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Politique | Municipales en Dordogne : un scrutin à de multiples inconnues

Les élections de mars prochain devraient révéler de nombreuses surprises en mars en Dordogne

A moins de quatre mois des élections municipales des 15 et des 22 mars prochains, aqui vous propose un tour d'horizon des principaux enjeux de ce scrutin en Dordogne, où environ un maire sur deux de petites communes rurales n'a pour l'instant pas envie de poursuivre. Le nombre de listes en présence s'annonce important, notamment à Périgueux et à Bergerac. A Périgueux, le maire sortant Antoine Audi devra affronter huit autres listes dont deux conduites par des anciens adjoints de sa majorité et son prédécesseur PS Michel Moyrand. A Bergerac, le maire Daniel Garrigue a décidé de ne pas se représenter.

Les 15 et 22 mars prochain, les 505 communes de Dordogne renouveleront leurs conseillers municipaux. Si en zone rurale, de nombreux maires hésitent à repartir pour un nouveau mandat, face à la complexité des nouvelles réglementations liées aux intercommunalités, il n'en est pas de même pour les principales communes de la Dordogne. Les villes de Périgueux et de Bergerac, risquent d'être sous les feux de l'actualité nationale avec un nombre de listes record et des divisions, à gauche comme à droite.

Neuf listes à Périgueux

A quatre mois des élections les candidatures se bousculent au portillon dans la capitale du Périgord. Toutes ne sont pas encore déclarées, la date limite de dépôt des listes en préfecture étant le jeudi 27 février.
 Antoine Audi, maire LR de Périgueux, élu pour la première fois en 2014 brigue un second mandat. Ils sont déjà huit en plus du maire à s’être lancés en campagne.  Patrick Palem, nouveau venu dans le paysage politique, mais pas encarté, a reçu le soutien de la LREM associé au Modem et des parlementaires de la majorité présidentielle de la Dordogne. Il prépare une liste de "personnes de tous horizons". 
Du côté du Parti socialiste,
 Delphine Labails, qui fut la première adjointe de Michel Moyrand entre 2008 et 2014, et actuellement cheffe de file de l’opposition, a été désignée pour conduire une liste pour les prochaines municipales. Mais Delphine Labails aura face à elle, une liste menée par Michel Moyrand. Il souhaite conduire une liste  en dehors de tout parti politique. Le Comité Rénovons Périgueux a conclu un accord avec le groupe Périgueux et pourquoi pas ? animé par Thomas Sarlat. Le Rassemblement national a désigné son secrétaire départemental, Frédéric Gojard, pour être tête de liste.  Parviendra t-il à réunir le nombre de colistiers suffisant ?  En 2014, la liste du Front national avait été invalidée car non conforme en termes de parité.  Chez les anciens adjoints du maire de Périgueux, Elisabeth Dartencet conduira une liste apolitique baptisée  "pour Périgueux", avec des personnalités connues, dont certains ont acquis de solides compétences dans les collectivités. Autre candidat déclaré, Laurent Rouquié : il avait été destitué de sa fonction d’adjoint en juin 2018, suite à des divergences de vue avec le premier magistrat sur la semaine de quatre jours à l’école. Il y a une liste issue d'un collectif citoyen conduite par Hélène Reys, cheffe de projet à l’Office HLM. Elle est déjà bien connue à Périgueux pour avoir été candidate aux Législatives de 2017 sous la bannière de la France insoumise. Il y aura également une liste écologiste avec à sa tête François Carême, choisi par les militants. Reste à savoir s'il y aura 35 conseillers municipaux, comme actuellement ou bien 39. Ce sera le cas si le seuil de population dépasse 30 000 habitants au 1er janvier 2020.

