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Agriculture | Le Stop it, pour une protection optimale des abeilles

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Passionnée d’apiculture, Frédérique Ripet a travaillé pendant trois ans à trouver une solution pour protéger ses abeilles de leurs prédateurs. En 2017, elle crée le Stop it, une sorte de véranda avec des trous qui permet aux abeilles de rentrer en toute sécurité dans leur ruche et incite leurs prédateurs comme les frelons asiatiques à faire demi-tour. Son invention brevetée cette même année, la "Géo Trouvetou" a monté sa boîte Api & Bee. La petite entreprise se porte bien aujourd’hui avec un chiffre d’affaires de 150 000€. Hébergée depuis le mois de décembre au sein de la technopole Agrinove à Nérac, Frédérique Ripet dispose de tous les outils pour faire prospérer son innovation…

@qui ! : Vous avez conçu une sorte de véranda pour les abeilles à l’entrée de leur ruche, afin que leurs prédateurs n’y entrent pas. Comment vous est venue cette idée ?
Frédérique Ripet : En 2014, j’étais responsable d’achat chez Pollenergie. Mon directeur était apiculteur et passionné par la discipline. A force d’en entendre parler, j’ai commencé à m’y intéresser. Je me suis alors formée pendant un an pour m’apprivoiser à ce milieu qui m’était alors inconnu. En sortant de cet apprentissage, l’acquisition de ruches était une évidence.
J’ai alors acheté trois ruches pour débuter. Nous étions en 2014. Là, j’ai commencé à observer mes abeilles. Je me suis alors rendu compte que les frelons asiatiques prenaient un malin plaisir à entrer dans leur habitat pour les disséminer. Cela m’était insupportable. Pour contrer l’invasion de ces insectes, je me suis alors lancée dans un grand nombre de tests.

@ ! : De quel genre ?
F. R. :
Dans le commerce, je trouvais toutes sortes de pièges. L’objectif était de piéger les frelons et moi je voulais protéger mes abeilles. Alors je me suis mise à les observer pendant des heures durant. A acheter un tas de feuilles de plastique chez Casto pour penser, créer, concevoir des protections. Mes frais R&D n’ont dû coûter en tout et pour tout que 50 € (rire). Et puis j’ai fini par trouver un produit en 2017… Le produit qui me convenait vraiment.

@ ! : Parlez-nous de votre invention. Quelle est-elle ?
F. R. :
Mon objet baptisé et breveté le Stop It est comme une véranda posée à l’entrée de la ruche. C’est un sas avec des trous. Ainsi, les abeilles peuvent sortir librement de la ruche et s'échapper par les différents trous. Elles ont un accès libre à la ruche. Et les prédateurs sont tenus à distance, incapables de voler à travers les ouvertures ovales qui sont plus étroites que leur envergure. Facile à installer, il permet de réduire le stress des abeilles lorsqu’elles subissent les attaques de leurs différents prédateurs.

Le Stop It


La bienveillance
@ ! : Pourquoi vous êtes-vous installée en décembre dernier dans la technopole Agrinove à Nérac ?
F. R. :
Pour mener à bien ma petite entreprise, j’avais des bureaux à Laugnac. Mais, habitant à Estillac, la situation géographique ne me convenait pas vraiment. Et puis je me sentais vraiment seule. Je n’avais pas de collègues, pas d’autres entreprises autour de moi. Bref, l’emplacement de ces bureaux ne répondait pas à mes exigences. Et puis, j’ai entendu parler de la technopole Agrinove. J’ai alors téléphoné à Hubert Cazalis, le directeur, avec qui le contact est tout de suite passé. Il faut dire aussi que je cherchais un bureau en ZRR, en Zone de Revitalisation Rurale, qui permet d’obtenir des avantages fiscaux.

@ ! : Comment vivez-vous cette expérience de pépinière ?
F. R. :
Très très bien. Je me sens épanouie. Alors, certes, aucune autre entreprise hébergée par Agrinove ne correspond à mon secteur d’activités. Mais peu importe, nous rencontrons les mêmes problématiques étant toutes de jeunes pousses. Nous pouvons échangeons, s’entraider sur les questions administratives par exemple. Et puis, j’ai la chance d’être entourée de personnes très humaines. Elles sont ouvertes, sympathiques, bienveillantes à mon égard. C’est un véritable bol d’oxygène que d’avoir intégré cette pépinière. J’ai vraiment de la chance.

@ ! : Quels sont vos projets ?
F. R. :
Cette année, mon chiffre d’affaires a atteint 150 000 € pour plus de 10 000 unités vendues. Tous mes produits sont fabriqués en France près de Nantes en Loire-Atlantique et sont vendus dans des magasins spécialisés. A l’heure actuelle, je n’ai pas vraiment de projet. Il est vrai que je souhaite que ma petite entreprise grossisse mais j’attends de voir …

Sybille Rousseau
Sybille Rousseau

Crédit Photo : Frédérique Ripet

Publié sur aqui.fr le 09/04/2020