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Spécial | Les enjeux des élections municipales en Dordogne

Les élections de mars prochain devraient révéler de nombreuses surprises en mars en Dordogne

En Dordogne, 172 listes ont été validées par le ministère de l’Intérieur pour l’ensemble des 88 communes de plus de 1000 habitants. Parmi les villes à enjeux, à Périgueux, le maire sortant Antoine Audi devra affronter sept autres listes dont deux conduites par des anciens adjoints de sa majorité et son prédécesseur PS Michel Moyrand. A Bergerac, le maire Daniel Garrigue a décidé de ne pas se représenter. Sur l'agglomération périgourdine, la bataille s'annonce rude à Boulazac et Trélissac, détenues par des élus communistes, à Coulounieix Chamiers où une quadrangulaire est possible au 2e tour.

Les 15 et 22 mars prochain, les 505 communes de Dordogne renouvelleront leurs conseillers municipaux. 172 listes ont été validées par le ministère de l’Intérieur pour l’ensemble des 88 communes de plus de 1000 habitants. Sur les communes de moins de 1000 habitants, le nombre de candidats est en baisse : 6054 contre 7230 en 2014. Le candidat le plus jeune a 18 ans, et le plus âgé a 90 ans.  Parmi les nationalités présentes sur les listes, on trouve les nationalités allemande , autrichienne, belge, espagnole, irlandaise , italienne, néerlandaise, polonaise et portugaise. Nous vous proposons un tour d'horizon sur les principales villes du département et les principaux enjeux. 

Huit listes à Périgueux

 Antoine Audi, maire LR de Périgueux, élu pour la première fois en 2014 brigue un second mandat à Périgueux. Ayant du faire face à la désaffection ou démissions de plusieurs adjoints au cours de ce mandat, le maire présente une équipe en partie renouvelée : quinze conseillers  ont décidé de poursuivre l'aventure au côté d'Antoine Audi. Ses colistiers viennent de divers horizons : commerçants, chefs d'entreprise, personnels de santé, étudiant, enseignants, employés d'assurance ou de banques. ll affiche à son actif une ville qui gagne des habitants et des projets en cours pour redynamiser la ville, tels que le pôle multimodal de la gare ou le futur quartier Montaigne. Ce dernier projet a cependant soulevé une vague de mécontement sur laquelle surfent aujourd'hui ses opposants. Face au maire, ils sont sept : Frédéric Gojard, pour le Rassemblement National, n'est pas parvenu à constituer sa liste. 
 Patrick Palem, nouveau venu dans le paysage politique, mais pas encarté, a reçu le soutien de la LREM associé au Modem et des parlementaires de la majorité présidentielle de la Dordogne. Entouré de personnes de tous horizons professionnels et associatifs, l'ancien directeur de la Socra souhaite renforcer l'attractivité du centre ville, en améliorant la fluidité de la circulation, en soutenant le commerce, en favorisant la transition écologique et en améliorant l'accès aux soins des habitants.  Du côté du Parti socialiste, Delphine Labails, qui fut la première adjointe de Michel Moyrand entre 2008 et 2014, et actuellement cheffe de file de l’opposition, a été désignée pour conduire une liste pour les prochaines municipales. Justice sociale, transition écologique, plan de rénovation des écoles, restauration scolaire 100 % bio et locale, voici quelques-unes des idées développées par Delphine Labails. Des thèmes qu'elle porte tout en assumant son attachement indéfectible au Parti Socialiste et à ses valeurs. Son projet pour la ville se veut aussi très protecteur de l'environnement et respectueux de la biodiversité. Elle propose la création d'une brigade équestre. Mais Delphine Labails aura face à elle, une liste menée par Michel Moyrand,  désormais ex PS qui conduit une liste en dehors de tout parti politique. Le Comité Rénovons Périgueux a conclu un accord avec le groupe Périgueux et pourquoi pas ? animé par Thomas Sarlat. Les principaux axes de son programme sont l'écologie, le mieux vivre ensemble, le social et une fiscalité raisonnée. Chez les anciens adjoints du maire de Périgueux, Elisabeth Dartencet conduit une liste apolitique baptisée  "pour Périgueux", avec des personnalités connues, dont certains ont acquis de solides compétences dans les collectivités. Les axes de son programme concernent la circulation, les commerces, l'écologie, l'urbanisme et la démocratie participative. Autre candidat, Laurent Rouquié : il avait été destitué de sa fonction d’adjoint en juin 2018, suite à des divergences de vue avec le premier magistrat sur la semaine de quatre jours à l’école. Il souhaite redonner de l'attractivité à la ville face aux fragilités économiques, commerciales et environnementales.  Il y a une liste issue d'un collectif citoyen conduite par Hélène Reys, cheffe de projet à l’Office HLM. Elle est déjà bien connue à Périgueux pour avoir été candidate aux Législatives de 2017 sous la bannière de la France insoumise. Il y aura également une liste écologiste avec à sa tête François Carême, choisi par les militants. Parmi ses projets, il souhaite une ville zéro déchet et revoir la politique des transports.

