Aqui.fr - Une publication d'Aqui!Presse Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà

Spécial | La Rochelle : EELV refuse une alliance avec Fountaine

Jean-Marc Soubeste devant son QG de campagne

Ce sera donc une triangulaire pour le 2e tour des municipales à La Rochelle. Le collectif d’Europe Ecologie Les Verts a voté ce week-end contre une alliance avec la liste de Jean-François Fountaine (sans étiquette mais soutenue par En Marche). Les négociations reprises le 27 mai entre les deux parties laissaient pourtant supposer une alliance. L’Entente cordiale aura finalement été de courte durée. « Il y a des choses qui ne passent pas », explique la tête de liste Jean-Marc Soubeste, « les valeurs portées par LREM et EELV sont incompatibles ».

Le confinement a fait réfléchir les colistiers verts. Confronté à la gestion de la crise en tant qu’adjoint au maire, Jean-Marc Soubeste s’est vu « confirmer des impressions que j’avais eues durant ces six ans de mandats ». A savoir, « qu’on ne pouvait pas rester dans cette politique de gestion au fil de l’eau, à se contenter de faire les pompiers quand ça ne va pas ». La liste EELV a notamment peaufiné son programme et souhaite mettre d’avantage de social dans sa gestion municipale. « Il y a de nombreuses urgences sociales, de l’habitat à la précarité économique, que l’on peut notamment régler avec l’aide des associations, qui ont des dispositifs rodés depuis longtemps ».

Autre prise de conscience : « On ne peut plus se permettre d’être dans une écologie des petits pas ». « Il faut sortir de cette politique du « oui mais » que nous avons vécu pendant six ans. On ne peut plus dire OK pour faire une agriculture bio de proximité mais laisser sa place à l’agriculture intensive dédiée à l’exportation. C’est pareil pour les transports, la gestion de l’eau et de nombreux sujets sociétaux, on est dans des paradoxes inconciliables », analyse la tête de liste.

Si les négociations avaient repris le 27 mai, c’est parce que les colistiers avaient espéré « une évolution dans l’état d’esprit de Jean-François Fountaine », pour aller vers plus d’écologie. « On était prêt à y aller, mais pas sans condition », rappelle Jean-Marc Soubeste. Ce qui a fait craquer les négociations ? « Sur l’ambition de décarbonner La Rochelle en 2040, nous avons proposé de nous en charger, on nous a répondu que ce serait confié à plus compétents que nous. Or on ne veut plus de « oui mais ». On ne veut plus accepter la dépendance du territoire à des paramètres extérieurs comme sur le tourisme ou l’agriculture. Nous constatons qu’un certain nombre de pouvoirs n’ont pas d’intérêt à ce que les choses changent ».

Bien qu’arrivé en 3e position avec 16,7% des voix face à Olivier Falorni (ex PS, sans étiquette, 33,26%) et le maire sortant Jean-François Fountaine (32 ,62%), Jean-Marc Soubeste est confiant. Il compte sur la prise de conscience écologique faite durant le confinement par des millions de Français. Et sur le « réveil » des quelque 11 000 rochelais qui ne se sont pas déplacés au premier tour. Il pense également pouvoir s’appuyer sur les voix du Mouvement citoyen rochelais  (6,30% au premier tour) et de la France Insoumise (5,16%), dont EELV « partage les valeurs sociales ». « Nous avons déjà reçu des soutiens de la part de certains sympathisants de ces partis pour le 2e tour », assure l’écologiste. Un pari risqué sachant que les 7,79% obtenus par la liste LR de Bruno Léal risquent d’être ventilés entre Olivier Falorni et Jean-Franois Fountaine.  « C’est une élection dont l’issue n’a jamais été aussi incertaine », admettent les colistiers EELV. Pour Jean-Marc Soubeste, ça passe ou ça casse : « L’avantage, c’est que cette élection va faire office de sondage. C’est là qu’on va voir si les Rochelais ont réellement envie de ce changement dont on parle tant depuis plusieurs semaines. Et de passer à l’acte en nous confiant sa traduction politique ».

La réaction de la liste "Tous Rochelais!" de Jean-François Fountaine

La liste de Jean-François Fountaine s'est exprimée par voix de communiqué : "Nous avons pris acte ce matin qu’après de longs débats internes, les écologistes ont décidé à une très courte majorité de choisir la voie de l’autonomie. Le choix des membres du collectif «Ensemble, Osons l’écologie » s’est joué à 5 voix sur une cinquantaine de votants. Nous étions d’accord sur un projet commun et nous avons fait le maximum pour les accueillir sur notre liste. Leurs divergences internes et les directives nationales de leur parti ont été plus fortes que l’intérêt de placer l’écologie au cœur de la majorité municipale. Nous avons su accompagner les Rochelais au plus dur de la crise sanitaire et nous allons ensemble les aider à surmonter les crises sociale et économique devant nous, sans jamais oublier nos valeurs écologiques."

 

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Anne-Lise Durif

Publié sur aqui.fr le 02/06/2020