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Société | Don du sang et COVID 19 : "collecter en adéquation avec les besoins et la sécurité de tous"

Collecte de sang à Garlin au temps de l'épidémie du Covid-19

Le 31 mars dernier, les équipes de l'Etablissement Français du Sang de Mont-de-Marsan avec l'aide complice de l'Association des Donneurs de Sang (ADSB) de Garlin (64) organisaient une collecte dans la grande salle municipale _ dite La Halle_ du bourg béarnais aux 1400 habitants. Une sortie autorisée, encouragée même, par les autorités sanitaires en ces temps de confinement. Et pour cause, le don de sang, même s'il n'y a à l'heure actuelle pas de particulière pénurie, reste un impératif à poursuivre face à un besoin qui reste constant pour les patients. Focus sur cette collecte mobile, à la fois semblable, mais tout de même un peu différente, des trois autres collectes annuelles qu'organise en moyenne l'association des donneurs de sang (ADSB) de Garlin. Précautions obligent.

Mardi 31 mars, Aurore et son compagnon ont participé à la collecte de sang organisée à la Halle de Garlin. Une sorte d'habitude pour eux. « La première fois que nous avons donné notre sang, c'est un peu par hasard. Nous avons croisé, puis suivi un ami qui s'y rendait... », se rappelle-t-elle. « C'était en 2014 ou 2015... ». Depuis, les deux jeunes gens y participent autant que possible. « Les collectes ont lieu en semaine, donc ce n'est pas toujours évident pour nous de nous y rendre, mais on essaie ». Autant dire qu'en cette période de confinement, les agendas allégés ont ainsi permis au couple de pouvoir donner leur sang, sans crainte particulière de l'épidémie. « On pouvait y aller, on y a été », raisonne en toute logique la jeune femme.

"La prise de rendez-vous, c'est le principal changement pour les donneurs"
En outre de ne présenter aucun symptôme grippal, et de ne pas faire l’objet de contre-indications « liées à son état de santé, à ses voyages ou à son mode de vie », deux conditions s'imposent désormais pour pouvoir s'y rendre. Se munir lors de son déplacement de l'attestation de sortie, cochée en case 4 sur l'aide aux personnes vulnérables, mais avant cela : prendre rendez-vous.
« Mon copain a été appelé par l'EFS de Mont-de-Marsan pour fixer un rendez-vous en direct. Moi j'ai vu passer l'info sur la page Facebook des donneurs de Garlin... Donc j'ai suivi les indications en réservant ma place sur le site Resadon.fr. J'ai eu peur que ce soit trop tard, mais heureusement il restait encore quelques créneaux de disponibles pour la collecte de Garlin, et franchement le site est facile d'utilisation ! ».

Jean-Jacques Laffiteau, président de l'ADSB, confirme : « la prise de rendez-vous pour les donneurs, c'est le principal changement dans l'organisation de notre dernière collecte. Le site de Mont-de-Marsan a averti les donneurs par téléphone, mail et texto. En temps normal, les gens viennent quand ils veulent ; il n'y a pas besoin de ''réserver sa place'', si je peux dire ».
Ce système d'inscription préalable est, en effet, désormais mis en place pour l'ensemble des collectes de sang de France, tant pour les collectes mobiles (via le site resadon.fr) que pour les dons faits au sein des Maisons du sang (au 0800 744 100). « Avec la mise en place des dons sur rendez-vous, le flux des donneurs est mieux régulé et il n’y a pas de pic d’affluence. Cela nous permet un accueil respectueux des consignes sanitaires en vigueur. » indique le docteur Fabien Lassurguère, responsable des prélèvements en Nouvelle-Aquitaine. « Des consignes pour la sécurité des donneurs et des équipes soignantes et des volontaires qui est aussi importante que le don », ajoute-t-on du côté de l'Efs de Nouvelle-Aquitaine, d'autant que Jean-Jacques Laffiteau l'a constaté, « les inscriptions ont permis un déroulement très fluide ».

Collecte de sang à Garlin au temps de l'épidémie du Covid-19

Espaces respectés, contacts interdits, et lavage de mains... "sans rechigner"
A Garlin, concrètement, « en cette période de covid 19, les personnels médicaux _deux docteurs, trois infirmières et le responsable de la collation_ ainsi que les membres du bureau de l'association portaient un masque chirurgical », décrit en premier lieu Jean-Jacques Laffiteau. En outre, « les espaces étaient respectés et les contacts interdits, mais chaque donneur qui entrait dans la salle devait aller se laver les mains, ce qu'ils ont fait sans rechigner », ajoute-t-il.
« Ils faisaient rentrer les personnes 5 par 5 toutes les 15 minutes. Si vous n'aviez pas votre propre stylo pour remplir le questionnaire d'information qui précède l'entretien médical préalable au don, vous repartiez avec celui qu'on vous avait donné sur place ! Il y avait également des marquage au sol pour le respect des distances de sécurité dans la file d'attente et les chaises pour la collation étaient également plus espacées qu'en temps normal » a pour sa part noté Aurore, la donneuse. « Pour la collation nous avons en effet doublé la largueur des tables et installé les chaises en quinconces de manière à ce que personnes ne soit face à face direct. », apuie Jean-Jacques Laffiteau. Quant aux fauteuils utilisés pour le prélèvement, ils étaient entièrement désinfectés entre chaque donneur.

"Coller au plus près des besoins"
Au total, et malgré l'épidémie, c'est une bonne collecte qui s'est déroulée à Garlin. Les 64 places prévues par le site Résadon.fr ont bien été réservées. La collecte affichait donc complet le jour J. Les habitants de l'ancien canton de Garlin, en fidèles habitués, sont même venus plus nombreux : « Sur les 64 inscrits, 3 ne sont finalement pas venus mais nous avons refusé 18 personnes qui sont venues sans inscription » détaille le président de l'association des donneurs. En effet, sur Garlin, c'est en moyenne 72 personnes qui se déplacent pour les collectes, donc un peu plus que le nombre de places prévues par le site Résadon. « Je pense que le nombre de donneurs a été limité pour coller au plus prés des besoins en produits sanguins du moment. Que ce soit pour les plaquettes ou les globules, il y a un délai maximal de conservation. Il ne sert donc à rien de prélever pour prélever, il faut que le stock de sang constitué soit utile. Le gaspillage n'est bien sûr pas le but recherché. »

Une hypothèse confirmée par Sylvanie Gassein, directrice adjointe de la communication de l'EFS de Nouvelle-Aquitaine : «  c’est le responsable de prélèvement local de l’EFS (donc ici EFS de Mont-de-Marsan, ndlr) qui définit le nombre de dons à prélever pour chaque collecte, en concertation avec le responsable régional des prélèvements, en fonction des besoins en produits sanguins, des équipes disponibles ainsi que de la capacité des lieux de collecte. Les réserves de sang sont actuellement bonnes, nous veillons donc à collecter le nombre de dons le plus en adéquation avec nos besoins. »

A Garlin, la prochaine collecte est prévue pour le mois de juin. Ailleurs en région, l'ensemble des dates et horaires sont à retrouver sur Resadon.fr.

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : AL

Publié sur aqui.fr le 10/04/2020