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Société | Coronavirus : le point en Nouvelle-Aquitaine

coronavirus Nouvelle-Aquitaine

Sur les 577 cas de coronavirus confirmés en France, onze sont situés en Nouvelle-Aquitaine depuis le début de l'épidémie, a affirmé mardi la préfète régionale et départementale Fabienne Buccio. Cette dernière a assuré, aux côtés du rectorat, que la rentrée scolaire prévue ce lundi 9 mars "aurait bien lieu". Du côté des établissements de santé de la région, on se prépare lentement à la phase 3, selon les propos du directeur de l'Agence Régionale de Santé. Alors que le ministère de la Santé confirmait neuf morts en France, on fait le point sur les dernières évolutions locales de l'épidémie, toujours en "stade 2".

154 cas supplémentaires de coronavirus ont été diagnostiqués en France selon un bilan ministériel communiqué ce vendredi, avec deux nouveaux décès, ce qui porte à neuf le nombre de décès confirmés, au moment où la France est toujours en "stade 2" de l'épidémie et se prépare à passer au "stade 3". Ce vendredi matin, la préfète de Nouvelle-Aquitaine, Fabienne Buccio, accompagnée du directeur de l'Agence Régionale de Santé Michel Laforcade et de la rectrice de la région académique de Nouvelle-Aquitaine, Anne Bisagni-Faure, ont évoqué lors d'un point presse la situation locale à l'épidémie dont l'impact est déjà réel sur l'économie selon l'OCDE.

En Nouvelle-Aquitaine, onze cas sont confirmés à la mi-journée ce vendredi depuis le début de l'épidémie, dont trois nouveaux, comme l'a précisé le directeur de l'ARS : "Il s'agit d'une femme de Royan âgée de 50 ans de retour d'Italie et hospitalisée au CHU de Bordeaux et une femme de 63 ans d'Angoulême, de retour d'un rassemblement religieux à Mulhouse hospitalisée à Angoulême". Enfin, un troisième cas a été confirmé en fin d'après-midi. Originaire de Dordogne et de retour d'Italie, un homme a été transféré au CHU de Limoges. Au Pays-Basque, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques avait signalé le cas mercredi d'un homme revenu d'Italie avant d'annoncer que les tests complémentaires, effectués au centre hospitalier de Bayonne, s'étaient révélés négatifs. Sept autres cas ont été diagnostiqués dans la région et sont actuellement hospitalisés, un autre cas "sans gravité et régulièrement suivi n'a pas souhaité être hospitalisé" a été signalé à Agen. Deux autres patients (en Charente-Maritime et en Gironde) sont considérés comme guéris et sortis de l'hôpital.

 

La rentrée "aura bien lieu"

L'autre priorité dans les jours qui viennent, c'est d'assurer la rentrée scolaire. "Elle aura bien lieu lundi partout en Nouvelle-Aquitaine", a ainsi souligné la préfète de région. "200 000 étudiants sont déjà en cours dans l'enseignement supérieur. Nous transmettons via les inspecteurs d'académie les informations utiles aux chefs d'établissements qui les transmettent au personnel et aux parents. Nous sommes en contact direct avec les représentants académiques (fédérations de parents, organisations syndicales, représentants des chefs d'établissements) et nous avons en appui des relations étroites avec l'ARS et les préfectures", a affirmé ce vendredi la rectrice régionale, qui a toutefois annoncé que tous les voyages scolaires (entrants et sortants) étaient suspendus jusqu'à nouvel ordre. Mêmes consignes pour l'enseignement agricole, qui concerne environ 20 000 jeunes dans les lycées spécialisés.

