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Politique | Tribune Libre : Paul Melun : « Misons sur les villes moyennes ! »

Paul Melun

L’association Villes et villages publie ce dimanche son palmarès des villes où il fait bon vivre en France. A rebours de l’idée selon laquelle seules les grandes métropoles sont attractives, ce classement place au sommet de son classement de nombreuses villes moyennes, notamment Bayonne (2e) et La Rochelle (3e).

A la veille des élections municipales de 2020, les sujets de mal logement, de pollution et d’insécurité occupent le devant de la scène dans les grandes agglomérations. Dès la deuxième moitié du XXème siècle, les choix de développement de ces grandes métropoles, à commencer par la ville de Paris, ont créé les menaces actuelles. La concentration des pouvoirs et des richesses dans la capitale et dans certaines métropoles, conduit aujourd’hui à une rupture parfois violente (Gilets Jaunes, radicalisation des mouvements sociaux).

Le climat national de défiance et de haine envers les institutions, le sentiment des Français de ne pas être entendus par une élite déconnectée et la peur du déclassement sont en partie liés à l’abandon des territoires par le pouvoir central.

Réanimer l’écosystème local

Il est urgent de « renverser la table » et de recréer l’espoir dans les territoires. Les villes moyennes doivent être la clé de voute de ce grand mouvement de retour au local. En redéveloppant les villes moyennes, c’est l’écosystème local dans son ensemble qui sera réanimé.

Réimplanter de l’activité économique doit constituer un premier levier d’attractivité. Il s’agit de concilier les secteurs des services, de l’industrie et de l’agriculture afin de créer de l’emploi stable et innovant. La ville moyenne de demain doit tout autant créer des laboratoires de recherche et entreprises innovantes que des zones artisanales qui mettent en avant les savoirs faires ancestraux.

Tisser le lien culturel et social est un prérequis indispensable à la vie et à l’attractivité des villes moyennes. Les municipalités doivent bénéficier de moyens afin d’ouvrir des cinémas en régie dans les centres-bourgs, de créer des festivals ou de monter des maisons d’artistes. Les grandes écoles et pôles universitaires doivent déployer davantage de campus délocalisés dans les villes moyennes et nouer des partenariats avec les entreprises et collectivités locales.

Un nouveau contrat social

Les villes moyennes doivent être les laboratoires d’un nouveau paysage français basé sur la proximité et l’écologie. Au cœur de « bio-régions » plus vastes, ces communes peuvent expérimenter un modèle inédit où les centres-villes végétalisés côtoient un patrimoine historique et architectural lui aussi préservé et réhabilité. Il s’agira dans ces villes pilotes de stopper l’étalement urbain, de redéployer des lignes ferroviaires de proximité et d’ouvrir des réseaux de pistes cyclables. Ce modèle est exportable au-delà des seules villes littorales relevées dans le palmarès dans des territoires qui s’avèrent aux aussi très riches (Limousin, Dordogne…).

Les défis environnementaux et sociaux sont immenses et ne pourront être résolus que par un nouveau contrat social entre les métropoles, les villes moyennes et la ruralité.

Paul Melun
Paul Melun

Crédit Photo : Paul Melun

Publié sur aqui.fr le 26/01/2020