Six listes à Bergerac  

A Bergerac, Daniel Garrigue ne se représente pas pour un nouveau mandat. Ils seront six à tenter de lui succéder. Deux de ses adjoints sont candidats : Jonathan Prioleaud et Adib Benfedoul. Les deux adjoints du maire actuel auront face à eux quatre autres listes. Fabien Ruet, a reçu l'investiture du parti socialiste, compte sur sa liste la suppléante du député LREM du Bergeracois, des membres du PRG local. Il a le soutien du parti de la majorité présidentielle. Dopé par de bons résultats aux européennes, et sa présence au deuxième tour des législatives de 2017, le Rassemblement National, avec à sa tête Robert Dubois, espère faire un bon score et être présent au deuxième tour. Il y aura une vraie liste de gauche , réunissant PC, EELV, LFI, Génération.s, et le Parti occitan et des personnes issues de la société civile. Elle est conduite par Julie Téjérizo.   Une sixième liste en présence, majoritairement issue de la société civile sera conduite par Hélène Gauthier. Dans ce groupe on trouve l'ancien maire PS de Bergerac, Dominique Rousseau, qui n'est plus encarté. Cette liste est soutenue par Christophe Fauvel, le patron du Medef et de la CCI de la Dordogne.  Les divisions à gauche, celles des écologistes avec comme pomme de discorde, La République en Marche, les divisions à droite, pourraient donner une quadrangulaire au deuxième tour. 

 Des enjeux dans l'agglomération périgourdine 

 Parmi les communes de l'agglomération périgourdine à suivre, il y aura inévitablement Boulazac Isle Manoire, née de la fusion de Boulazac, Atur et Saint-Laurent sur Manoire. Le maire communiste, Jacques Auzou, briguera un sixième mandat. Il a le soutien des maires délégués d'Atur et de Saint Laurent. En 2014, il avait été réélu sans concurrence en face. Cette fois, il aura face à lui, une liste "citoyenne" emmenée par Jérémy Pierre Nadal, qui est lui encarté au parti socialiste. Il est connu pour être l'ancien attaché parlementaire d'Alain Rousset, quand il était député.  Cette liste rassemblera au delà des partis. Jacques Auzou est l'actuel président du Grand Périgueux. 
A Trélissac, Francis Colbac, maire communiste se représente. Il aura face à lui Eric Fallous, 47 ans. Soutenu par La République en marche, l’élu a constitué une liste ouverte et « sans étiquette ». Avec un cheval de bataille : la gestion financière de la commune. 
Cap à l'Ouest de l'agglomération, avec la commune de Coulounieix-Chamiers. Le maire Jean-Pierre Roussarie (PS), a fait le choix de ne pas se représenter. Il y a  quatre listes. Partie très tôt en campagne, sa première adjointe, Mireille Bordes, vice-présidente du Conseil départemental, a été investie par le parti socialiste . Elle aura en face,  Vincent Belloteau, ancien socialiste, qui est le directeur du cabinet du maire et soutenu par ce dernier. Sa liste est soutenue par EELV, LFI. Le centriste Thierry Cipierre, pharmacien sur la commune, et actuel adjoint au maire de Périgueux est candidat. Parmi ses futurs colistiers, on trouve deux membres de l'ancienne équipe de Michel Dasseux et le jeune Lucas Guillemot, ex-attaché parlementaire du député LREM Philippe Chassaing. Le chef de file de l'opposition, Yves Schricke qui n'est plus encarté aux Républicains, mène une liste, n'étant pas parvenu à une alliance avec Thierry Cipierre face à la gauche. Ces quatre listes sont susceptibles de figurer au second tour : dans cette ville de l'agglomération périgourdine, on s'attend à une quadrangulaire, ce qui serait une première dans l'histoire de la ville.
Sur les autres communes de la Dordogne, il sera intéressant de suivre le scrutin à Terrasson, où le responsable départemental des Républicains est candidat. C'est l'actuel maire de Thenon. L'enjeu est clairement la tête de la Communauté de communes. A Sarlat, le maire sortant, Jean-Jacques de Peretti se représente avec la liste " Sarlat pour tous". Il est élu depuis 1989. Sont également en lice : Francois Coq, Europe Ecologie les verts pour la liste " Ma commune, ma planète ; Michel Kneblewski, ancien adjoint de Jean-Jacques de Peretti pour une liste sans étiquettes " Ensemble pour retrouver l'équilibre et Basile Fanier, jeune gaulliste à la tête de la liste "100% Sarlat". Un des principaux enjeux concerne l'activité touristique et la diminution du nombre de ses habitants. 

Prise de guerre de la droite en 2014 après plus de quarante ans à gauche, Ribérac attirera les regards lors du prochain scrutin municipal. D’autant que l’ancien maire est une figure de Dordogne: l’ex-président socialiste du Conseil général, désormais sénateur à La République en marche, Bernard Cazeau. Patrice Favard, divers droite, ancien secrétaire départemental de l'UMP,  briguera un second mandat : il aura face à lui Nicolas Platon ( PS) ancien responsable de la communication du Conseil départemental et en disponibilité. Ce dernier souhaite rassembler le plus largement possible. Philippe Chotard,  de tendance social-démocrate est parvenu à constituer une troisième liste avec le soutien de sénateur Bernard Cazeau. 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : archives Claude Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 06/03/2020