Six listes à Bergerac  

A Bergerac, Daniel Garrigue ne se représente pas pour un nouveau mandat en mars 2020. En revanche, deux de ses adjoints sont candidats : Jonathan Prioleaud et Adib Benfedoul. Le maire de Bergerac estime qu'ils ont réalisé tous deux du très bon travail et qu'ils sont "tous les deux de bons candidats" avec "de grandes qualités". Cependant, Daniel Garrigue soutient Jonathan Prioleaud, estimant qu'il est le mieux placé. Les deux adjoints du maire actuel auront face à eux quatre autres listes. Fabien Ruet, a reçu l'investiture du parti socialiste, rassemble sur sa liste, des responsables écologistes locaux, la suppléante du député LREM du Bergeracois, des membres du PRG local. Il a le soutien du parti de la majorité présidentielle, ce qui suscite des remous dans son propre parti et chez les écologistes. Il a aussi sur sa liste la responsable locale d'EELV, Hélène Lehmann. Dopé par de bons résultats aux  aux européennes, et sa présence au deuxième tour des législatives de 2017, le Rassemblement National, avec à sa tête Robert Dubois, espère faire un bon score et être présent au deuxième tour. Il y aura une vraie liste de gauche , réunissant des communistes, des verts, et des personnes issues de la société civile. Depuis quelques jours, on sait qu' il y aura une sixième liste en présence, majoritairement issue de la société civile. Dans ce groupe dont le chef de file n'est pas encore désigné on trouve l'ancien maire PS de Bergerac, Dominique Rousseau, qui n'est plus encarté. Cette liste est soutenue par Christophe Fauvel, le patron du Medef et de la CCI de la Dordogne mais il indique ne pas être candidat. A Bergerac, les divisions à gauche, celles des écologistes avec comme pomme de discorde, La République en Marche, les divisions à droite, pourraient au final faire la part belle au Rassemblement national. Certains observateurs redoutent une triangulaire avec le parti de Marine Le Pen, au soir du 15 mars. 

 Des enjeux dans l'agglomération périgourdine 

 Parmi les communes de l'agglomération périgourdine à suivre, il y aura inévitablement Boulazac Isle Manoire, née de la fusion de Boulazac, Atur et Saint-Laurent sur Manoire. Le maire communiste, Jacques Auzou, briguera un sixième mandat. Il a le soutien des maires délégués d'Atur et de Saint Laurent. En 2014, il avait été réélu sans concurrence en face. Cette fois, il aura face à lui, une liste "citoyenne" emmenée par Jérémy Pierre Nadal, qui est lui encarté au parti socialiste. Il est connu pour être l'ancien attaché parlementaire d'Alain Rousset, quand il était député.  Cette liste rassemblera au delà des partis. Jacques Auzou est l'actuel président du Grand Périgueux. 
A Trélissac, Francis Colbac, maire communiste se représente. Il aura face à lui Eric Fallous, 47 ans. Soutenu par La République en marche, l’élu est en train de constituer une liste ouverte et « sans étiquette ». Avec un cheval de bataille : la gestion financière de la commune. Le parti communiste espère un accord sur la commune avec le PS, où Philippe Saïd a été investi. Parviendra t-il à constituer une liste ? Rien n'est moins sur. 
Cap à l'Ouest de l'agglomération, avec la commune de Coulounieix-Chamiers. Le maire Jean-Pierre Roussarie (PS), a fait le choix de ne pas se représenter. Il devrait y avoir quatre listes. Partie très tôt en campagne, sa première adjointe, Mireille Bordes, vice-présidente du Conseil départemental, a été investie par le parti socialiste .Elle aura en face,  Vincent Belloteau, ancien socialiste, qui est le directeur du cabinet du maire. Le centriste Thierry Cipierre, phamarcien sur la commune, et actuel adjoint au maire de Périgueux est candidat. Parmi ses futurs colistiers, on trouve deux membres de l'ancienne équipe de Michel Dasseux et le jeune Lucas Guillemot, attaché parlementaire du député LREM Philippe Chassaing. Le chef de file de l'opposition, Yves Schricke qui n'est plus encarté aux Républicains, mènera une liste, n'étant pas parvenu à une alliance avec Thierry Cipierre face à la gauche. 
Sur les autres communes de la Dordogne, il sera intéressant de suivre le scrutin à Terrasson, où le responsable départemental des Républicains, pourrait être candidat. C'est l'actuel maire de Thenon. L'enjeu est clairement la tête de la Communauté de communes. A Sarlat, Jean Jacques De Peretti, n'a pas encore fait connaître sa décision de briguer un sixième mandat. Un rassemblement de toutes sensibilités de gauche (PC, PS, verts) est à l'étude.
Prise de guerre de la droite en 2014 après plus de quarante ans à gauche, Ribérac attirera les regards lors du prochain scrutin municipal. D’autant que l’ancien maire est une figure de Dordogne: l’ex-président socialiste du Conseil général, désormais sénateur à La République en marche, Bernard Cazeau. Patrice Favard, ancien secrétaire départemental de l'UMP,  briguera un second mandat : il aura face à lui Nicolas Platon ( PS) ancien responsable de la communication du Conseil départemental et en disponibilité. Ce dernier souhaite rassembler le plus largement possible. Philippe Chotard et Philippe Rallion sont sans étiquette, mais de tendance social-démocrate. Ils préparent une équipe aux têtes nouvelles, avec le soutien de Bernard Cazeau.

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : archives Claude Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 02/12/2019