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Economie | Enquête INSEE aéronautique et spatial : entre bonne forme et difficultés d'embauche

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Le titre d'une des deux enquêtes menées auprès de 2400 entreprises de la filière donne le ton : « une dynamique toujours favorable dans le Grand Sud-Ouest », dénomination regroupant Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. L'aéronautique et le spatial représentent 159 000 emplois dans les deux régions, dont 48 000 en Nouvelle-Aquitaine, avec 4 600 nouveaux postes pourvus en 2018, soit une hausse de 3%. En Nouvelle-Aquitaine, la hausse est un peu moins élevée avec 2,7% pour 2018. Malgré ce dynamisme, toutefois ralenti par rapport à 2017, le recrutement demeure un problème structurel dans la filière.

Les filières aéronautique et spatiale drainent plus d'un emploi sur cinq dans le secteur industriel dans le Grand Sud-Ouest. Les tendances doivent donc être analysées de près, en l'occurrence une fois par an grâce à l'INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques). Le bilan des chiffres 2018 collectés n'est pas pour déplaire aux 2400 entreprises interrogées. Les hausses sont moins importantes qu'en 2017, mais les bons résultats demeurent significatifs. Les entreprises les plus performantes étant celles qui décident d'investir dans l'innovation selon l'INSEE.

Réseau régional rayonnant

4600 emplois supplémentaires ont été pourvus dans le Grand Sud-Ouest quand l'activité aéronautique et l'activité spatiale connaissent respectivement des croissances de 3,4% et 13,4% pour les entreprises de la chaîne d'approvisionnement. Les chiffres sont fortement dopés par l'industrie, pilier de l'activité d'une majorité d'entreprises. Au moment de l'enquête, entre mars et juillet, les interrogés tablaient sur une accélération encore plus importante de leur activité pour début 2019. Les Petites et Moyennes Entreprises (PME) affichent une parfaite santé avec une croissance de 4,2%. Le diminution du dynamisme provient donc des Grandes Entreprises (GE) qui connaissent des difficultés sur les marchés internationaux.

Un bon point est à mettre en avant pour flatter le régionalisme : un client sur deux des entreprises interrogées de l'aéronautique et du spatial est originaire du Grand Sud-Ouest. « Le dynamisme de la chaîne d'approvisionnement s'appuie sur des liens étroits au sein de l'écosystème aérospatial du Grand Sud-Ouest » constate l'INSEE. Et si la filière est concentrée sur les départements de la Gironde et de la Haute-Garonne, avec Bordeaux et Toulouse, elle est avant tout présente sur tous les départements du Grand Sud-Ouest. Outre les géants Airbus, Thalès, Dassault et Ariane, des pôles régionaux entraînent une activité de premier plan. Safran est par exemple présent dans les Pyrénées-Atlantiques, tout comme Ratier-Figeac dans le Lot. « C'est aussi un réseau complémentaire entre les universités et les chercheurs » note Guilhem Cambon, chargé d'études pour l'INSEE en Occitanie.

Trop d'emplois non-pourvus

70% des entreprises interrogées disent avoir émis des besoins de recrutement en 2018. Bonne nouvelle donc a priori puisque le secteur embauche. Pourtant, les difficultés sont d'envergure pour recruter, si bien que le problème est structurel depuis de nombreuses années. 90% des entreprises qui recrutent disent avoir subi un manque de candidatures. Et quand les candidats étaient là, 70% des recruteurs n'ont pas trouvé les profils recherchés. « Il y a un problème d'attractivité de l'industrie en général mais aussi des territoires » remarque Yann Barbaux, président du pôle de compétitivité Aerospace Valley. L'étude de l'INSEE met pourtant en avant le dynamisme des pôles régionaux et territoriaux. C'est donc du côté des missions demandées par les entreprises qu'il faut regarder. Selon l'INSEE, 56% des entreprises de l'aéronautique et du spatial fabriquent uniquement selon les spécifications du client. La tâche exécutée est particulière et techniquement exigeante : le salarié potentiel n'a donc pas nécessairement les qualifications pour y répondre. A cela s'ajoute la compétition pour le recrutement entre entreprises du même bassin d'emploi. L'offre de postes est plus importante que la demande. Malgré le groupe de travail mis en place entre les rectorats académiques, les représentants d'entreprises et d'organisations, les solutions concrètes manquent pour répondre au problème.

Maxime Giraudeau
Maxime Giraudeau

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 30/01/2020