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Culture | Festival BD : la 47e édition placée sous le signe de l’année de la BD

Stéphane Beaujean présentant les trois affiches réalisées pour cette 47e édition par  Charles Burns, Rumiko Takashi et Catherine Meurisse, invités d'honneur

La 47e édition du festival international de la bande dessinée (FIBD) d’Angoulême sera placée sous le signe de l’excellence. L’édition 2020 lancera la fameuse « année de la bande-dessinée » annoncée par le ministre de la culture Franck Riester au FIBD l’an dernier. Dans le même temps, Angoulême et le pole Magelis viennent d’apprendre de la part de l’Unesco que la ville comme le festival sont désormais labellisés capitale mondiale de la BD (devant Bruxelles !) et ville créative par l’Unesco. Une reconnaissance pour le territoire et pour les organisateurs, mais surtout une responsabilité des plus, qui va obliger le festival à prendre une nouvelle dimension.

Le FIBD, qui réfléchit depuis deux ans à son agrandissement en partenariat avec les collectivités locales, a d’ores et déjà prévu des nouveautés pour cette 47e édition. Entre la médiathèque Alpha et le hall de la gare, 2500 m2 vont être aménagés sur l’îlot Renaudin, pour accueillir un espace exclusivement dédié à l’art du manga. Un espace lui était déjà dévolu l’an dernier, mais ce nouvel espace va permettre de lui donner une autre dimension, avec un lieu dédié aux professionnels et aux maisons d’éditions, et un autre aux animations et aux rencontres avec les auteurs. Une xxxxN (1) de mangaka du monde entier sont attendus. La Cité de la BD et les collectivités locales comptent également renforcer la position du festival comme place forte de rencontres professionnelles à l’échelle européennes, voire mondiale. Les partenaires travaillent en ce sens sur la création d’un site en dur dans le hall 57, des locaux proches de la gare appartenant à la SNCF. Là aussi, la Région et le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) ont décidé de suivre le projet en mettant 1 million à eux deux.

Une riche programmation 2020

Visiblement rebootée par ces dernières annonces, le FIBD repart en 2020 avec une programmation ambitieuse et dense. Une trentaine de « stars » de la BD internationale sont attendus sur cette 47e édition : Juan Guarnido, Enki Bilal, Christin, Joe Sacco, Sansuke Yamada, Joann Sfar, Blain, Pellejero, Canales, Hisashi Eguchi, Kan Takahama, Charles Burns, ainsi Yukito Kishiro et Robert Kirkman qui donneront tous les deux une masterclass.

Une douzaine d’exposition sont au programme. Depuis quelques années, le FIBD met un auteur japonais en avant. Ce sera cette année Yoshiharu Tsuge, un auteur peu connu des années 1960, sur lequel les organisateurs travaillent à reconstituer son travail depuis quatre ans. Entre carnet de voyage, récits d’aventures et roman d’introspection quasi onirique, Yoshiharu Tsuge avait développé un mode de récit dessinée précurseur pour l’époque, dix ans avant les romans d’aventures américains.  En matière de fondateurs des manga, le FIBD est également aller exhumer 150 planches jamais exposées de GUNMM, sur « L’Ange Mécanique ». Toujours dans cet esprit de découverte d’auteurs fondamentaux mal connus, le festival met à l’honneur cette année l’autrice Nicole Claveloux, « pendant féminin de Moebius pour sa puissance graphique dans les années 1980  », selon Stéphane Beaujean, co-directeur artistique du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême. Le Fibd profite d’une réédition de ses œuvres pour lui rendre un hommage. La Cité de la BD va également consacrer une retrospective à Calvo (1892 -1957), un des pères de la BD mal connu, dont le musée de la BD possède un riche fonds – « aucune retrospective n’avait été jusqu’ici consacré à Calvo », explique Stéphane Beaujean.

Des auteurs connus à voir sous un autre angle

Le FIBD propose également de redécouvrir deux auteurs bien connus, mais en faisant un pas de côté pour regarder leur travail sous un autre angle. A commencer par Catherine Meurisse, connue pour son travail à Charle Hebdo de 2005 à 2016. Le FIBD propose une exposition sur la partie de son travail la plus introspective, loin de la caricature de presse, réalisée après les attentats. L’autre personnalité à découvrir sous un autre angle est Pierre Christin. « Scénariste bien connu de la série Valerian et Laureline, il est aussi l’un des premiers auteurs BD à avoir apporté un propos politique dans la bande-dessinée, avec Anne Goetzinguer et Enki Bilal », explique Stéphane Beaujean. L’exposition à venir revient notamment sur son travail sur une bande-dessinée consacrée à l’opposition des deux blocs Est-Ouest durant la Guerre Froide.

Les amateurs de frissons seront servis avec une rétrospective sur le travail de Robert Kirkman et une expo essentiellement dédiée à la série Walking Dead, qui parle de zombies. Une autre rétrospective est également consacré au travail de l’éditeur Jean Frisano, qui contribua à démocratiser les comics américains en France, de Tarzan aux super-héros de Marvel. Côté jeunesse, une exposition sera notamment consacré à l’auteur de la série Yakari (Naruto) et à l’univers de Voyages en Égypte et en Nubie de Giambattista Belzoni, du trio Grégory Jarry/ Lucie Castel/ Nicole Augereau.

Note/ Le festival se tiendra du 30 janvier au 2 février 2020, les jeudi et vendredi de 10h à 19h / le samedi de 10h à 20h / le dimanche de 10h à 18h. Programme et billeterie : bdangoulême.com

 
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Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Julien Bonnet

Publié sur aqui.fr le 16/11/2019