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Economie | Aéroport de Poitiers-Biard : SEALAR signe la convention de délégation de service public

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Ce vendredi 8 novembre, la société d’exploitation et d’action locale pour les aéroports régionaux (SEALAR) et le syndicat mixte de l’aéroport de Poitiers-Biard ont signé la convention de service public qui les unit jusqu’au 31 décembre 2031. L’objectif, durant cette concession d’une durée de douze ans, sera de développer le trafic de l’aéroport. Cette ambition sera remplie en proposant de nouvelles destinations. La première devrait être des vols proposés vers l’aéroport de Marseille-Provence (dont SEALAR est administrateur). Lors de cette signature, aucune annonce n’a été faite, il faudra patienter encore un peu pour connaître les dates de mise en place des nouvelles destinations. Première rencontre avec les dirigeants de SEALAR.

On s’attendait à des annonces sur les futures lignes qui desserviront l’aéroport de Poitiers-Biard, ce fut seulement une présentation du nouveau délégataire ce vendredi 8 novembre lors de la signature de la convention de délégation de service public entre la société SEALAR (société d’exploitation et d’action locale pour les aéroports régionaux) et le syndicat mixte de l’aéroport de Poitiers-Biard. « On est dans un temps fort, reconnaît d’emblée Bruno Belin, le président du syndicat mixte de l’aéroport de Poitiers-Biard et le président du département de la Vienne. Je remercie les rares personnes qui ont cru qu’il y aurait bien un avenir à cet aéroport. ». Lui a toujours défendu l’importance d’un tel équipement pour le rayonnement du territoire. « L’envisager sans aéroport serait utopique. Nous avons renouvelé cette délégation de service public, ce qui montre bien que cet aéroport a toutes ses raisons d’exister et de se développer », poursuit le président du syndicat mixte. 

La signature de la convention de service public entre SEALAR et le syndicat mixte de l'aéroport de Poitiers-Biard s'est déroulée ce vendredi 8 novembre

Nouvelle concession, nouvelle ère ?

SEALAR a donc été choisie pour gérer l’aéroport de Poitiers-Biard à partir du 1er janvier 2020 par le biais d’une société dédiée. Derrière cette société, trois acteurs : INSFO, filiale d'ingénierie de la chambre de commerce et d'industrie Métropolitaine Bretagne Ouest opérateur de trois aéroports bretons (Brest, Quimper, Morlaix) ; CCIMP Infrastructures, filiale de la CCI Marseille Provence qui est, entre autre, administrateur de l’aéroport Marseille Provence ; TPF Ingénierie, acteur de l’ingénierie aéroportuaire.« SEALAR est l’opérateur d’un réseau d’aéroports régionaux, explique Frank Bellion, président de la société SEALAR. Nous totalisons plus de 10 millions de passagers annuels ». 1,3 million pour les trois aéroports bretons qui ont connu en trois ans une augmentation de 20% de leur fréquentation et 9 millions pour celui de Marseille Provence. Côté gestion, SEALAR n’en est donc pas à ses balbutiements. « Nous gérons également dix-neuf ports dans le Finistère », précise Frank Bellion. Leur projet pour l’aéroport de Poitiers-Biard s’articule autour de trois axes : dynamiser l’activité et les retours économiques procurés à Poitiers et à la Vienne ;  gérer l’aéroport de façon durable et respectueuse de l’environnement ; améliorer la qualité de service en garantissant l’état des infrastructures.

