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Politique | Interview - Jean-Paul Duret président de Limoges Métropole: « Mon objectif est de laisser à mes successeurs des dossiers carrés »

Jean-Paul Duret, président de Limoges Métropole

Président de la Communauté Urbaine Limoges Métropole et maire de Panazol, Jean-Paul Duret a succédé le 1er mars 2019 à Gérard Vandenbroucke à la tête de Limoges Métropole, un intérim de quelques mois avant son retrait de la vie politique. A l'aune de son départ, il revient sur les actions menées et espère que ses successeurs poursuivront le construction de la nouvelle communauté urbaine, portée dans la douleur sur les fonds baptismaux voilà un an.

@qui : La construction politique de la Communauté urbaine a été longue et compliquée, quel bilan tirez-vous un an après sa création ? A-t-elle trouvé sa vitesse de croisière ?

Jean-Paul Duret : Je ne sais pas si la Communauté Urbaine a trouvé sa vitesse de croisière mais le principal est d'y être passé, même si on peut regretter le temps perdu. Aujourd'hui, cela nous apporte une manne financière supplémentaire et davantage de compétences par rapport à la Communauté d'Agglomération. Le climat s'est apaisé avec le mode de gouvernance que nous avons mis en place, la première vice-présidence étant occupée par le premier adjoint de la Ville de Limoges. Cela a amené un certain équilibre, c'était une demande de la Ville. La construction de l'Agglo s'est faite dans des conditions particulières. Après la défaite d'Alain Rodet aux municipales de 2014, personne n'était préparé, d'un côté comme de l'autre, à prendre les rênes de cette nouvelle agglomération. Nous récoltons maintenant les fruits du travail mené avec Gérard Vandenbroucke durant cinq ans. Limoges Métropole a son autonomie et son indépendance. Certes, la Ville de Limoges est la plus grande des vingt communes mais, au même titre qu'Aureil, elle appartient à l'EPCI. Il n'y a plus de mélange des genres sur la direction de l'EPCI qui a son président, sa direction des ressources humaines, ses services juridiques. La conférence des maires que nous avons mise en place s'est ainsi réunie deux fois. Pour le prochain mandat, l'enjeu sera de mutualiser un certain nombre d'actions. Mon objectif est de laisser à l'équipe qui arrivera des dossiers « carrés ». A trois mois de l'échéance, je ne vais pas engager mes successeurs dans des opérations qui nécessitent un choix partagé.

@aqui :  Des projets avancés ont enfin abouti, pouvez-vous en citer quelques uns ? Qu'en est-il du transfert de compétences ?

Jean-Paul Duret :  Nous avons avancé sur les projets majeurs de la mandature à commencer par le BHNS, le Bus à Haut Niveau de Service. C'est le cas aussi pour la ceinture maraîchère qui est importante pour l'agglomération. Voilà un acte fort de revalorisation de notre territoire car le maraîchage était autrefois très présent autour de Limoges. La Communauté Urbaine a également obtenu le transfert de nouvelles compétences, par exemple, la gestion de l'eau. Les liens se sont également renforcés avec l'Université sur des projets qui vont naître à la technopole ESTER, notamment le regroupement d'écoles d'ingénieurs ou la participation à un Datacenter. Nous avons subventionné un Diplôme Universitaire insertion. Concernant le développement économique, nous sommes dans la logique « Territoires d'Industrie » avec une charte qui a défini des axes de travail. Des industriels en portent certains comme Texelis et Bernardaud. Legrand va être partie prenante en apportant son savoir-faire en matière de recherche.

@aqui : Quelle est votre perception de la Région et comment Limoges Métropole se positionne-t-elle dans ce vaste territoire ?

Jean-Paul Duret : Bordeaux est loin, nous ne voyons pas Alain Rousset tous les jours, c'est moins pratique. L'effet le plus positif est à mon sens l'investissement de la Région sur la formation professionnelle, même si ce n'est pas l'une de nos compétences. J'espère que cela répondra aux attentes des industriels qui manquent cruellement de main d'oeuvre qualifiée. L'aménagement du territoire est une autre problématique avec la Région. Pour la RN 147, nous avons déjà mis cinq millions sur la table et on va nous en demander encore plus. Il faut que le projet se fasse soit avec des travaux sur la route actuelle, soit avec une autoroute concédée. Concernant le ferroviaire, nous finançons avec le Grand Angoulême une étude sur la liaison Limoges-Angoulême pour rattraper la LGV à Angoulême. Elle pourrait se faire plus rapidement que la N147 pour prendre le TGV à Poitiers. La Région est aussi un partenaire privilégié pour « Territoires d'Industrie » et l'organisation du tourisme, nous avons un important contrat de solidarité et d'attractivité afin de financer des actions. Le label French Tech a également apporté un plus à l'agglomération en terme d'attractivité. Dernièrement, Safran Oerlikon a signé une convention pour s'implanter à ESTER dans le but de mener une réflexion sur le traitement de surface céramique appliqué aux avions.

Corinne Merigaud
Corinne Merigaud

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 07/01/2020