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Edito | Emmanuel Macron face aux défis sanitaire, économique, européen ...

Le ton était moins à la gravité qu'à la volonté d'agir et de montrer qu'il y avait un pilote à la tête du navire. Par gros temps... Et si on l'en croit les scientifiques, les nôtres en premier lieu, dont on veut bien croire avec Emmanuel Macron qu'ils figurent parmi les meilleurs du monde, le gros de l'épidémie est devant nous et ne frappera pas seulement les plus de soixante-dix ans, déjà affectés de maladies d'âge, mais les plus jeunes aussi. Ainsi s'explique sans doute le choix de fermer les portes de tout le système éducatif, de la crèche à l'Université en passant par l'école, le collège et le lycée.

 

Une décision lourde de conséquences, notamment sociales, parce que s'inscrivant dans la durée et nécessitant l'organisation de structures d'accueil, de services de garde a dit le président, pour les plus jeunes dont les parents seront au travail et ne fonctionneront pas tous sur le mode du télétravail, à la maison. A plusieurs reprises celui-ci a parlé de mobilisation et n'allait pas laisser passer l'occasion de coups de chapeau successifs aux personnels de santé, à ces « héros de la Nation en blouse blanche ». C'était de bon aloi, et assurément bien mérité, mais ceux-ci qui, bien avant le déclenchement de cette grande crise sanitaire, n'en pouvaient plus, si souvent, face aux nouveaux défis d'une société où la pauvreté a grandi, n'oublieront certainement pas les propos suivants : « la santé n'a pas de prix » , «  il est des biens et des services placés au-dessus des lois du marché »

Au-delà de l'exercice de pédagogie collective, assorti d'un propos qu'Emmanuel Macron aime toujours prononcer - «  Je compte sur vous pour faire nation » - on aura prêté attention à l'analyse économique qu'il a livrée, non seulement en annonçant des mesures de soutien aux entreprises et à l'emploi, mais plus largement en évoquant la crise financière vers laquelle glisse l'économie mondiale.

Le plongeon vertigineux des Bourses que les annonces unilatérales de Trump, tournant le dos à l'Europe ont accentué, peut très bien déboucher sur une grave crise financière. Et on a compris que l'hôte de l'Elysée n'était pas satisfait de la lenteur de réaction de la Banque Centrale Européenne, pourtant sous commande de Christine Lagarde, mais fondamentalement sous influence allemande. Car, s'il est une dimension du propos présidentiel qui s'évadait de la crise sanitaire, c'était bien ce credo européen, prononcé haut et fort, comme si en plus du défi sanitaire qu'elle devait relever, l'Union était plus que jamais en danger, à un moment où on a aucun mal à imaginer que face à l'énorme coût de la crise dans laquelle elle s'enfonce, le chacun pour soi sera plus que jamais la règle. Macron parlant d'un plan de relance nationale et européen...Attendons les réactions, y compris du côté de l'Allemagne dont l'économie n'est pourtant pas au mieux. Quant au propos sur "le mode de développement de notre monde qui interroge " il va être pour le moins curieux de connaître, plus en détail, les révisions idéologiques du chef de l'Etat... Prise de conscience naissante ou propos de circonstance à quelques heures d'élections municipales maintenues, non sans quelques ultimes débats entre Matignon et l'Elysée et échanges vifs avec le président du Sénat... A suivre

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 12/03/2020