Une liaison avec Marseille-Provence

Côté trafic commercial. « Il faut inciter les gens à venir. Il y a plus de 500 sites touristiques dans le département. Nous devons donc fluidifier la venue des personnes », explique Frank Bellion. L’objectif est de développer le nombre de passagers de l’aéroport, en le faisant passer de 122 504 à 189 800 passagers à l’horizon 2031. Pour cela, il va bien falloir développer et ouvrir des lignes. « Nous démarrons le travail, confie Raoul Laurent, directeur général de SEALAR. Mettre en place une ligne, ça peut se faire la première année comme ça peut se faire dans les trois premières années ». En tout cas la première liaison qui sera ouverte, (peut-être même dès 2020), c’est celle entre Poitiers et Marseille Provence. Une ouverture sur le monde, puisque 60% du trafic du 6e aéroport français est voué aux lignes vers l’extérieur. « Cela permet de se projeter partout en Europe ». Cela assurerait une meilleure connectivité à l’aéroport de Poitiers-Biard qui est déjà relié avec le HUB (le noeud ou plateforme aéroportuaire) de Lyon. SEALAR aimerait proposer 3 à 5 vols par semaine vers Marseille pour un objectif de 25 à 30 000 passagers par an. Du côté des lignes existantes, elles sont reconduites pour la liaison avec Lyon et Londres. « Le programme qui existait est renouvelé notamment vers Londres ; pour Manchester on attend, car on doit voir Ryanair dans les tout prochains jours », poursuit le directeur général. Sans doute qu’il n’y aura pas que Chalair et Ryanair en tant que compagnies proposées au départ de Poitiers-Biard. « L’idéal est de diversifier les compagnies aériennes pour être un peu plus stable ». De nouvelles lignes extérieures vont sans doute voir le jour. Poitiers-Biard devrait être relié à Bruxelles, Milan ou encore Madrid. SEALAR espère proposer 3 à 5 vols semaine, l’été en saison. 

Au niveau de l’environnement. SEALAR souhaite de plus en plus abandonner les énergies fossiles pour se tourner vers les énergies renouvelables. La société compte mettre en place une charte environnementale et intégrer l’aéroport dans la démarche internationale « Airport Carbon Accreditation » qui vise à réduire les émissions aéroportuaires de gaz à effet de serre. 

Embarquement imminent pour cet avion affrété par la compagnie Chalair qui relie Poitiers à Lyon. Cette ligne sera maintenue par le nouveau délégataire.

Pour la qualité de service, sur les 12 années que court le contrat de délégation de service public, SEALAR compte investir 8 millions d’euros. La rénovation de la piste d’atterrissage et de son balisage est prévue dans l’enveloppe pour un coût de l’ordre de 3,5 à 4 millions d’euros. Le parcours des passagers va être repensé, afin de fluidifier les formalités de contrôle et améliorer le confort à l’arrivée et l’embarquement. « Il faut qu’on réfléchisse à un parcours qui permettrait aux passagers d’arriver, de gagner du temps entre le moment où ils garent leur voiture et prennent l’avion », explique Frank Bellion. Encore une fois, avec ce genre d’action, c’est la concurrence avec le train qui semble visée. 

SEALAR fait preuve de détermination. La société se veut même rassurante sur sa façon de faire et de procéder. « Je pense que travailler ensemble de façon volontaire et en toute transparence est un gage de réussite. Il faut que notre partenariat ne soit pas que d’un côté un concédant et de l’autre coté un concessionnaire et qu’ils ne se parlent qu’une fois par an », indique Frank Bellion. SEALAR souhaite donc travailler main dans la main avec le syndicat mixte et les acteurs locaux pour faire avancer et développer Poitiers-Biard. « On y croit à cet aéroport. Nous sommes ici pour le développer et pour travailler avec notre état d’esprit », confirme Raoul Laurent, le directeur général. La délégation de service public débute ce 1er janvier 2020 et jusqu’au 31 décembre 2031. L’équipe de SEALAR doit rencontrer tout le personnel de l’aéroport cette semaine et de nouveaux éléments devraient être donnés sur les lignes et le développement. Pour cela, il faudra patienter jusqu’au 18 janvier 2020 et le salon des voyages au départ de Poitiers qui sera organisé à l’aéroport de Poitiers-Biard.

Julien Privat
Julien Privat

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 12/11/2019