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Edito | Réforme des retraites : ces 64 ans qui passent mal

A points et universel : le premier ministre a mis fin au flou qui a entouré, trop longtemps, le projet de réforme des retraites en déroulant les grandes lignes des décisions prises au sein de l'exécutif. Ou plutôt au Palais de l'Elysée... Car, s'il devait y avoir le moindre doute sur les arbitrages rendus, ils l'ont été par Emmanuel Macron dont Edouard Philippe n'a pas tardé de rappeler, dans sa présentation, que le régime universel et la fin des régimes spéciaux figuraient « au cœur du projet présidentiel » et de la campagne des législatives qui suivirent au printemps 2017

 

Et s'il fallait enfoncer le clou sur cette certitude on le trouverait dans la décision de fixer à 64 ans « l'âge d'équilibre » pour accéder à une retraite à taux plein à partir de 2027 avec le système de bonus-malus. C'est à dire deux ans après l'âge « légal », aujourd'hui fixé à 62 ans. L'annonce qui a fait sortir de ses gonds, en réaction immédiate, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, l'homme que l'on disait pourtant le plus à même de finir par soutenir cette réforme. « Ligne rouge franchie » a-t-il rapidement déclaré en ajoutant sa déception que le volet « pénibilité » n'ait pas été traité par le premier ministre - il l'a été pour certains métiers de l'hôpital - Et, ce n'est ni l'engagement pris de renvoyer les modalités de la fin des régimes spéciaux dans les entreprises, SNCF et RATP, non plus que celui de confier aux partenaires sociaux, sous le contrôle du parlement, « la gouvernance » du nouveau régime qui satisfera le patron du syndicat réformiste, ses homologues de l'UNSA qui devront attendre le lancement d'improbables négociations avec le ministre de l'Education pour rassurer les enseignants sur le rélèvement de leurs rémunérations, et ceux de la CFTC sur lesquels le gouvernement comptait aussi, à moins qu'il n'y compte encore, pour arrêter des grèves qui ont un très fort impact sur les conditions de travail et de vie de millions de français. Et sur l'économie à l'approche des fêtes de Noël.

L'Elysée et Matignon entendront-ils l'appel de Laurent Berger qui dans le Journal du Dimanche » de ce 15 décembre demande que « l'on sorte la question de l'âge d'équilibre du projet de loi » et ajoute:" je ne souhaite pas de blocage des transports pour Noël. Ne faisons pas payer l'addition aux usagers."

 

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 11/12/2019