Le décret d'interdiction des voyages scolaires, au niveau national, suscite déjà des inquiétudes quant aux remboursements pour ceux bénéficiant d'assurances annulation. "C'est une consigne d'annulation jusqu'à nouvel ordre, elle vaut instruction hiérarchique et peut être rappelée dans le cadre des clauses d'assurance comme un cas de force majeure". En cas de passage en stade 3, Anne Bisagni-Faure l'assure, les relais sont déjà prêts pour "assurer la continuité pédagogique. "Si un élève devait rester à la maison en cas de contamination, l'environnement numérique de travail ou le lien vers la messagerie interne permettrait d'avoir accès aux supports de cours. En s'inspirant de ce qui a déjà été fait à l'académie d'Amiens, nous avons déjà pris contact avec le CNED qui nous a assuré que le dispositif "ma classe à la maison" pouvait être activé en une heure. Enfin, on envisage aussi la possibilité de classes virtuelles en collectif, et les lycéens disposent de la ressource éduscol". Près d'un million d'élèves et 90 000 personnels de l'éducation nationale sont concernés.

Les hôpitaux se préparent au "stade 3"

Pour ce qui est des établissements de santé et des hôpitaux de la région, la visite du Premier Ministre ce lundi lui a permis de confirmé que de "nouveaux fonds" étaient en cours de déblocage vers les hôpitaux pour permettre d'avancer plus rapidement sur la recherche du vaccin, sans que ce dernier n'en précise ni les montants ni la destination. "Nous ne sommes pas capables de donner le contenu précis du stade 3 mais on voit bien ce qui se profile : la mobilisation supplémentaire des hôpitaux de deuxième et de troisième niveau et la mobilisation plus importante de médecine de premier recours. Beaucoup de gens hospitalisés à l'heure actuelle seront invités à rester à domicile, notamment les patients atteints de coronavirus mais qui ne présentent pas de degré de gravité". Lors de la visite ministérielle ce lundi, il avait été évoqué la possibilité d'un service de nuit pour analyser davantage de patients (une soixantaine actuellement au CHU de Bordeaux). "Ce n'est pas en place ce service de nuit, mais c'est typiquement ce qu'on observerait dans le stade 3 si le nombre de prélèvements venait à augmenter de manière significative, pas uniquement au CHU de Bordeaux mais dans les trois CHU de la région. Les kits de tests pourraient aussi être amenés jusqu'aux domiciles des patients", a ajouté Michel Laforcade. Interrogé sur la mobilisation éventuelle des hôpitaux privés, il affirme que "les 14 premiers hôpitaux de deuxième ligne ont été mobilisés autour de deux critères : la présence d'un SAMU et d'un service d'infectiologie. Par définition, les établissements privés ne peuvent pas remplir le premier critère mais il est inutile de dire qu'ils seraient mobilisés s'il y en avait besoin, notamment autour des services d'infectiologie et de réanimation".

Le directeur de l'ARS l'affirme, "la région Nouvelle-Aquitaine est moins touchée que beaucoup d'autres et nous n'avons pour l'instant pas de cluster, c’est-à-dire plusieurs cas groupés sur une même zone, ce qui nous laisse le temps de nous préparer à cette éventualité. C'est la logique de l'incendie : il faut se transporter sur la zone pour faire en sorte qu'il soit étouffé le plus rapidement possible. Nous avons transmis hier soir à l'ensemble des établissements et services à domicile concernant les personnes âgées et handicapées la doctrine construite avec le Ministère.  Nous travaillons à la montée en puissance des 14 hôpitaux de deuxième ligne à travers des actes tangibles, notamment l'hospitalisation dans deux de ces hôpitaux (Bayonne et Angoulême), de façon à délester les CHU pour faire en sorte que ces hôpitaux puissent s'acculturer à cette maladie". La préfète de région, de son côté, a affirmé que plusieurs rendez-vous étaient déjà programmés dans la journée de vendredi : la première avec les représentants des élus locaux, "notamment pour répondre à leurs interrogations liées à l'organisation des élections. Nous allons d'ailleurs distribuer du gel hydroalcoolique avec les kits élection dans tous les bureaux de vote" ; la seconde avec les représentants des acteurs économiques (notamment les chambres consulaires ou les représentants du MEDEF). 

L'info en plus : vous pouvez également retrouver nos focus départementaux à Poitiers et en Dordogne

Romain Béteille
Romain Béteille

Crédit Photo : RB

Publié sur aqui.fr le 06/03/2020