre les 35 000 visiteurs sur l’ensemble du week-end. De quoi satisfaire les organisateurs. Ambiance parmi les stands de La Ferme s’invite.

Les allées des Arènes ne désemplissent pas, ce samedi 9 novembre, au parc des expositions de Poitiers. Quelques meuglements de vaches se font entendre. Des oies se baladent derrière leur maître bien guidées par le chien de troupeau. Le marché des producteurs attire les consommateurs locaux. De quoi satisfaire le président de La Ferme s’invite, Michel Caillé, pour cette édition qui commence très bien. « C’est parti à fond. Il y a du monde. Les gens viennent en famille. C’est de bon augure ». Car ce week-end se veut convivial. Le monde agricole souhaite partager et échanger avec une partie de la société. Le tout dans la bonne humeur. 

Démonstration de tri de bétail réalisée par l'association western acadienne (AWA) sur le ring du hall B du parc des expositions de Poitiers

Les animaux en vedette

Les animaux, c’est un peu la carte de visite de La Ferme s’invite. 700 sont rassemblés sur l’ensemble du site. Parmi eux, une cinquantaine de chevaux a envahi le hall B. Sur la carrière, les représentations s’enchaînent. « Nous voyons du monde et notamment beaucoup d’enfants », confie Karyn Thiaudière, vice-présidente à la chambre d’agriculture, responsable pôle équin. Le programme proposé est très diversifié. Il mêle à la fois le côté agricole du cheval et le loisir. « Il ne faut pas oublier que nous sommes à La Ferme s’invite », sourit Karyn Thiaudière. Les chevaux servent pour la traction, mais aussi pour les éleveurs et le tri du bétail. Au programme, il y a un peu d’équitation de loisir et une découverte de l’équithérapie. Karyn Thiaudière possède une double casquette, ou plutôt chapeau, (puisqu’elle porte un chapeau de cowboy) et participe aux démonstrations avec l’Association Western Acadienne (AWA). Son cheval, une race américaine, un quarter horse, un cheval de ranch qui possède certaines qualités. « Il doit être disponible, à la fois vif et calme sur demande. C’est un vrai partenaire de travail. » explique-t-elle, Elle l’utilise avec son troupeau de brebis. « Vous savez, nous avons une autre vision du troupeau de là-haut », précise Karyn Thiaudière. Tout au long du week-end, de nombreux spectacles et présentations sont programmés sur le ring avec notamment des rencontres avec les races poitevines. « Nous voulions donner un caractère pédagogique à ces présentations et que le public reparte avec de nombreuses informations », poursuit la responsable du pôle équin.  

Les limousines ont fait concours dans les Arènes de Poitiers lors de La Ferme s'invite

On retrouve les traditionnels concours départementaux et inter-départementaux autour du ring des Arènes. Même s’il n’y a pas de national cette année, le public s’agglutine. « Ce n’est pas un problème pour nous, le national reviendra l’an prochain », promet Michel Caillé. Les concours ont malgré tout attiré aussi bien les éleveurs que le public. Brice Duverger est venu de Persac (dans la Vienne) avec quelques unes de ses bêtes. Il est en GAEC (groupement agricole d'exploitation en commun) avec ses parents. Depuis 2009, il participe tous les ans au concours de Limousines. « Le concours s’est bien passé, nous avons eu des 2e et 3e prix. C’est passé à pas grand-chose. Quelques détails ». Ce genre de concours apportent beaucoup. Il s’agit d’un moment de convivialité passé avec les collègues éleveurs. « On est souvent le tête dans le guidon. C’est toujours intéressant de se comparer, de voir où on en est dans le troupeau ». Il garde le sourire, même s’il n’a pas eu de premier prix et surveille de près toutes ces bêtes qui participent au concours. Des concours qui leur permettent d’acquérir une certaine réputation.  

La gastronomie version locale

Pour la première fois, cette année, La Ferme s’invite accueille un pôle gastronomie. « Nous avons de la chance d’avoir des élevages d’excellence dans notre région avec des produits de qualité, explique Michel Caillé (le président de La Ferme s’invite). Nous avons proposé à des lycées de les travailler ». Une mise en avant des produits régionaux jusque dans l’assiette. Une odeur plane à proximité du stand. De quoi faire saliver et égayer les papilles en ce samedi après-midi. Une vingtaine de lycée prépare huit recettes aux côtés de Thierry Pfohl, directeur opérationnel du campus des métiers et des qualifications Gastronomie Terre-Mer en Nouvelle-Aquitaine à l’académie de Poitiers. Ces lycéens viennent des lycées professionnels Les Terres Rouges de Civray et Les Grippeaux de Parthenay (le dimanche, ce seront des lycées de l’établissement Michel Godrie de Loudun et Kyoto de Poitiers) « Ils travaillent exclusivement des produits des producteurs locaux », précise Thierry Pfohl. Il y a donc de l’agneau du Poitou-Charentes, de la Parthenaise et des fruits et légumes de primeurs des alentours. « Nous avons mis en place un atelier de flambage de pommes à base de Cognac. Deux producteurs sont venus spontanément nous en apporter ». Ce n’était pas prévu, mais ça attire du monde. De quoi donner le sourire aux jeunes. « Le plaisir est double pour eux. C’est une autre façon de travailler en rencontrant les producteurs locaux et discutant avec et en proposant les recettes au public. » Parmi les goûteurs, un couple de Landais, venu en week-end dans la famille, donne son verdict sans appel. « C’est très bon », disent-ils la bouche pleine d’une cuillère de parmentier d’agneau aux épices douces. 

C'est la première fois qu'un pôle gastronomie était dressé à La Ferme s'invite. Une belle expérience pour ces lycéens qui ont travaillé exclusivement des produits locaux.

Il ne faut pas non plus oublier le marché des producteurs. Situé à l’entrée du salon qui permet de faire ses courses avec de nombreux produits locaux. A un détour, juste à côté de baudet du Poitou, il y a Emile Charrier, éleveur d’ânes et savonnier. « Ce ne sont pas les miens » avertit-il avec un brin d’humour. Lui possède des ânes gris de Saint-André. Ces savons sont à base de lait d’ânesse. C’est la première fois qu’il expose et propose ses produits à la vente lors de La Ferme s’invite. « Nous sommes dans une ambiance humaine. Les gens sont curieux et respectueux ». Sur son étal, des savons. « J’ai remplacé l’eau par du lait d’ânesse, explique Emile Charrier. Ce lait représente tout de même 40% du produit fini. ». Il possède quelques propriétés. Il est à la fois hydratant, apaisant, efficace contre les inflammations. Cet autodidacte rajoute des ingrédients annexes, comme des huiles essentielles pour donner du goût à son savon. 

Le vendredi, en préambule, plus de 1 200 écoliers de l’ensemble de la communauté urbaine de Grand Poitiers, sont venus pour découvrir le monde de la ferme. Une ferme pédagogique était installée à l’occasion avec de nombreuses explications. « Les enfants et les enseignants étaient contents », confirme Michel Caillé. Les organisateurs espèrent accueillir sur l’ensemble du week-end 35 000 visiteurs. Même si la fréquentation ne semble pas un objectif, samedi les Poitevins ont répondu présents. « L’essentiel pour nous, c’est que ce moment soit convivial et que tout le monde soit heureux d’avoir fait un bon salon, aussi bien du côté des éleveurs, des exposants que du public », conclut le président de La Ferme s’invite.

Julien Privat
Julien Privat

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 10/11/2019