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Environnement | World Impact Summit : l'édition 2020 se dévoile

World Impact Summit

Ce mardi 28 janvier au CAPC (musée d'art contemporain) de Bordeaux, Nicolas Pereira et l'équipe de la plateforme de financement solidaire Solylend ont dévoilé les premiers contours de l'édition 2020 du World Impact Summit, un festival professionnel et grand public engagé qui tiendra sa troisième édition du 28 au 30 mai prochain sur la Place des Quinconces à Bordeaux. L'occasion pour le fondateur de l'évènement de dévoiler les noms des premiers invités et de parler des premières tendances thématiques de ces rencontres entre entreprises et tables rondes thématiques. Sans surprise, le thème phare sera la biodiversité. Premiers éléments sur ce qui vous attend.

Cela ressemble à deux bonhommes dans une barque où l'un d'entre eux tire l'autre vers le haut. Ou ça ressemble peut-être à autre chose, peu importe. En tout cas, c'est le nouveau logo du World Impact Summit, qui réfléchit déjà à sa troisième édition et a même pris date, ce mardi. Elle aura lieu du 28 au 30 mai, toujours sur la Place des Quinconces à Bordeaux.

Ambitieux programme

L'évènement, créé par la plateforme de financement de projets solidaires, baptisée Solylend, a pour chef de file Nicolas Pereira, un entrepreneur bordelais de 28 ans. Il a pour objectif, au travers de ces trois jours constitués de conférences, de rencontres et de moments plus festifs (l'an dernier, les concerts de Mika ou de Cassius, par exemple), de sensibiliser à la fois les participants et le grand public à la problématique de l'environnement et à l'impact positif que les projets présentés peuvent avoir. 2020 ne sera en effet pas une année bouche-trou pour l'environnement : en octobre 2020 doit avoir lieu la COP15 (Conférence des Parties) à Kumming, en Chine. Son objectif sera rien de moins que la création d'un nouveau cadre pour la biodiversité mondiale post-2020, dont l'IPBES a confirmé en mai dernier l'alarmant déclin, venant ainsi confirmer le bilan sur les impacts du changement climatique effectué par le GIEC en 2018 (et en 2019 sur les sols). Plus tôt, du 11 au 19 juin à Marseille doit se tenir le Congrès Mondial de la Nature de l'UICN, sommet d'inter gouvernance environnementale organisé tous les quatre ans (le dernier s'était déroulé en septembre 2016 à Honolulu). 

Démarche collective

L'évènement bordelais, de son côté, compte faire un pont avec le Sommet Afrique-France, organisé en juin et dont le thème central tourne autour des "villes durables", mais aussi avec l'Amérique latine, autour de laquelle une dizaine de délégations sont attendues. "L'enjeu climatique nous oblige à sortir des postures. La prise de conscience est assez globale, on sent que c'est en train de bouger", a affirmé ce mardi soir Nicolas Pereira, lors d'une soirée de présentation des premiers éléments de l'édition 2020 du World Impact Summit. Pour les organisateurs, l'objectif semble clair : passer la vitesse supérieure. 5000 professionnels, 300 exposants et 30 000 particuliers sont attendus sur les trois jours de l'évènement dont deux jours dédiés aux professionnels et une journée centrée sur le grand public. La biodiversité et l'engagement seront ainsi les deux grands fils rouges de cette édition, et les débats autour d'intervenants emblématiques feront leur retour. Si la liste n'est pas tout à fait arrêtée à l'heure d'écrire ses lignes, les ambitions sont là : celles d'accueillir Emmanuelle Wargon (Secrétaire d'État à la Transition Écologique), Bertrand Piccard (fondateur de Solar Impulse), Isabelle Autissier (Présidente de WWF France), Eric Garcetti (maire de Los Angeles et président du C40), Nicolas Hulot et, non encore confirmée mais souhaitée par l'équipe organisatrice, la jeune activiste Greta Thunberg. 

D'autres évènements feront leur retour, comme le concours de start-ups présentant des solutions durables, le tout avec un objectif commun : "créer de la continuité et passer des paroles aux actes". Nicolas Pereira a ainsi précisé que les entreprises invitées devraient venir avec du concret dans leurs bagages. "On leur demande d'avoir un plan d'action et d'engagements sur la manière dont ils vont réduire l'impact carbone de leur activité. C'est inscrit dans leur plan stratégique. On ne pourra pas jouer le rôle d'un organisme de contrôle, mais on va s'assurer que les engagements qui sont proposés puissent être mis en œuvre". Questionné sur l'effet "green washing" d'une telle mesure, l'entrepreneur se veut optimiste : "la plupart des entreprises sont déjà en train d'y réfléchir, elles savent qu'elles doivent se transformer. Cet engagement là les pousse simplement à aller plus vite, mais je pense qu'elles en ont déjà envie". Créateur du pacte "Bordeaux Durable", le fondateur du World Impact Summit a aussi décidé d'inscrire dès le départ son festival dans une démarche écologique : zéro plastique, toilettes sèches, restauration locale, énergies renouvelables pour alimenter le site... autant de points qui l'ont également poussé à élargir les thématiques de son "village des solutions", qui ira de la mode éthique à la "finance d'impact" en passant par le traitement et la gestion de l'eau. Huit tables rondes et une dizaine d'ateliers pédagogiques de sensibilisation sont notamment programmés lors de la journée grand-public.

Tour de France 

Enfin, pour la première fois sous le label Magnetic Bordeaux, le World Impact Summit a l'ambition de s'exporter au-delà, des frontières de la métropole girondine. Aux côtés du Ministère de la Transition Écologique et de l'Ademe, il prévoit d'organiser dès septembre 2020 un "tour de France des solutions pour la planète" (on ne connaît pas encore le mode de transport, on sait juste que ça ne se fera pas en vélo et que ça décevra sans doute les amateurs de la petite reine). Ce dernier passera par Nantes, Rennes, Lille et Strasbourg en 2020 et Paris, Lyon, Marseille, Montpellier et Toulouse en 2021. "On veut rassembler les acteurs de la transition tout autour de la France et être dans une logique de mobilisation des écosystèmes. Il y a des solutions qui émergent partout, on ne veut pas faire de Bordeaux la seule et unique ville qui a son évènement, qui construit un écosystème et qui le met en valeur. C'est impossible à dupliquer sur le même format, ce sera plus petit, mais l'objectif de sensibilisation et de mobilisation est le même", a ainsi précisé Nicolas Pereira. "On vise une démarche à minima nationale". En attendant, le World Impact Summit compte visiblement s'inscrire dans la liste des festivals engagés, aux côtés de Climax en septembre.

Romain Béteille
Romain Béteille

Crédit Photo : RB

Publié sur aqui.fr le 29/01/2020