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Politique | Municipales à La Rochelle : Olivier Falorni croit en sa chance

Olivier Falorni devant sa permanence de campagne

Avec 0,64% d’écart de voix entre lui (33,26%) et son principal adversaire,le maire sortant Jean-François Fountaine (32,62% des voix), Olivier Falorni reste confiant sur ses chances de succès au 2e tour. Il a observé avec une certaine ironie les tractations d’entre deux tours entre la liste du maire sortant (DVG, sans étiquette) et l’équipe de son ancien adjoint Jean-Marc Soubeste (EELV, 16,17% des voix). « Pendant que mes concurrents passaient des heures carrées à marchander des postes d’élus, nous agissions. Nous avons déposé notre programme et notre liste, inchangés, dès le premier jour de dépôts des listes », affirme-t-il.

Le soutien officiel de Bruno Léal, candidat malheureux de la liste Les Républicains, ne change rien selon lui. « Il n’a fait que prendre ses responsabilités. Logiquement, ça n’aurait pas été cohérent de sa part d’aller soutenir Jean-François Fountaine », estime le député rochelais. Lorsqu’on lui demande si le soutient officiel d’un politique de droite n’est pas un peu en contradiction avec son pedigree socialiste, Olivier Falorni « ne voit pas où est le problème » : « Je ne suis pas investi par le parti LR mais soutenu par un individu, et à ce que je sache Bruno Léal n’a pas la peste ! Ca aurait été différent s’il y avait eu un remaniement de liste avec des négociations de postes. Ce n’est pas le cas. Les électeurs votent avant tout pour un programme et des valeurs ».

Miser sur la Silver Economy

Le confinement non plus ne l’a pas fait bouger d’un iota. « Mon programme reste le même car il a été construit au fil des mois avec les Rochelais lors de réunions publiques. Ca n’aurait pas de sens de le changer. Ce n’est pas une vision à six mois mais sur du long terme. Cette crise économique n’a pas vocation à rester dix ans », balaye-t-il d’un revers de la main. La période l’a tout de même « conforté » dans certaines lignes directrices de son programme. « Deux priorités apparaissent: la nécessité d’accompagner les plus fragiles et les plus isolés de notre société. Et celle de développer la Silver economy (l’économie des séniors, NDLR) à La Rochelle. […] On l’a vu, l’enjeu majeur de cette société, c’est d’accompagner nos aînés », estime-t-il. Financièrement, le marché des séniors représente un « potentiel énorme », selon lui. Il la voit notamment comme un levier économique d’importance pour relever l’agglomération de la crise. « La collectivité doit servir de relais de proximité », assure-t-il. Il compte d’ailleurs poursuivre le dispositif d’aides aux entreprises mise en place par l’agglomération rochelaise durant le confinement, « si c’est pertinent dans le contexte à  venir ». « Il ne faut pas non plus tomber dans une logique d’ingérence » prévient-il, rappelant que les collectivités ne peuvent pas tout résoudre. 

S’il se dit prêt à accompagner le développement de la filière de l’économie sociale et solidaire, il reste modéré sur le volet environnemental. « L’écologie n’appartient à personne. Il faut que certains arrêtent de s’en arroger le monopole. On ne peut pas se prétendre jardinier quand on est un bétonneur »,  soupire-t-il, taclant au passage le programme de construction immobilière portée par la mandature précédente. Pour lui, « la qualité de l’environnement de la ville passe par la reconquête du végétal […] et la maîtrise des gaz à effets de serre ». Il manifeste cependant peu d’enthousiasme pour le projet de territoire zéro carbone porté par l’agglomération - celui-ci a pourtant été validé par l’Etat l’été dernier dans le cadre d’un appel à projet sur les territoires innovants de grande ambition (TIGA). « Le dispositif part de bonnes intentions mais il est basé sur un postulat qui ne répond pas à son enjeu principal », estime-t-il. Pour lui, le projet repose principalement sur « une logique du pollueur-payeur, et ce n’est pas sain, voire dangereux ». Que voudrait-il alors ? « Reconstruire le projet avec les citoyens ».

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Anne-Lise Durif

Publié sur aqui.fr le 14/06/2020